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«Nous soutenons les efforts de l'Algérie pour stabiliser la région»



«Nous soutenons les efforts de l'Algérie pour stabiliser la région»
Dans un entretien paru sur le journal électronique Toutsurl'Algérie (TSA), l'ambassadeur des Etats-Unis, Henry S.Ensher, affirme que son pays n'a «pas jugé nécessaire de faire une déclaration sur l'élection présidentielle» du 17 avril dernier. Répondant ainsi à une question sur l'absence de message de félicitations du président Obama au président Bouteflika suite à sa réélection, l'ambassadeur Ensher minimise l'importance de cette élection en notant que Bouteflika a déjà été destinataire de la part de Barack Obama d'une invitation pour assister au sommet Etats-Unis - Afrique.Une invitation vaut-elle des félicitations ' Pas très sûr, d'autant que le secrétaire d'Etat, John Kerry, avait même pris le risque de venir en Algérie en pleine campagne électorale, laissant dire aux observateurs qu'il était venu apporter la caution américaine au quatrième mandat. Henry Ensher s'en défend et soutient que lors de la dernière visite de Kerry «Bouteflika était le Président et il y avait un gouvernement algérien. Nous avions des dossiers à discuter durant cette visite dont le report n'a pas été possible compte tenu de l'agenda de M. Kerry».A la question de savoir si l'impression que les USA soutiennent le statu quo était fondée, l'ambassadeur répond que les Etats-Unis soutiennent l'intention du gouvernement algérien de mener «des réformes administratives et gouvernementales», tout en soulignant le souhait du peuple algérien et de la société civile d'être impliqués d'une manière transparente dans ces réformes.Au-delà des personnes, les Etats-Unis misent sur les institutions. Telle est l'idée défendue par l'ambassadeur américain. «Les Américains travailleront avec tout Président élu de manière légitime par le peuple algérien et ils continueront à le faire quoi qu'il arrive», a-t-il dit. Cela étant, il a affirmé que sur le déroulement de l'élection «ce n'est pas l'opinion des Américains qui compte». «Le peuple algérien a choisi son Président. Un gouvernement a été installé et les observateurs internationaux ont jugé que le processus électoral était bon. A travers mes contacts et mes déplacements en Algérie, j'ai constaté que le président Bouteflika est populaire», a-t-il déclaré sans trop s'avancer sur les conditions de déroulement de l'élection.Interrogé sur l'impact des changements touchant l'appareil de renseignements DRS et sur la coopération antiterroriste, le représentant diplomatique des USA a affirmé qu'il n'y en a pas. «Nous avons une coopération entre institutions et il y a des accords entre les deux gouvernements. Ce n'est pas une relation qui dépend des personnes. Ainsi, je peux vous assurer que notre coopération et notre relation progressent et se développent, et le gouvernement américain soutient les efforts de l'Algérie pour stabiliser et sécuriser la région.» Il a annoncé l'existence de pourparlers sur la vente et l'achat d'équipements militaires, dont des discussions en cours pour l'achat par l'Algérie de drones non armés.M. Ensher suggère que l'utilisation des drones n'est pas suffisante pour la surveillance d'un territoire comme l'Algérie et qu'«une approche systémique s'impose». «L'utilisation d'appareils pilotés à distance est juste un élément dans cette surveillance qui nécessite un système aérien, un système de patrouilles mobiles, une coordination entre les différents services de sécurité, le contrôle des mouvements des personnes et des véhicules, etc.», a noté l'ambassadeur en soulignant presque avec regret l'inexistence d'accord pour une surveillance conjointe des frontières.A la question de savoir si la situation au Sahel s'est améliorée depuis l'intervention française au Mali, Henry Ensher répond qu'«elle a plutôt changé». «Le Sahel n'est pas stable, d'où l'importance de la coopération avec les pays de la région et avec l'Algérie.» Interrogé sur le manque d'investissements économiques américains en Algérie, le représentant diplomatique relève certains obstacles liés à la réglementation algérienne : «D'abord, il y a le système douanier. C'est extrêmement difficile d'amener des équipements ou des produits. La question relative à la propriété intellectuelle qu'il faut respecter. Il y a également le système bancaire et les lois sur le transfert des dividendes. Ensuite, la loi 51/49 qui est toujours un obstacle à l'investissement. Vu la concurrence au niveau mondial pour attirer les investissements directs étrangers, l'Algérie doit rendre son environnement d'affaires compétitif.» Henry Ensher se dira toutefois optimiste car le gouvernement algérien s'est engagé à réformer son économie.


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