Vers une grève dans l?enseignement
Les établissements scolaires, les universités et le monde de la santé connaîtront une fois de plus des perturbations et des grèves cycliques. Les syndicats autonomes ont opté pour cette forme de contestation pour exprimer leur désapprobation de la nouvelle grille nationale des salaires. En effet, six syndicats autonomes, en l?occurrence le CNES, le SNCP, le SNMAM, l?UNPEF et le Snapest ont tenu une réunion d?évaluation suite à l?adoption par le Conseil des ministres du système de classification et de rémunération des fonctionnaires. Les syndicats ont décidé de coïncider leur cycle de protestation avec la célébration de la Journée de l?enseignant, à savoir le 6 octobre (au lieu du 5 parce que c?est un vendredi). De son côté, le CNES a d?ores et déjà arrêté les dates des 20, 21 et 22 octobre pour l?organisation d?une grève avec arrêt de travail.Lors de ce conclave, les six organisations ont qualifié les propos tenus par le directeur général de la Fonction publique à leur égard de « gravissimes, d?irresponsables et d?infantiles ». « Nous ne sommes pas des agitateurs et les syndicats représentatifs des fonctionnaires assument pleinement leur position », ont soutenu les responsables de ces syndicats. Ces derniers ont condamné l?exclusion de véritables partenaires sociaux du processus ayant conduit à l?élaboration de ce nouveau système. Ils ont tenu à dénoncer l?attitude des pouvoirs publics qui a permis l?aboutissement de cette nouvelle grille caractérisée par l?opacité totale dans sa confection et l?utilisation de la rumeur comme seul canal de communication à l?origine de confusion largement entretenue. En prenant le soin de décortiquer ensemble la nouvelle grille, les syndicats ont réitéré leur rejet du document présenté, selon eux, comme la panacée des revendications socioprofessionnelles des fonctionnaires, mais qui n?est en fait qu?un simple jeu d?écriture comptable aboutissant à une augmentation destinée à être engloutie par l?inflation galopante. En défendant leur position, les syndicats précisent à titre illustratif que les deux principales indemnités, en l?occurrence l?ISS (indemnité de suggestion spéciale) et l?ICR (indemnité complémentaire sur le revenu), qui représentent à elles seules plus de 70% du salaire, ont été diluées dans le salaire, supprimant ainsi la revalorisation de la valeur du point indiciaire annoncée en fanfare à 45 DA, ne représentant en termes de calcul que 21 DA. Etant très déçus, les syndicats ont constaté avec amertume que les engagements pris par les pouvoirs publics maintes fois réitérés pour l?amélioration des conditions socioprofessionnelles dans le cadre du nouveau statut général de la Fonction publique et la nouvelle grille des salaires n?étaient finalement qu?un leurre. « Par cette supercherie qualifiée "de grille des salaires", censée consacrer le savoir et la compétence, le devenir du pays se trouve largement compromis. L?espoir né des promesses et engagements non tenus est tout simplement confisqué. Devant cette situation, nous demandons à tous les syndicats de se mobiliser dans un cadre de concertation et d?actions », expliquent les représentants des six syndicats. En outre, dans une déclaration rendue publique, le CNES a tenu à préciser que la nouvelle grille ne réhabilite nullement l?enseignant-chercheur comme longtemps scandé par les pouvoirs publics à travers des discours puis des engagements qui se sont finalement révélés mirages et illusions. Le bureau national du CNES a décidé également d?organiser des assemblées générales le 20 octobre dans tous les établissements universitaires afin de débattre de la situation ainsi que de la suite à donner à leur mouvement pour la satisfaction de leurs revendications. Le CNES compte maintenir le contact avant les autres syndicats autonomes afin de finaliser un plan d?action commun visant à attirer encore une fois l?attention des autorités sur la paupérisation de larges couches de la population et qui ne peuvent trouver secours que dans une politique sociale efficace et cohérente. Par ailleurs, le CLA et le Cnapest n?ont pas pour le moment adhéré à l?action des six syndicats, parce que la base ne s?est pas prononcée sur la question. « Le conseil national se réunira incessamment et tranchera sur les actions à entreprendre. Les professeurs sont très déçus par cette nouvelle grille qui ne reflète pas leurs attentes quant à l?amélioration de leurs conditions de travail. Donc, ils ont leur mot à dire », a soutenu M. Lemdani du Cnapest. M. Osmane du CLA partage cet avis en expliquant que son syndicat ne s?intéresse pas uniquement à la grille des salaires, mais à toutes les préoccupations des enseignants et dans ce contexte, le CLA a enjambé le pas aux autres syndicats en organisant ce lundi un rassemblement devant l?académie d?Alger pour protester contre la suppression des postes au niveau des lycées.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Nabila Amir
Source : www.elwatan.com