Hamlaoui Akouchi, secrétaire général du mouvement El Islah, a vivement critiqué la démarche menée par les autorités algériennes visant à défendre et à protéger le général à la retraite Khaled Nezzar contre d'éventuelles poursuites par la justice suisse pour des crimes contre l'humanité.
Pour lui, les autorités locales doivent mieux s'occuper des affaires des autres citoyens algériens se trouvant en difficulté à l'étranger. Il citera, à titre d'exemple, l'affaire des diplomates algériens otages du Mujao au Mali ou encore les Algériens prisonniers en Irak qui réclament le retour dans leur pays d'origine, «à qui il faut trouver une solution urgente et par tous les moyens pour éviter le pire», a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse tenue hier au siège de son parti à Alger.
«Comme vous vous êtes occupés de Khaled Nezzar en installant une commission spéciale pour suivre son affaire afin de le blanchir de tout ce qui s'est passé alors qu'il est responsable de ces événements étant donné qu'il a reconnu que c'est lui qui a ordonné l'arrêt du processus électoral, il faut aussi s'occuper de nos diplomates menacés de mort et de ces jeunes partis pour militer aux côtés de leurs frères irakiens et qui demandent aujourd'hui, une fois sortis de prison, de rentrer au pays. Il faut autoriser leur retour»,
a-t-il indiqué. Hamlaoui Akouchi a refusé de donner plus de précisions sur la position claire de sa formation El Islah à propos du jugement du tribunal fédéral suisse qui n'a pas reconnu l'immunité à ce responsable militaire durant les années 1990. «Je n'ai pas d'autres détails à donner sur cette question», s'est-il contenté de dire. Hamlaoui Akouchi a également critiqué l'opération d'éradication des marchés informels décidés du jour au lendemain «coupant ainsi les vivres à des milliers de personnes qui n'ont d'autres ressources que ces activités».
«Où étaient les autorités nationales pendant toutes ces années où ces marchés se sont installés, donnant ainsi une source de revenus à des milliers de familles '» s'est demandé M. Akouchi, estimant que «cette décision aléatoire a été prise sans prévoir des solutions concrètes pour les milliers de jeunes qui se trouvent au chômage». «Ce pouvoir utilise la violence, le mensonge, la fraude mais n'a aucune solution à proposer aux problèmes de la population».
«C'est une provocation des jeunes à la veille de la rentrée sociale et ce pouvoir est seul responsable de la situation et de ses conséquences», a-t-il indiqué. Pour lui, «il n'y a jamais eu une lutte aussi féroce contre la corruption par exemple». Selon lui, cette décision a été prise au moment où le pays connaît une «paralysie totale» de toutes ses institutions depuis la non installation du gouvernement au lendemain des élections législatives du 10 mai dernier. «Le peuple a passé un été catastrophique sans eau, sans électricité et confronté à l'ampleur de la violence» a-t-il ajouté.
«A quoi va servir un nouveau gouvernement une fois que la situation a atteint la faillite ' Pourquoi cela n'a-t-il pas eu lieu avant cette date '» s'est-il interrogé. Il a critiqué l'absence de démocratie à travers l'interdiction des marches populaires, la manipulation des partis politiques en attaquant l'un par l'autre, l'agrément de plusieurs formations en vue de brouiller les élections et l'affaiblissement de la société civile. «Tout cela constitue une menace sur le pouvoir lui-même».
M. Akouchi dira que la question des disparus doit être réglée en déclarant la vérité à leurs familles et proches. «Il n'y aura pas de réconciliation sans le règlement définitif de ce dossier», a-t-il dit. A propos de la participation aux prochaines élections locales, M. Akouchi a annoncé la tenue, la semaine prochaine, d'un sommet des trois partis de l'Alliance de l'Algérie verte (AAV).
Pour lui, le conseil consultatif de son parti, réuni en marge de l'université d'été, a opté pour «la participation en liste commune avec les deux autres partis, l'élargissement de la consultation de la base militante ainsi que la concertation au sein de l'alliance». «Nous allons trancher sur notre participation ou non aux élections locales ainsi que la forme de notre participation lors de ce sommet prévu la semaine prochaine», a-t-il précisé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouria Bourihane
Source : www.letempsdz.com