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Nos experts "cathodiques" et le pétrole



Nos experts
Débat monolithique. Les tables rondes se suivent et se ressemblent. On les voit, on les entend sur les chaînes télé, privées et publiques. Tous les invités, experts en catégories diverses, n'ont que le prix du baril et ses incidences sur notre économie. Chacun y va de son scénario catastrophe. La pensée unique dans la complexité de l'économie. Aucun des participants ne paraît avoir intégré, dans son mode de pensée, une autre économie dans notre pays sans la rente. Alors que l'occasion est unique pour avancer des idées nouvelles pour l'indispensable diversification de notre économie, aucun de ces experts ne nous a gratifiés de ses lumières. D'autant que les incidences du baril sur les économies des pays producteurs sont archiconnues. Quant à la volatilité des prix, aucun pronostic n'est possible. D'ailleurs, hier, le Brent avait repris sa tendance à la hausse, en s'affichant à 62 dollars. La veille, le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al Nouaïmi, s'est dit convaincu que les prix du pétrole allaient repartir à la hausse. Le marché lui a donné raison. Ce qui n'empêche pas, que de telles prévisions restent des probabilités. Aucune certitude. Ce qui importe pour nous Algériens, ce n'est pas tant «le thermomêtre» au quotidien du baril. Il n'y a aucun effet immédiat sur notre train de vie. Nous savons tous que grâce à l'expertise et à la vision du président Bouteflika, notre pays a le temps de se «retourner». Même ses adversaires les plus acharnés ne peuvent nier sa décision historique du remboursement anticipé de la dette extérieure en 2006. Contre l'avis quasi général des experts, dont quelques-uns se succèdent, aujourd'hui, sur les plateaux télés pour tourner en rond autour du baril. Personne non plus, ne peut lui contester d'avoir constitué un matelas de devises plus que confortable pour «les mauvais jours», comme ceux que traversent, ces jours-ci, les pays producteurs de pétrole. Ni le Fonds de régulation des recettes (FRR), constitué du surplus dégagé depuis des années par le budget calculé sur la base d'un baril à 37 dollars. A fin juin dernier, le fonds disposait de 55 milliards de dollars. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître les énormes efforts qu'il a consentis au cours de ses mandats pour doter le pays des infrastructures de base nécessaires. Ce qui a été réalisé jusque-là en barrages, en voies ferrées, en routes et autoroutes, en ports et aéroports, en logements, dans l'agriculture, etc., suffit amplement pour servir d'appuis au développement des trois secteurs économiques (primaire, secondaire et tertiaire). C'est ce qui permet aujourd'hui à tous les ministres de se relayer pour affirmer que tous les investissements publics futurs sont maintenus. Que les subventions des produits de première nécessité ne subiront aucune révision. Que l'abrogation de l'article 87bis n'est pas remise en cause. Que rien ne changera ni aujourd'hui ni demain. Que contrairement aux autres, ce choc pétrolier d'aujourd'hui ne peut pas emporter l'économie «antisismique» made in Algeria conçue et réalisée par le président Abdelaziz Bouteflika depuis son arrivée au pouvoir. Surtout quand on voit l'état de la Russie qui, soit dit en passant, n'a pas encore réussi à diversifier son économie. Du Venezuela. Et même des monarchies du Golfe. C'est connu, quand quelqu'un a raison avant tout le monde il s'attire, forcément, les foudres de ceux qui n'ont rien vu venir. Surtout ceux qui font de la politique leur métier. A l'inverse, les 40 millions d'Algériens sont heureux d'être si bien protégés et très fiers de celui qui les sert avec autant de brio. C'est l'implacable constat! Ceci dit, il ne faut pas pour autant dormir sur nos lauriers. Nous sommes condamnés à réussir la diversification de notre économie. Nos experts «cathodiques» doivent s'y consacrer. Et laisser tomber le prix du baril!


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