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Nécessité de la mise en place d'une fourrière canine



Les campagnes sporadiques d'abattage des chiens errants n'ont pas donné les résultats escomptés dans la wilaya de Aïn Témouchent en particulier au chef-lieu de wilaya. C'est ce que vient de conclure Kacem Abdelmoula, président de la commission de l'hygiène, de la santé et de l'environnement auprès de l'APC de Aïn Témouchent.Après une année blanche en matière de lutte contre les chiens errants, notamment avec l'absence sur le terrain de l'association des chasseurs pour des raisons inconnues, la commune vient d'organiser sa première campagne d'abattage dans la nuit du 6 au 7 décembre de cette année avec la liquidation de 17 chiens errants grâce à un groupe de patriotes qui ont été accompagnés par les gendarmes, les employés du bureau d'hygiène intercommunal et communal et des services techniques de la commune chargés du ramassage des cadavres.
L'opération a touché les différentes quartiers de la ville, dont Djawhara 1 et 2, à proximité de l'université Belhadj-Bouchaïb,haï Meziane-Mohamed, haï Zitoune, le quartier Sidi-Saïd, les cités 320-Logts et 411-Logts, et qui a été clôturée vers 2 h du matin par le centre-ville une fois débarrassé de la circulation. Selon notre interlocuteur, une autre campagne est prévue pour samedi prochain.
Cependant, ce dernier s'est dit révolté par le fait qu'en 2019 on évoque toujours des cas de décès dus à la rage à la suite des morsures d'animaux errants. Il est à signaler qu'un cas de décès a été enregistré la semaine écoulée au quartier Boukourdan (Sagla) dans la commune de Béni Saf, la victime est un père de famille âgé de 54 ans, qui a été mordu par un chien errant.
Il va sans dire que la méthode actuelle utilisée dans la lutte contre les chiens errants avec l'usage de l'arme à feu est décriée par ce responsable qui l'a qualifié de bricolage et de méthode archaïque et dépassée. "C'est vraiment très grave, car dans 95% des cas la rage est mortelle dès l'apparition des premiers symptômes. Quand la morsure est au niveau du cou la mort est subite, car le microbe touche le système nerveux.
Si la morsure est loin du cerveau, il y aura plus de chance de survivre si la victime est prise en charge correctement", a révélé M. Abdelmoula. Selon nos sources, 430 cas de morsure ont été enregistrés depuis le début du mois de janvier à ce jour dans la daïra de Aïn Témouchent qui englobe les communes de Aïn Témouchent et de Sidi Ben Adda dont 90% sont des morsures de chiens. Ce chiffre a connu une courbe ascendante en raison de l'absence de campagnes d'abattage durant cette année.
Cependant, toujours selon nos sources, une moyenne annuelle de 15 à 20 décès sont enregistrés au niveau national suite à des morsures d'animaux enragés, 900 cas de rage animale enregistrés annuellement et 120 000 cas de morsure enregistrés chaque année à travers le territoire national. L'exemple de la wilaya de Tiaret est le plus frappant puisqu'elle a enregistré jusqu'au mois de novembre 1200 cas de morsure.
"Il faudra arrêter le bricolage et mettre en place une fourrière canine intercommunale qui ne nécessite pas de gros moyens, juste un véhicule aménagé, deux agents formés à Alger, un terrain de 400 m2 qui abritera cette fourrière qui doit être gérée selon le mode d'organisation et de fonctionnement adéquat", a-t-il indiqué tout en ajoutant que "le vaccin coûte très cher au Trésor public, notamment lorsqu'il s'agit d'une vaccination de masse".
M. Abdelmoula a appelé ceux qui ont le pouvoir de décision au niveau local d'accorder une attention particulière à la lutte contre la rage et d'en faire une priorité, rappelant au passage le récent atelier organisé en octobre dernier par le ministère de la Santé publique et de la Réforme hospitalière, consacré à l'élaboration d'un plan national stratégique de lutte contre ce phénomène épidémiologique qui s'étale jusqu'à l'horizon 2030 avec comme objectif zéro décès.

M. LARADJ
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