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"Nous n'avons pas consulté le président Bouteflika"



Ahmed Ouyahia a précisé que tout sera mis en ?uvre pour convaincre le chef de l'Etat de rester au pouvoir jusqu'en 2024. Mais "la décision finale lui appartient", a-t-il souligné."Le RND est une famille politique autonome malgré ses prises de position. Nous n'avons pas à consulter le président de la République avant de lui lancer un appel à se porter candidat à un nouveau mandat", a affirmé, hier, en conférence de presse animée au siège du parti à Alger, le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia.
"Nous nous sommes fondés sur l'analyse de la situation du pays. Notre appel s'inscrit dans un vaste mouvement. Nous avons fait un choix qui nous semble le meilleur", a-t-il expliqué. À partir de là, il a assuré que le parti est engagé dans une démarche qu'il s'efforcera à faire aboutir. Il s'agira, dans une première étape, selon le conférencier, de convaincre Abdelaziz Bouteflika de présenter sa candidature à la présidentielle du printemps 2019. "La décision finale lui appartiendra", a-t-il néanmoins nuancé. Il entretient ainsi le doute sur un éventuel refus du Président à répondre favorablement aux sollicitations du front l'incitant à briguer un 5e mandat. Evidemment, l'état de santé du premier magistrat du pays a été évoqué avec insistance par les représentants de la presse nationale. "Le chef de l'Etat est en totale possession de ses facultés pour analyser, gérer et diriger. Sa maladie n'est pas une honte. Nous croyons au destin", a répondu furtivement Ahmed Ouyahia sans trop s'appesantir sur la question qui revenait comme un leitmotiv.
"Je ne prends pas le café, chaque matin, avec lui. Ce n'est pas dans les usages. Mais je peux vous certifier que je travaille sous son contrôle", a-t-il poursuivi avant de fermer définitivement la parenthèse. Il ne s'est pas attardé, outre mesure, sur la longévité d'Abdelaziz Bouteflika aux commandes de l'Etat : 20 ans avec en perspective 5 autres années. "Le 5e mandat ne contredit pas le principe de l'alternance. À l'opposition de présenter son candidat et de gagner le match", a-t-il lancé avec une certaine ironie dans la voix. Ahmed Ouyahia n'a pas commenté, non plus, son recadrage par le président de la République sur au moins trois dossiers (concessions agricoles aux investisseurs étrangers, la privatisation des entreprises économiques en difficultés financières et la surtaxation des documents biométriques). "Le gouvernement entreprend des démarches sur lesquelles le Conseil des ministres délibère. C'est tout à fait normal que des projets de décision soient remis en cause", a-t-il soutenu. Il a sous-entendu subtilement qu'il est faux de croire qu'un conflit mine les relations entre le chef de l'Etat et son Premier ministre, même si le poste n'offre pas que des avantages. Le secrétaire général du RND a abordé le chapitre de l'alliance présidentielle, non sans un malaise perceptible. "Elle est active. Elle se formalise au Parlement", a-t-il souligné, évasif, néanmoins, sur la dispersion des rangs sur le terrain politique, y compris au registre du soutien à un 5e mandat. "Je ne peux forcer personne à s'allier avec nous. Notre main reste tendue", a-t-il suggéré. Malgré tout, il n'a pas voulu invectiver ses alliés politiques traditionnels, particulièrement le secrétaire général du FLN qui le cible régulièrement par des attaques assez sévères. Ce dernier a, par ailleurs, martelé à maintes reprises que le futur président de la République sortira des rangs du vieux parti. N'est-ce pas une volonté déclarée à évincer le RND et son n°1 ' "N'attendez pas de moi une critique contre Djamel Ould Abbes. Il est libre de ses déclarations", a coupé court Ahmed Ouyahia. Il a sous-entendu, pourtant, que les partis politiques ne se regrouperont probablement pas dans un cadre organisé pour servir le 5e mandat.
"Nous aurons probablement des alliances à la fin de l'année pour le renouvellement partiel des membres du Conseil de la nation, sans les lier nécessairement à la présidentielle", a-t-il déclaré.
Souhila Hammadi
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