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«Nous, nous n'avons pas de poignard caché derrière le dos»



Avec le retour de l'Algérie sur la scène internationale et régionale et l'intensification de ses efforts diplomatiques et sa médiation dans plusieurs dossiers, le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a réitéré sa détermination de soutenir le processus de paix et de réconciliation dans toutes les régions en conflit, notamment en Libye, au Mali et au Sahara Occidental. Il insiste sur les principes défendus par l'Algérie et sur son action dans ces pays de la région tout en souhaitant « ne pas voir les bases étrangères dans les pays voisins, car la multiplication des bases militaires étrangères n'a jamais apporté du bien ».Dans un entretien accordé à la Radio Algérie internationale (RAI), le chef de la diplomatie algérienne a abordé toutes les questions relatives aux derniers développements aux frontières de l'Algérie qui, précisera-t-il, « souhaite exporter la paix et la stabilité. La médiation algérienne dans les pays voisins en conflit a pour motivations le règlement pacifique des conflits et la sécurisation de nos frontières ». Il a évoqué le sujet de l'implantation de bases militaires au Sahel en faisant savoir la position de l'Algérie et a soutenu que, « historiquement, la multiplication des bases militaires étrangères n'a jamais apporté de bien, mais il appartient à chaque gouvernement de décider ce qu'il veut pour se défendre », insistant pour dire que l'Algérie « respecte les décisions des pays et des gouvernements ». La question de la stabilité aux frontières est primordiale surtout que « l'Algérie est ciblée », mais le chef de la diplomatie a ajouté : « Elle se protège bien contre les différentes méthodes de déstabilisation employées à nos frontières grâce à l'unité de son peuple et la force de l'armée (ANP) .» Il poursuivra : « C'est aussi grâce à la conviction de la diplomatie algérienne et ses actions réfléchies claires et transparentes (...) Nous, nous ne jouons pas derrière les coulisses, et nous n'avons pas de poignard caché derrière le dos. Ce n'est pas le genre de l'Algérie .»
Un contact quotidien avec tous les partenaires libyens
Renseignant sur la venue très prochaine d'une délégation libyenne dépêchée par le nouveau gouvernement unifié, Boukadoum a expliqué que « l'Algérie continuait de travailler quotidiennement avec tous les partenaires libyens ». Avec une note de satisfecit, il ajoutera : « Nous sommes heureux que depuis 4 à 5 mois, il n'y a pas eu de violences, mais la tension reste très élevée .»
Les efforts déployés par l'Algérie pour résoudre ce conflit s'inscrivent dans ceux des Nations-Unies, « que nous appuyons fortement, et cela ne nous empêche pas d'agir directement avec nos frères libyens à leur demande », a-t-il noté, tout en insistant sur le règlement de la crise libyenne, qui doit passer par le règlement de la question de la légitimité du pouvoir par des élections directes du chef de l'Etat. « C'est ce qui a été dit aux Nations-Unies, à la Conférence de Berlin, au Conseil de sécurité, et tous les efforts qui ont été déployés à ce jour vont dans ce sens », selon toujours le ministre. « C'est notre v?u le plus ardent que ces élections se tiennent le 24 décembre de cette année. La première étape vers le retour à la stabilité constitutionnelle et la paix en Libye », a-t-il plaidé.
«L'Algérie n'insulte pas»
Abordant la question des attaques que subit l'Algérie de la part du voisin marocain, le diplomate tranchera : « L'Algérie n'insulte pas .» Et pour ce qui est du dossier sahraoui, la position de notre pays est constante et « se base sur le droit international » et sur « des convictions profondes », pour soutenir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. « Nous n'avons pas changé, et nous ne changerons pas de position, parce qu'il ne s'agit pas seulement du droit international, mais de notre conviction profonde qu'il n'y aura pas de règlement sans une consultation libre et transparente du concerné qui est le peuple du Sahara Occidental .»
Et encore, « l'Algérie n'a pas l'intention de se substituer au peuple sahraoui. Je vous le dis de la manière la plus claire, nous appuierons ce que les Sahraouis décideront, mais il est absolument hors de question que l'Algérie se substitue à qui que ce soit », assure-t-il. « C'est une question de décolonisation. Nous avons toujours appuyé ce processus. Nous souhaitons qu'il y ait un dialogue entre les deux parties », a-t-il enchaîné.
Régler le problème constitutionnel au Mali
Pour ce qui est de la situation au Mali, Sabri Boukadoum a soutenu que « l'application scrupuleuse de l'accord de paix et de réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger, était nécessaire pour le rétablissement de la paix dans ce pays voisin ». L'objectif de la médiation algérienne est de régler le problème constitutionnel au Mali, selon le ministre qui ajoutera que « dans moins d'une année, il y aura des élections présidentielles. Cela permettra, nous l'espérons, de réconcilier les Maliens et de rétablir les institutions ». Dans ses explications, le ministre des Affaires étrangères soulignera que « l'immigration illégale, les problèmes sécuritaires et les différents trafics ne sont pas nécessairement originaires du Mali », car la crise libyenne a compliqué la situation dans ce pays depuis 2011.
Selon lui, « l'absence d'organisation étatique a créé un champ libre devant les différents groupes terroristes ». Pour cela, l'Algérie est totalement engagée dans le processus de paix au Mali, rappelant que cet engagement a été couronné en 2015 par la signature, à Bamako, de l'accord de paix, issu du processus d'Alger. Il ne faut pas oublier également que l'engagement de l'Algérie est illustré récemment par « la réunion de Kidal, une première depuis 6 ans, et à l'occasion de laquelle les autorités de Bamako se sont rendues dans la ville », a-t-il précisé.
Enfin, le rôle de la diplomatie dans la promotion de l'économie nationale a été abordé aussi avec beaucoup d'acuité. Boukadoum a fait savoir que conformément aux instructions du président de la République, une direction de promotion des échanges et une cellule d'assistance aux entreprises publiques et privées ont été récemment créées au niveau de son département pour promouvoir le produit algérien en Afrique et attirer des investissements étrangers en Algérie.
Ilhem Tir
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