Alger - A la une

Omnipotence



Des députés et sénateurs font dans le localisme en insistant constamment dans leurs interventions sur des thématiques liées à des préoccupations de citoyens dans leurs douars et villages et les chefs de partis en campagne pour les locales n'hésitent pas à clamer qu'ils se soucient plutôt du devenir du pays dans sa globalité. A bien y regarder, ce paradoxe n'est qu'apparent. Il est le symptôme de l'existence en Algérie d'un Etat central omnipotent. Le fait que les élus dans des instances nationales focalisent sur la situation des wilayas dont ils sont issus renseigne sur leur conviction que la réflexion sur le destin de la nation est définitivement accaparée par le pouvoir central. Et qu'au sein de ce dernier, c'est l'institution représentant l'Exécutif qui a le dernier mot ne laissant au pouvoir législatif qu'une marge de manoeuvre étroite dans ce domaine. En toute logique, on aurait pu penser que cette prépondérance du Centre allait s'estomper dès que les échéances à traiter sont d'aspect local. Or, il n'en est rien. C'est tout le contraire qui s'est produit. Avec en vedette le thème de la nation en danger qu'il faut sauver à la fois du désastre économique et d'une intervention étrangère. S'il est légitime pour un chef de parti de soulever dans le débat public les grands dossiers de l'heure, il est, par contre, difficile d'emballer l'auditoire. Par conséquent, les citoyens ne seront pas motivés pour se rendre aux urnes pour désigner les membres des APC et des APW. Ils auraient certainement apprécié que des propositions terre à terre soient abordées. Mais là aussi, l'Etat ne met jamais de frein à sa générosité. Gaz de ville, eau potable, logement, emploi, éducation, prêts bancaires, agriculture, route, tout est affaire d'Etat, laissant peu d'initiative aux élus locaux. Alors même quand des demandes de citoyens sont évoquées, c'est toujours pour rappeler que l'Etat doit faire ceci ou cela.
Cette politique est de nature à affaiblir considérablement le pouvoir des élus locaux. Du moins, l'ersatz du pouvoir dont ils disposent. Il s'en est même trouvé des walis pour s'offusquer du fait que des P/APC orientent les demandeurs de logements vers des instances de l'Exécutif. Il s'en est également trouvé que des chefs de daïras soient submergés par des demandes d'audience les saisissant de tel ou tel problème qui relève, en principe, de la compétence du P/APC.
C'est dire que les incompréhensions entre titulaires du pouvoir central et élus locaux sont susceptibles de créer des tensions. Ces dernières pourraient même prendre des proportions alarmantes allant jusqu'à menacer l'unité de la nation. En concentrant sans cesse la prise de décision à Alger, le gouvernement vise un autre objectif qui est celui de consolider justement son autorité afin de ne pas laisser les notabilités locales basées sur leur appartenance aux archs se jouer de la cohésion sociale. Ce qui est l'exact opposé de la construction d'une nation.
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