Les lampions de la 10e édition du Festival international de la bande dessinée d'Alger se sont éteints, samedi, au palais de la culture Moufdi Zakaria, à Alger. Rencontrée le jour de la clôture, la commissaire du Fibda, Dalila Nadjam, revient sur les points forts de cette édition.- Quel est le premier bilan que vous pourriez dresser après cinq jours d'intenses activités du Fibda '
Sans prétention aucune, le bilan est des plus satisfaisants. Nous avons vécu cinq journées bien remplies avec un public, qui me semble, plus nombreux que l'année dernière, surtout le week-end. Je crois réellement que tout le monde a pu profiter de toutes les activités. Les enfants dans le milieu hospitalier ont, eux aussi, profité de la visite des artistes américains et français.
Les artistes leur ont fait des ateliers sur place avec l'association Jeunesse Plus. Il est à noter, également, que la librairie internationale de la bande dessinée qui se trouve au niveau de l'esplanade de Riad El Feth a bien vendu. Il faut dire aussi que nous avons fait beaucoup de promotions.
- L'appropriation, le temps du festival, des sites de l'esplanade de Riad El Feth et de la culture a-t-elle été une belle expérience '
Je pense que c'est très bien, dans le sens où nous avons pu présenter de belles expositions dans un espace très aéré. Finalement, le public a bien apprécié et adhéré au concept. La navette reliant l'esplanade de Riad El Feth au Palais de la culture a été des plus régulières. Je pense qu'il y aura des réajustements à faire pour la prochaine édition. Peut-être mettre beaucoup plus d'activités dans le domaine du livre au niveau du Palais de la culture.
- Justement l'espace du Palais de la culture sera-t-il réinvesti l'année prochaine '
Mon idée serait d'investir totalement le palais de la culture Moufdi Zakaria, mais le Fibda est né à l'esplanade Riad El Feth. Cette esplanade est tout un symbole. C'est la place de la liberté. Je crois que tout le monde le considère de cette façon-là. Si on pouvait garder les deux espaces, cela serait l'idéal. Il y a des réajustements à faire et peut-être agrandir l'espace au niveau de Riad El Feth.
On a voulu le restreindre, pensant qu'on allait avoir moins d'activités, finalement, cela n'a pas suffi. Il faut dire que faute de moyens financiers, nous avons évité de faire les expositions sur l'esplanade et louer des chapiteaux en faisant un travail colossal.
Le Palais de la culture s'y prête bien. C'est un espace qui nous a bien accueillis. Ils nous ont ouvert leurs portes. Je tiens à remercier tous nos partenaires. Cette expérience réussie a été réalisée avec des partenaires aussi bien les institutions de l'ONDA, le Palais de la culture, le ministère de la culture ainsi que nos partenaires privés et nos sponsors.
- Cette édition dépourvue de budget a été un défi pour le commissariat du Fibda '
Cela a été de la résistance que de travailler sans un budget. J'ai dit que c'était un accouchement au forceps. Je suis assez contente puisque finalement il y a eu des petites choses qui se sont passées mais qui sont sans importance à côté de ce que nous avons vécu auparavant. La plus importante des choses réside dans le fait que nous avons gagné la confiance du public.
Je pense que c'est une très belle victoire. Je pense que tout le monde a partagé cette édition avec nous, surtout les partenaires étrangers. La France étant, rappelons-le, l'invitée d'honneur. La France nous a accompagnés depuis dix ans et cette fois-ci, elle a mis les moyens avec deux belles expositions et l'invitation d'auteurs de qualité.
Nous avons réussi cette dixième édition de façon splendide avec le concert dessiné qui s'est déroulé au Palais de la culture réalisé par le dessinateur de bande dessinée et scénographe belge, François Schuiten. C'était merveilleux de réunir des musiciens de l'Ecole de musique d'Alger avec trois auteurs de nationalités algérienne, belge et cubaine. Ces artistes ont réalisé une prestation magnifique. C'est ce que nous appelons un partenariat. Nous avons tous tendu la main pour faire ensemble ce travail. Pour que cette manifestation soit auréolée de succès.
- Un mot sur les dix ans d'existence du festival '
Cela représente dix ans de valorisation du 9e art. C'est la valorisation des pionniers de la BD algérienne. C'est aussi la révélation des jeunes auteurs algériens. C'est la réputation nationale et internationale de l'événement. C'est aussi de donner une nouvelle et belle image de la culture algérienne. C'est surtout aussi un public passionné sur le territoire national.
- Justement, quelle est, selon vous, la place de la bande dessinée en Algérie '
Je pense qu'il faut multiplier les petites rencontres de bande dessinée sur l'ensemble du territoire national. Ce dernier va représenter un lieu où l'on pourra d'abord vulgariser la bande dessinée, nous familiariser avec les auteurs et faire une meilleure diffusion. Le Festival international de la bande dessinée ne peut pas à lui seul tout développer.
Il peut être l'élément fédérateur. Si nous organisons plusieurs activités culturelles de la bande dessinée sur tout le territoire national, ne serait-ce que deux jours, je pense que cela sera la meilleure façon de développer et de diffuser le 9e art. Le public existe. Il suffit de constater l'affluence qu'il y a eu au niveau de la grande librairie internationale lors de ce 10e Fibda.
Cela veut dire qu'il y a un intérêt. Certes, la bande dessinée n'est pas diffusée sur tout le territoire national, mais la meilleure façon de la diffuser, c'est d'organiser de petites activités et petits festivals à l'intérieur du pays. Par ailleurs, cela reste indéniable, la bande dessinée est connue et reconnue. Nous avons des artistes talentueux. Ce sont des figures de proue de la bande dessinée qui continuent de créer avec génie.
Nous avons, aussi, une nouvelle génération. Nous sommes, du point de vue création, aussi bon que les auteurs de bande dessinées franco-belges. Il n'y a rien à redire là-dessus. Nous avons un bon potentiel. Ce qu'il faut, maintenant, c'est de développer et vulgariser la bande dessinée algérienne. Il faut, en outre, que de nouveaux éditeurs s'impliquent dans la bande dessinée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com