
La chef Nawel Amaoui est bien partie pour devenir incontournable dans le domaine de l'art culinaire. Elle a choisi la cuisine algérienne pour mieux exalter ses talents.Durant sa petite enfance, Nawel Amaoui a vécu dans plusieurs villes et en garde de très beaux souvenirs, comme à Miliana où elle découvre le potager de sa mère, Djamila. Dans ce lopin de terre, sa maman cultivait des légumes, des agrumes et des aromates. «Tout était fait maison», rappelle Nawel. Née en 1982 à Alger, Nawel a toujours eu le goût des saveurs du terroir. «Pendant mes années de lycée, j'ai vécu chez ma grand-mère maternelle Meriem, auprès de laquelle j'ai appris les secrets de la cuisine.Mes tantes, bien que très actives, avaient très à c?ur l'art de la cuisine», se rappelle-t-elle. «Il faut savoir que la cuisine de ma grand-mère était faite à base de légumes, souvent sans viande. Elle y mettait beaucoup d'amour, ses plats étaient très appréciés. Sa salade à base de poivron, d'oignon, de tomate et d'huile d'olive gagnait le c?ur de tous. C'est simple, elle nous a appris à manger des produits sains.» Le bio est une tendance naturelle dans la famille de Nawel, ce qui lui a donné envie de poursuivre les traditions.«Tout les lundis, on courait chez elle déguster une kesra, sa salade de poivron, un repas modeste, accompagnée de l'ben, sain et riche.» Nawel est une jeune femme instinctive qui, sans complexe, puise dans le terroir algérien pour en retirer le meilleur. D'ailleurs, elle se souvient de son autre grand-mère, paternelle, qui suivait un régime alimentaire strict. «Ma grand-mère paternelle ne cuisinait pas. Pourtant, elle avait un régime très précis ; le matin elle prenait du café, du fromage, du pain, de la confiture et des fruits. A midi, elle mangeait une salade et une viande, le soir elle avalait un bol de soupe. Elle évitait de mettre des épices dans sa cuisine.»Cuisine du mondeOn serait tenté de croire, à l'ère de la restauration rapide et de la cuisine du monde, que c'est un régime sévère, pourtant il a permis à la grand-mère du chef Nawel de rester en très bonne santé ! Avec ses allures de grande dame, son franc-parler et sa volonté de faire toujours mieux, Nawel a été la révélation de ces dix dernières années en matière d'art culinaire. Le travail ne lui a jamais fait peur. «Au départ, mon objectif n'était pas de faire de la cuisine, car je travaillais déjà dans le domaine du marketing. Mais j'ai très vite eu envie d'explorer le monde culinaire en commençant par étudier à l'école de cuisine de Mme Laifaoui, à Alger-Centre.J'y suis restée sept ans, apprenant les rudiments de la cuisine, jusqu?à ce que j'occupe le poste d'assistante du professeur», précise-t-elle. Son inspiration est à portée de main. Nawel a su garder le cap puisqu'elle se formait et au même moment elle accédait au poste de directrice commerciale. Elle n'avait que 26 ans. Jeune entrepreneure, Nawel n'a d'autre ambition que de mettre en avant sa culture, ses talents et aller de l'avant.Elle a été la star de la cuisine pendant le mois de Ramadhan sur la chaîne Nessma TV, où elle a gagné un public fidèle à sa cuisine, à sa bonne humeur et à son sourire. Nawel a reçu par la suite plusieurs invitations à participer à des compétitions culinaires dans différents pays. Pour la jeune femme, il est grand temps que «la cuisine algérienne soit représentée de manière permanente dans les grands événements organisés toute l'année. C'est dommage de ne pas voir notre cuisine voyager d'un pays à un autre. Nous avons un riche potentiel».ModernitéSi l'on suit le parcours de Nawel, on risque de se perdre dans le classement de ses compétences, ses diplômes et ses concours. On serait tenté de penser qu'elle est venue à la cuisine par hasard ! Même son recrutement à Air Algérie a été particulier. «En 2011, j'accompagnais mon cousin à la direction d'Air Algérie.Après la discussion, le cadre de la compagnie qui nous a reçus a fini par m'offrir ma chance. C'est ainsi que j'ai débuté au service catering de la compagnie. Je suis chargée de suivre un groupe de cuisiniers pour la préparation des repas destinés aux VIP, y compris pour d'autres compagnies internationales», explique-t-elle, en rappelant que ce n'est pas toujours aisé de travailler dans un milieu où les hommes sont majoritaires. «Chez nous, en Algérie, il n'y a pas un secteur où les femmes et les hommes sont égaux en matière de recrutement.Je crois que c'est aussi le cas dans d'autres pays. Pour ma part, je travaille au sein d'une équipe avec laquelle j'ai beaucoup appris. Mes collègues m'estiment car ils savent que je vais jusqu'au bout de mes idées, qu'ils respectent volontiers», dit-elle. A la table de Nawel, ce n'est pas un simple repas qui vous attend mais un véritable voyage dans nos saveurs authentiques.Elle conçoit une cuisine créative, où chaque plat se construit autour d'un légume, d'une épice? quelquefois les deux. De par sa cuisine instinctive, Nawel compte bien faire découvrir son savoir-faire au-delà de nos frontières. Et démontrer que la femme algérienne est attachée aux habitudes culinaires et n'est certainement pas outrageusement noyée dans la modernité.La sympathique chef est membre fondateur de plusieurs organisations, notamment l'Académie culinaire algérienne, la Fédération algérienne des métiers de bouche, l'Union africaine des xuisiniers, l'association El Karama pour la protection du patrimoine culinaire et vestimentaire algérien, le Réseau algérien des femmes d'affaire, Team Manager de l'équipe algérienne de Boulangerie lors de la coupe d'Afrique a Casablanca (Maroc), et ambassadrice pour la promotion et l'émancipation de la femme Africaine cuisinière en Afrique et dans le monde.En 2016, Nawel a été retenue parmi 1000 jeunes femmes du pourtour de la Méditerranée par le prestigieux programme de Sciences-Po Paris Femmes d'avenir en Méditerranée. L'avenir de la chef est déjà bien tracé : Nawel ambitionne d'écrire un livre surprenant, où les variétés de la nature s'inviteront généreusement à notre table.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Faten Hayed
Source : www.elwatan.com