
LE Salon international du livreprend fin aujourd'hui.Malheureusement. Comme tou-tes les belles histoires, il y a toujoursune fin au bout. Dix jours durant, nousnous sommes réconciliés avec les livres,et pour certains réappris à lire ne serait-ce que par mimétisme, histoire d'être enphase avec l'événement et approcher lecénacle des gens du livre.On ressentdéjà la nostalgie de devoir attendre uneannée pour une autre immersion dansl'encre et le papier. Oui, hélas, la lec-ture est le «produit» le moins partagéchez nous et le sport des méninges lemoins pratiqué. L'acte ou le reflexe delire qui aurait dû être un passe-temps,est devenu un luxe y compris chez cer-taines catégories professionnelles pourqui la mise à niveau intellectuelle estpourtant une exigence indépassable.On dit qu'un peuple qui lit est un peu-ple qu'on ne peut pas asservir. C'est tel-lement vrai ! Quand on observe notrearriération intellectuelle et notre déca-dence culturelle très perceptibles dansnos échanges et nos comportements, onse dit que nous méritons tout ce quinous arrive. C'est presque un détermi-nisme dont on a du mal à en sortir. Unesociété savante aspire naturellement aumieux. Elle cultive l'excellence et senourrit des expériences des autres ententant des transpositions bénéfiquespour le rayonnement national. Le Saloninternational du livre est de ce point devue là, une opportunité magique offerteen format grandeur nature pour jugernotre niveau et jauger nos attributsintellectuels par rapport à ce qui se faitde mieux de par le monde. Le Salon nepeut être réduit à une foire de vente delivres au sens vulgaire du terme. C'estun grand moment d'immersion dansl'univers des mots et des lettres. Quelbonheur que de se voir dédicacer unroman par l'auteur himself ! Ne ressentce doux plaisir que celui qui a suc-combé aux charmes de la lecture. Forceest de constater que les foules impres-sionnantes qui ont afflué au SILAdurant ces dix jours, sont inversementproportionnelles à l'intérêt porté à laculture générale et à la lecture en parti-culier. Aux pins maritimes, il y a eu desmilliers de personnes venues bronzer ausoleil, et autant pour «tuer» le temps àerrer sans trop savoir pourquoi ilsétaient là. Pour beaucoup, c'est unesorte d'agora où l'on peut tout faire ycompris causer tranquillement avec unami au milieu de ce beau monde. AAlger, et sans doute partout ailleurs, iln'y a pas assez d'espaces publicsaccueillant aux amateurs de petitesévasions. Le SILAest pour eux davan-tage une aubaine sociale et psychologi-que que culturelle. Tant pis pour la lec-ture et tant mieux pour le décor? Lespouvoirs publics doivent jeter la lecturedans la rue. Il y a un grand travail depédagogie à faire pour instiller ceréflexe dans les esprits des élèves. C'estlà que commence la «fabrication» d'unbon citoyen et non pas dans des mos-quées «salafisées» où le lavage des cer-veaux prend le dessus sur la saine nour-riture cérébrale. L'Etat doit donc multi-plier le SILApar dix voire par cent. Ildoit institutionnaliser ce genre des ren-dez-vous dans toutes les wilayas pourrapprocher les Algériens des livres. Leministère de la Culture doit se convain-cre que celle-ci ne se limite pas auchant et à la danse et autres festivalsbas de gammes où l'on engloutit desmilliards de dinars. Faisons donc ensorte qu'avec la fin du SILA, on ne vapas tourner la page jusqu'à l'année pro-chaine. Pour l'amour des livres.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H M
Source : www.letempsdz.com