Alger - A la une

Noël, en attendant la fête



On ne sait pas dans quelles proportions mais il y a des Algériens en dehors de la communauté chrétienne ou d'autres confessions non musulmane qui font la fête à Noël. On aurait pu user du terme «générique» depuis un temps consacré, pour désigner la célébration à la fois de Noël et celle du Nouvel an. Et parler «comme tout le monde» de fêtes de fin d'année. Mais par on ne sait quelle bizarrerie, les Algériens, qui ont bien intégré la seconde fête de la chronologie, entretiennent toujours un rapport plus complexe avec la première.Fêter ainsi le «jour de l'An» s'est petit à petit normalisé jusqu'à s'installer carrément dans la tradition. On allait dire jusqu'à la banalisation, si ce n'est, les choses étant au point où elles sont, qu'une fête n'est jamais banale. D'abord parce que d'une manière générale, elle perdrait de son charme et de tout ce qu'elle suggère comme instants de bonheur. Ensuite, parce que les opportunités de détente qui arrachent à la grisaille quotidienne étant de plus en plus rares, on ne va pas bouder celle qui réunit le plus grand nombre d'humains à travers le monde. Autant dire la fête par excellence. Ce ne sont pourtant pas les obstacles qui ont manqué. Aux rejets ordinaires de l'orthodoxie conservatrice est venue se greffer l'inquisition intégriste, plus violente et plus déterminée à imposer à la société un mode de vie qui tourne définitivement le dos à? la vie.
Des années durant, on a cru que ces moments de bonheur simple allaient être rangés, à la suite d'autres palpitations de l'existence, allaient être relégués au rang des doux souvenirs qui désertaient notre espace l'un après l'autre. Puis la résistance a «changé de camp» et on a eu
à en mesurer le niveau d'ancrage de cette fête finalement plus profondément présente qu'on ne le pensait. C'est d'autant plus révélateur que les espaces de convivialité qui y sont dédiés ont drastiquement rétréci, les ingrédients de la fête sont devenus problématiques et le? risque physique n'est jamais une vue de l'esprit. Mais Noël est resté un «problème». Si les Algériens veulent toujours faire la fête, il y a des pas que très peu d'entre eux osent sauter. Pour la bûche et la bouteille, ça marche. Mais le sapin, ça semble dire qu'«il ne faut quand même pas exagérer» !
Même les gais lurons qui sillonnaient les rues d'Alger dans l'apparat du père Noël ont disparu. Pourtant, Noël et le Nouvel an ont la même matrice historique et sociologique. C'est d'avoir largement et depuis longtemps débordé sur leur genèse confessionnelle, que ces fêtes ont conquis autant de monde. Au point où d'aucuns se demandent s'il y en a une. Ce soir, il y aura bien sûr quelques Algériens qui vont? s'éclater. Eux aussi savent «déborder» sur le repas tranquille avec la famille et les cadeaux au pied du sapin. En attendant ? la nuit du 1er janvier.
S. L.
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