Alger - A la une

Nouvelle loi sur les hydrocarbures



Nouvelle loi sur les hydrocarbures
Beaucoup d'espoirs étaient fondés sur la nouvelle loi sur les hydrocarbures adoptée par le Parlement en 2013 pour relancer l'exploration et susciter plus d'engouement de la part des partenaires étrangers de Sonatrach. Deux ans après l'entrée en vigueur de la loi, le bilan s'avère mitigé et l'optimisme de circonstance affiché par les hauts responsables du secteur, pour donner le change, ne convainc plus personne, ni experts, ni politiques, ni même l'opinion publique.C'est d'autant plus évident dans le contexte actuel où le débat sur la nocivité du gaz de schiste pour l'environnement vient contrarier les objectifs du gouvernement visant à relancer le secteur par le biais du non-conventionnel mentionné pour la première fois dans la réglementation encadrant le secteur et censé compenser la baisse de la production sur le long terme.Malgré les modifications apportées à la loi de 2005 et les facilitations fiscales introduites pour orienter les investisseurs vers les périmètres renfermant un potentiel non conventionnel assez important, seuls quatre périmètres sur les 31 proposés ont été octroyés en septembre 2014 à des consortiums étrangers et aucun pour le non-conventionnel.Pourtant, quelques mois plus tôt, lors de la séance de présentation de la loi et des périmètres offerts à l'exploration, un engouement digne des fastes années du secteur avait été noté. La salle de conférences de la résidence Djenane El Mithak affichait complet, à l'occasion de la présentation générale des données techniques et législatives concernant le quatrième appel d'offres pour les opportunités de recherche et d'exploitation d'hydrocarbures.Pas moins de 150 participants, représentant une cinquantaine de grands groupes pétroliers internationaux, avaient fait le déplacement à Alger pour prendre part à la première séance de présentation de l'appel d'offres qui devait ouvrir la voie à l'activité de recherche et d'exploitation des hydrocarbures non conventionnels à travers 17 périmètres sur les 31 proposés à l'exploration.Optimisme de courte duréeUne affluence record que M. Betata, président du comité de direction de l'Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) n'avait pas manqué de relever, dans un contexte déjà assez morose pour le secteur, ébranlé par l'attaque terroriste de Tiguentourine et accusant une baisse de la production en 2013, réduite de 4% par rapport à 2012. L'optimisme affiché au vu de cetteaffluence a été de courte durée puisque la séance de l'ouverture des plis n'a abouti, en septembre 2014, qu'à l'octroie de 4 périmètres.L'assurance affichée par les responsables quant à l'attractivité du secteur et le succès du nouvel appel d'offres, après des résultats plutôt décevants enregistrés par les précédents appels d'offres lancés par le ministère de l'Energie et des Mines a été cruellement mise en défaut, les compagnies étrangères n'ayant pas donné suite aux offres d'Alnaft. Celle-ci n'a comptabilisé que cinq offres reçues, dont deux pour un périmètre unique et trois offres pour trois périmètres, soit quatre périmètres attribués à des consortiums étrangers (Enel-Dragon Oil Statoil Sigma-Shell et Repsol exploration-Shell) sur la trentaine proposés.Quasiment du jamais vu. Si du côté des responsables du secteur on préfère encore minimiser le manque de répondant des partenaires étrangers en axant la médiatisation sur l'attribution du périmètre de Boughezoul, situé au nord du pays, du côté des experts et des opposants à la démarche du gouvernement, on n'hésite pas à qualifier la démarche d'«échec cuisant».Les avis des uns et des autres ? qu'ils soient techniciens ou politiques plus ou moins objectifs ? se rejoignent, cependant, sur un seul et même constat : le quatrième appel d'offres est loin d'avoir donné les résultats escomptés, consistant à booster le secteur et favoriser l'engouement des compagnies étrangères pour l'exploration d'hydrocarbures en Algérie.Face à cette situation, Sid Ali Betata oriente d'ores et déjà le débat sur le cinquième appel d'offres actuellement en préparation et pour lequel il a assuré (dans un aparté avec la presse qui assistait à la signature des quatre contrats entrant dans le cadre du quatrième appel d'offres) que «les leçons ont été tirées» et qu'«elles vont peser» dans les consultations en cours avec les compagnies partenaires pour le lancement du prochain appel d'offres.Les discussions se feront, de ce fait, très loin de l'ambiance euphorique des années passées et des attentes apparemment trop ambitieuses suscitées suite aux amendements de la loi sur les hydrocarbures ayant ouvert la voie à l'exploitation des gaz de schiste. Il reste à savoir quelles seront les solutions préconisées pour susciter à nouveau l'engouement que les partenaires étrangers ont toujours manifesté par le passé pour le domaine minier algérien.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)