Alger - Revue de Presse

Notre supplément économie avec la collaboration de «MAGHREB EMERGENT» : Semer le bon grain ou érigerune muraille de Credocs



Semer à bon escient, non pas pour gagner plus, mais pour continuer à exister quand la rente fossile disparaîtra. Car elle disparaîtra, inéluctablement. Ahmed Ouyahia lui-même en convient : on ne pourra pas continuer à injecter entre 3000 et 4000 milliards de dinars dans le financement de l'économie. Il est quelque peu rafraîchissant de découvrir, venant du privé, une initiative qui associe tous les acteurs de la filière céréalière. L'enjeu est de gagner, en quelques années, une cruciale bataille de la qualité du blé dur avec une amélioration de la productivité. Un vrai chantier en perspective. C'est inévitable : les subventions finiront par disparaître, il revient aux opérateurs d'en profiter pour ne pas disparaître au moment où les barrières que l'Etat persiste à maintenir finiront pas tomber. Il ne faut surtout pas se bercer d'illusions. Même si l'Algérie obtient un délai de grâce de trois ans supplémentaires pour la zone de libre-échange avec l'Europe, cette ouverture est inscrite dans le marbre. L'autarcie n'existe pas pour un pays mono-exportateur. Un collègue attentif estime qu'on a déjà vingt ans de retard en termes de mutation de l'économie et de libération des énergies et des initiatives. La question n'est pas seulement politique. Des autoritarismes voisins ou frères – il paraît que comparer est déplaisant mais avec qui le faire ? Avec la Corée du Sud ou l'Espagne ? – font preuve d'une efficacité économique qui fait rêver ici. Le même collègue constate aussi avec une certaine amertume : «nous savons interdire, à ce jeu nous sommes les meilleurs, nous ne savons pas inciter, encourager et créer les dynamiques positives». Entre semer le bon grain et ériger des murs de Credocs – qui auraient des effets pervers sur la dette à court terme -, il y a une rupture politico-culturelle (générationnelle ?) qui tarde à se faire. Et pourtant si cette échéance est sans cesse retardée, nous risquons de manger notre «pain en or noir» en pure perte.


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