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« Nous n'avons jamais été aussi proches de la guerre »



« Nous n'avons jamais été aussi proches de la guerre »
Après vingt-sept ans de cessez-le feu, le Front Polisario et le Maroc n'ont jamais été aussi proches de la guerre comme ils le sont aujourd'hui. C'est du moins ce qu'a affirmé, hier à Alger, l'ambassadeur sahraoui, Boucharaya Hammoudi Bayoune, au forum de notre confrère Echaâb. Intervenant à l'occasion du 41e anniversaire de la conquête marocaine, dite « marche verte », qui marqua le début de l'occupation des territoires sahraouis après le retrait de l'Espagne, le conférencier a précisé que les forces armées des deux parties sont à 120 m l'une de l'autre, séparées par les forces de l'ONU au milieu. « Ce sont des enfants sahraouis nés à l'époque de la signature du cessez-le feu qui portent, aujourd'hui, les armes dans la zone tampon d'El Guergarate », a-t-il dit indiqué. « Les Sahraouis sont poussés vers la guerre par le Maroc qui a franchi cette zone ainsi que par la communauté internationale qui n'a rien fait pour le dissuader », a-t-il ajouté. « Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni sept fois depuis, mais il n'a pris aucune décision », a-t-il rappelé. « On nous dit que l'on n'intervient pas chez vous parce qu'il n'y a pas la guerre et qu'il n'y a pas assez de sang qui coule. Veulent-ils que nous entrions en guerre. Ne voient-ils pas que le sang sahraoui coule tous les jours dans les territoires occupés », s'est demandé le représentant de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd). Il a aussi souligné qu'une guerre aujourd'hui ne serait pas comme celle des années 1980. « La situation est beaucoup plus compliquée. Il y a les Azawad, le Mujao et d'autres groupes armés », a-t-il précisé.Il a lancé, pour éviter toute détérioration, un appel à la communauté internationale afin d'agir en vue d'une solution politique au conflit. « Une nouvelle guerre n'est dans l'intérêt de personne », a-t-il martelé. Evoquant l'arrivée d'Antonio Guterres à la tête de l'ONU, Boucharaya Hammoudi a fait remarquer que l'Organisation ne s'est jamais dotée d'un secrétaire général qui connaisse la question sahraouie comme l'ancien haut commissaire de l'ONU aux réfugiés. il a estimé que « la question est entre les mains des membres du Conseil de sécurité où la France bloque toute solution ». « Mais elle ne pourra pas bloquer le processus de décolonisation éternellement », a clamé le diplomate. Interrogé sur la demande du Maroc pour intégrer l'Union africaine, il a dit que rien n'interdit cette démarche. « Le royaume chérifien est toutefois dans l'obligation de respecter la Charte de l'Union, en particulier le principe du respect des frontières héritées du colonialisme », a-t-il soutenu.
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