L'esprit très «syndicaliste» ou très «rentier», c'est selon les points de vue, est assez bien répandu chez nous pour que l'on n'aborde pratiquement jamais la propension massive des Algériens à tricher avec le travail. C'est presque un sujet tabou. Celui qui ose le dire passerait, peut-être, pour un rabat-joie ou un affreux homme de droite… Pourtant, c'est un fait connu. En Algérie, une infirme partie de ceux qui ont un emploi «légal» - la précision est de mise - fait marcher le schmilblick et ne succombe pas à la pratique routinière de la triche. Ces «travailleurs» sont des héros à contre-courant, des stakhanovistes sans contrainte… S'ils font marcher les choses par impératif de fonction ou par éthique personnelle, ils ne peuvent pourtant pas empêcher le fait que la productivité du travail en Algérie reste basse. Au regard de la statistique qui établit des moyennes, le stakhanoviste algérien n'existe pas… Le travail moyen est très largement… bas comparativement aux voisins. Qui n'a jamais entendu des Algériens expliquer que leur «salaire n'est que sa part de pétrole, pas une rémunération d'un travail '». C'est ainsi, quelque chose qui est en rapport avec la manière dont l'Etat s'est construit et a construit son rapport aux citoyens. Du lourd. Comment expliquer que les opérateurs, entrepreneurs, agriculteurs, se plaignent du manque de main-d''uvre dans un pays où l'on parle constamment de chômage et où parfois des émeutes ont lieu pour l'emploi ' Car, ces employeurs le disent, ils ont des emplois à pourvoir des niveaux spécialisés à ceux de manutentionnaires sans qualification. Il y a peut-être une explication dans le fait que ces employeurs sont des «privés». Qui même quand ils sont en règle avec les lois, n'accepteraient pas que le salaire qu'ils donnent puisse être la «part de pétrole» que prendrait l'employé. Ce qui peut conforter cette piste est le fait que les protestas pour l'emploi jusqu'à preuve du contraire - n'ont concerné que les entités publiques. Certains évoquent aussi les aides aux jeunes pour le lancement de projets qui souvent restent fictifs mais qui mettent ces jeunes en position d'attente au lieu d'être en position de chercheur de travail. Mais rassurons-nous quand même à l'approche du Salon du livre de découvrir le succès grandissant, d'année en année, de la manifestation. On commence à aimer à lire, on finira bien par aimer à travailler.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salim Rabia
Source : www.lequotidien-oran.com