Souvenirs - Les personnes âgées évoquent, avec amertume, cette époque où le pharmacien prodiguait des conseils aux clients et prenait tout son temps pour leur expliquer comment utiliser le traitement.
«Il n'y a pas si longtemps, nous nous adressions à de véritables professionnels qui se souciaient réellement de notre santé. Un pharmacien avait un statut important et était respecté de tous, au vu de son savoir, de son comportement et de sa patience. Parfois, il passait jusqu'à une heure de temps avec un seul client, c'était la belle époque», se rappelle, nostalgique, Aâmi Ali, septuagénaire . «Le profil des pharmaciens et leur apparence étaient rassurants. Ils étaient toujours en blouse blanche, très attentifs et ne montraient aucun signe de hâte. Ils étaient vraiment des connaisseurs et ils veillaient au bien des malades», intervient Aâmi Saïd, sexagénaire. Nos interlocuteurs se désolent de la situation actuelle où «les officines sont devenues de simples échoppes comme tous les autres commerces». Cette catégorie de citoyens se retrouve également égarée devant la diversité des produits pharmaceutiques proposés. Et ce n'est pas cette «abondance» de médicaments, fruit du développement enregistré dans le domaine pharmaceutique au niveau mondial, qui les préoccupe, mais c'est plutôt cette attitude de certains vendeurs qui les met devant des choix difficiles à comprendre. «Les vendeurs nous proposent plusieurs boîtes de différentes marques et nous donnent le choix. On se croirait dans un marché aux bestiaux ! Qu'on nous donne le médicament porté sur l'ordonnance et c'est tout !», se révolte Khalti Nouara, croisée dans une officine au boulevard Abane-Ramdane, à Alger. «Leur seul souci est de vendre le produit le plus cher pour gagner plus d'argent. Malheureusement, ces vendeurs ne pensent qu'au gain matériel. Ah ! la belle époque ! où le pharmacien avait un niveau élevé», poursuit notre interlocutrice. L'anarchie qui règne dans la vente des médicaments est aggravée par la voracité de certains qui louent des diplômes de jeunes diplômés en pharmacie pour ouvrir des fonds de commerce dans ce domaine et exercer librement. La vente des médicaments rapporte gros et peu importe la santé des consommateurs ! On constate que des pharmacies poussent comme des champignons et parfois on en trouve plusieurs dans le même quartier. «Le nombre d'officines est quasiment similaire à celui des taxiphones. Cela démontre que ce créneau est perçu comme un commerce sans plus. Moi-même, j'ai constaté qu'une ordonnance passe par deux ou trois vendeurs, car ils ont du mal à en comprendre le contenu», constate Omar, cadre dans une administration publique à Alger. Cette situation fait également le bonheur des diplômés dans le domaine qui louent leurs diplômes contre de grosses sommes. Et il est évident que les amateurs du gain facile ne lésinent pas sur les moyens pour obtenir ce quitus. Ainsi tout le monde y trouve son compte, sauf les...malades !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A H
Source : www.infosoir.com