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«Nous allons vivre une année difficile»



Pour l'expert financier et ancien ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, la loi de finances 2020 est un texte de «sauvegarde» et de «transition» afin d'éviter «des situations ingérables». Seulement estime-t-il, une loi de finances complémentaire devient, ainsi, indispensable.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Intervenant hier, lors d'une rencontre organisée par le FCE (Forum des chefs d'entreprises) à Alger, Abderrahmane Benkhalfa a été catégorique.
La loi de finances 2020 n'est qu'une loi de «sauvegarde» de l'économie. «C'est une loi de finances de transition qui permettra d'éviter d'aller à des situations ingérables. Mais nous souhaitons qu'il y ait une loi de finances complémentaire qui vient sur les alternatives au budget», dit-il.
Selon lui, avec 1,8% de croissance, l'un des taux les plus faibles de la décennie, qui affecte et affaiblit justement l'assiette fiscale, des possibilités très limitées de l'ajustement de la valeur du dinar et le gel officiel du financement non conventionnel, l'équation budgétaire est aujourd'hui «extrêmement difficile».
«Nous allons vivre une année difficile car les équilibres internes et les équilibres externes sont tendus d'autant que nous avons une dette à l'égard de la Banque d'Algérie de financement non conventionnel», dit-il encore.
Il note, à cet effet, que le pays a besoin de ressources additionnelles internes et externes qu'il faut chercher. S'agissant justement des ressources, il précise que deux pistes ont été ouvertes afin de permettre de gagner de l'argent : la règle 51/49 et l'endettement extérieur.
L'expert financier assure, en outre, les dispositions de détail dont nombre d'entre elles, estime-t-il, «constituent un risque fiscal si elles ne sont pas maîtrisées».
«Il y a beaucoup de dispositions qui sont procédurales donc pas de changement de fond dans les dispositions fiscales mais il y a des dispositions de procédures. Le risque fiscal est un risque de procédure. Il n'y a pas de charges fiscales nouvelles, il n'y a pas de pression fiscale nouvelle, mais il y a un changement de procédure fiscale qui, s'il n'est pas bien capté, constitue un risque», explique-t-il.
Insistant sur la croissance qui dépend des entreprises, l'ancien ministre des Finances a déploré que la plupart des entreprises algériennes, en particulier celles du secteur du BTPH, dépendent de la commande publique. «Les entreprises du BTPH ont, de bout en bout, une dépendance très forte de la commande publique. Certaines vivent à 90% de cette commande», précise-t-il avant de plaider pour une sortie de la commande publique. De son côté, le président de l'Association nationale des conseillers fiscaux algériens, Boubekeur Sellami, souligne une «instabilité» des textes d'ordre fiscal et leur «lourdeur».
Il cite ainsi l'exemple du réaménagement du régime fiscal des professions non commerciales qui par sa «lourdeur», «encourage l'exercice illégal». «Ce régime est une sanction pour les professionnels. Les 26 % d'IRG imposés sont très lourds pour les professionnels», dit-il.
Ry. N.
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