A la veille de la célébration de la journée
de l'énergie nucléaire, des accords bilatéraux ont été signés au profit des
intérêts géostratégiques respectifs des USA et la fédération de Russie, d'une
part, et de coopération dans le domaine du nucléaire civil, entre la France et
l'Italie, d'autre part. Un chassé-croisé !
Le tout,
cérémonieusement clôturé par le conclave international, organisé en milieu de
cette semaine à Washington, regroupant 47 chefs d'Etat et de délégations dont
notre ministre des Affaires étrangères représentant le président de la
République algérienne.
Il est utile de noter que ce regroupement est
un événement majeur depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale achevée par
les explosions atomiques, aux conséquences monstrueuses, effectuées par les USA
sur les villes japonaises en 1945. Rien qu'à ce titre, il méritait une
attention toute particulière. En revanche, il indispose un certain nombre de
chefs d'Etat et de gouvernement, notamment arabes, se voulant être partout et nulle
part du simple fait qu'ils ne pèsent pas beaucoup sur l'équilibre des forces en
présence.
En revanche, ils agissent considérablement
sur celui des échanges commerciaux estimés, au titre de l'année 2009, à 800
milliards de dollars au profit des USA bien évidemment.
Par ailleurs, les motifs de cette rencontre
restent encore inavoués voire « flous », d'autant plus qu'ils visent à lutter
contre le terrorisme… atomique d'El-Qaïda - les souvenirs du 11 Septembre 2001
y aidant -, et ce, après les histoires d'armes de destruction massive -ADM- de
la décennie précédente, entretenues sciemment dans cette optique car elles
s'inscrivent dans une stratégie mise en branle, depuis des décennies, et
clôturée par les bourbiers afghan et irakien. En attendant d'autres ! Ajouter à
cela la déconfiture manifeste du Tsahal contre le sud Liban défendu
victorieusement par le Hezbollah d'obédience… chiite, fiché comme terroriste,
accusé d'être soutenu par l'Iran via la Syrie pour laquelle, dernièrement,
l'Europe et les USA veulent coûte que coûte l'isoler de l'Iran et la Turquie.
Et ainsi de suite. Les dernières déclarations de M. Shimon Peres, en visite en
France, accusant la Syrie de fournir des missiles à longue portée, s'inscrivent
dans ce défilé haut en couleur « sécuritaire » à la mode. La scène politique
internationale est minutieusement occupée, médiatiquement, par les déclarations
des responsables israéliens. Le défunt président égyptien Nasser avait dit à
juste titre : L'Etat d'Israël alimente sa force de nos faiblesses informatives
et culturelles !
A ce propos, ne
se lasse-t-on pas de le répéter, les chefs d'Etat arabes actuels le sont
manifestement et, pour preuve, ils n'hésitent point d'opter pour la politique
de… l'autruche voyant tant de bruits autour d'elle. D'autres ont même joué, par
servilité atavique, le rôle d'entremetteurs entre l'Iran et des pays de
l'Europe occidentale. Sur autre plan lié à l'actualité de la semaine, il y a
lieu de noter la rencontre entre les présidents des USA et la Russie. Un « ballet
» rehaussé par un protocole d'accord conventionnel, signé à Prague la ville des
symboles, comportant principalement des clauses sur la soi-disant « diminution
» des arsenaux nucléaires respectifs. Dans la foulée, c'était au tour de la
France et l'Italie d'annoncer ensemble la signature, à Paris, d'un protocole de
coopération en vue d'une installation dans les prochaines années, par la
France, d'une dizaine de centrales nucléaires, en Italie, pour les besoins
civils de cette dernière. L'Union pour la Méditerranée vient d'inaugurer, par
le biais de cet accord, l'ère de la concurrence atomique, en substitution à
celle des énergies fossiles. Dont le gaz dit naturel ! A ce sujet, il est utile
de rappeler que l'Italie est un client de l'Algérie, tout en lorgnant vers la
Libye, pour en ce qui concerne son approvisionnement en la matière laquelle,
apparemment, intéresse de moins en moins nos voisins de la rive nord de la
Méditerranée, malgré sa relative « propreté » et son prix mais, qu'en revanche,
il est devenu assez coûteux au plan de son exploitation et ses équipements liés
à sa liquéfaction, stockage et conditionnement en termes de précaution et de
sécurité quant à son acheminement par voie de gazoducs sous-marins de plus en
plus distants et, donc, onéreux en terme de maintenance actuellement et à long
terme. A ce train-là, la zone nord de la Méditerranée se dirige à pleins gaz
vers le nucléaire, et les gazoducs terrestres de la Russie soucieuse, pour sa
part, de diversifier ses voies de transports par le biais d'autres pays que
l'Ukraine et, donc, son gaz reviendrait relativement moins « coûteux »
projette-t-elle et, qu'à ce titre, affiche ouvertement, avec notamment le
Qatar, ses réticences sur la fixation haussière des prix et les contrats de
courte durée dont nos stratèges, en la matière, semblent être les fervents
initiateurs.
Pourtant il n'y a pas si longtemps ils
défendaient tout autrement les choses. Aujourd'hui, c'est après nous le déluge,
semble être, actuellement, leur mot d'ordre. Ainsi ils se ne soucient,
dorénavant, que de l'argent rapidement acquis, quelles que soient les
conséquences, et s'en foutent éperdument de l'avenir des futures générations.
Désormais, ils
pensent court terme aussi bien pour les hydrocarbures, dans leur ensemble, que pour
les autres échéances, d'ordre politique, liées à leur position et devenir.
Pourtant, hier ils ont encensé les énergies renouvelables d'avenir lesquelles
sont, effectivement, sans limites en termes de temps et d'espace. A l'image de
la centrifuge hybride gazo-solaire de Hassi Messaoud en voie de fonctionnement.
Une belle trouvaille ! En effet, il suffirait de s'adapter à ces nouveaux
enjeux, et qu'il vaut mieux résolument le faire tôt que tard. Indéniablement,
l'avenir appartiendra aux prévoyants devançant les défis, contre vents et
marées, et non à ceux qui tournent tout autour ou qu'ils les reportent
carrément, et ce, en s'intéressant aux gadgets de prestige, du prêt-à-porter,
coûtant des milliards de dollars.
Pourtant, si elle est bien axée, et sans
calculs politiciens liés à l'état d'esprit de Ali Baba et les 40 voleurs,
l'énergie dite nucléaire, combinée à d'autres éléments liés comme ci-dessus
décrits, aurait des implications incalculables dans nombre de domaines
notamment médicaux, agricoles - notamment phytosanitaires -, et tant d'autres
indécelables pour le moment. C'est ce nucléaire-là qui dérange les lobbys
monopolisateurs du savoir lié au développement. A ce propos, des pays émergents
ou en voie de l'être aspirant acquérir cette technologie, sont aujourd'hui
incriminés pour l'avoir fait. Ainsi, se développer est devenu un crime.
Terrible époque !
L'Iran, quant à lui, avait fêté autrement et
à sa manière cette journée. Parfois, dans l'excès de fierté pour des
considérations de politique interne et quelques fois régionale. En effet, il a
annoncé qu'il avait fait multiplier l'enrichissement de son potentiel
nucléaire, à des fins pacifiques, et s'est engagé d'ores et déjà dans le type
de troisième génération en la matière. Il est utile de noter qu'il est
signataire de l'accord international sur la non prolifération du nucléaire
militaire et qu'il n'a pas été invité audit sommet de Washington. Par contre,
Israël, possédant l'arme nucléaire, non signataire déclaré de ladite convention
onusienne, est invité !
La République islamique iranienne agit, donc,
dans la transparence et la légalité internationale et que toutes pressions ne
seraient, en fait, que de l'en dépouiller de cette légitimité que d'autres, à
l'image d'Israël, n'en ont pas et ne tiennent nullement en compte des états
d'âme de la communauté internationale. Nullement ! En d'autres termes, des
manœuvres hautement sournoises, arrogantes voire dangereuses, de la part des
USA, pour toute la région y compris la sécurité d'Israël principal enjeu dans toute
cette cacophonie, ne ce cesseront pas de le répéter. A ce propos, les
dirigeants iraniens ont mis en garde, maintes fois, contre toutes mesures de
rétorsions armées contre ses installations dans ce domaine. La réplique,
avertissent-ils clairement comme à leur habitude, serait généralisée au niveau
de l'ensemble de ses pays amis révoltés, voire exaspérés jusqu'à l'extrême
bouillonnement, notamment au niveau des peuples, par l'attitude arrogante du
gouvernement d'Israël exprimant, sans ambages, son mépris affiché
ostensiblement à l'encontre des lois et conventions internationales en la
matière. Ainsi, Israël, non signataire des accords sur la non prolifération des
armes nucléaires, avait boycotté la rencontre internationale, sur le terrorisme
nucléaire, qui s'est tenue au début de cette semaine, à ce sujet justement, aux
USA, coïncidant bizarrement avec les déclarations de M. Shimon Peres. Pourtant,
des informations datant de plusieurs décennies, soi-disant non confirmées à ce
jour, ont estimé qu'il détient un stock d'engins nucléaires offensifs au nombre
de 100 à 300 appareils. Allez savoir s'il y a un atome de clarté voire de
sérieux sur ce simple au triple d'instruments destructeurs !
En d'autres termes, Israël laisse entendre
que puisque ladite communauté internationale ne prend pas position contre
l'Iran - dans quel sens et pour quelles raisons ? - alors lui aussi il agit à
sa guise. Et tente de brouiller toutes les cartes pour son seul intérêt
géostratégique. A ce point-là d'arrogance, qui est en train de se mettre en
position de hors-la-loi et de constituer une menace pour la paix dans la région
voire du monde. Oui, lequel est en train de transgresser les règles
universelles convenues ? Cette rencontre internationale ne fut, en réalité,
qu'un test pour d'autres en vue. L'arme de dissuasion telle que conçue après la
Deuxième Guerre mondiale est en train de prendre des chemins tortueux voire
chargés d'impasses aux multiples détours ! A ce propos, le ministre de la
Défense US a soudainement minimisé, cette semaine, le potentiel nucléaire
iranien. Est-ce une réponse déguisée aux « craintes » d'Israël ? Ou bien une
façon d'occulter la polarisation de l'opinion internationale, notamment celles
des pays arabo-musulmans que les dirigeants iraniens stimulent intelligemment ?
Dans tous les cas de figure, les protecteurs d'Israël sont conscients que ledit
nucléaire iranien n'est pas le motif essentiel de leurs appréhensions. La Chine
le sait également ! En effet, pour eux, l'Iran fausse leurs calculs dans la
région et, surtout, constitue une menace existentielle pour les gros
possesseurs d'intérêts occultes liés à ceux d'Israël et des dirigeants de pays
arabes affairés dans leurs problèmes de « développement » conjugués à la
mauvaise gouvernance de leurs ressources naturelles ainsi que financières. Le
tout, à la merci de la rose… des vents. Alors : nucléaire à pleins gaz ? Il se
pourrait bien au vu de l'engouement tous azimuts pour les uns, alors que pour
les autres, il s'agirait de restrictions ciblées pour des motifs dissuasifs non
pas, seulement, de géostratégie militaire mais surtout d'ordre économique lié à
de gros intérêts financiers continentaux et intercontinentaux, et ce, en vue de
renflouer les cagnottes capitalistiques en voie de compression et de fluctuations
boursières chroniques malgré les déclarations euphorisantes des uns et des
autres sur la situation financière mondiale. En attendant que cette dernière
porte ses fruits, le ver, quant à lui, semble se complaire là où il est.
C'est-à-dire au fond du fruit !
Souhaitons que le
prochain sommet, des pays gaziers à Oran, serait également du niveau des
enjeux, décrits plus haut, ainsi que des défis de ce troisième millénaire et
que cette rencontre ne constituerait nullement un défilé de mode dans un hôtel huppé.
Et qu'il va permettre d'aiguiser les voies et moyens respectifs pour que les
participants puissent carburer ensemble à pleins gaz dans un monde où les états
d'âme sont du niveau de tempérament d'un diablotin. L'essentiel est de savoir
si la Russie possédant d'importantes réserves, en la matière, est disposée à
marcher dans le sens d'une solidarité préservant les intérêts de ce noyau de
cartel encore hésitant de passer à pleins gaz au niveau supérieur en terme de
hausse des prix du gaz. Ce qui, malheureusement, n'est pas évident pour ce plus
grand producteur mondial, en la matière, du moins dans l'immédiat car, ces
derniers temps, son tonus est ailleurs que dans les salons feutrés
nord-africains.
Enfin, les actes
de la rencontre, de Washington, sur la sécurité nucléaire relancent ces
désagréments dans un contexte mondial tout à fait différent de ceux précédents.
Ce qui semble être ignoré, voire méprisé, par les initiateurs dudit conclave.
En outre, leurs sous-entendus sont devenus
agaçants car obsolètes, à l'exemple des soi-disant menaces terroristes pouvant
utiliser des… bombes atomiques, etc. Des délires intensément entretenus depuis
le 11 septembre 2001 et bien avant. Un « Wanted » permanent ! Il est utile de
remarquer que ce conclave, faisant l'actualité de la semaine voire obnubile
tant d'acteurs liés aux événements en cours, coïncide curieusement avec la
célébration de la journée consacrée à la Shoah. Un drame du niveau de la
responsabilité de toute l'Humanité tout en sachant que, comme dit un adage juif
nord-africain : « Seul celui qui avait marché sur de la braise pourrait sentir
ce que c'est ». Effectivement, la Shoah n'a d'égale que l'Enfer ! Comment on
est arrivé à ce niveau d'horreur pure ?
Ne tenant pas compte des leçons du passé, cette
rencontre de Washington ressemble, à bien des égards, aux regroupements
va-t-en-guerre qui avaient précédé ceux liés aux deux invasions de l'Irak par
une coalition aujourd'hui délocalisée dans des bourbiers inextricables. Alors à
pleins gaz contre le nucléaire iranien ? Attendons la suite des événements pour
en savoir plus sur ce mauvais feuilleton en noir et blanc qui pourrait bien
nous occuper durant des années. A moins que juillet prochain… ? Au fait, notre
feuilleton hiverno-printanier, concernant les essais nucléaires effectués par
la France dans le Sahara durant la décennie 1960, à quel niveau de tournage se
trouve-t-il aujourd'hui ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Brahimi
Source : www.lequotidien-oran.com