
Outrepassant un arrêt de la Cour d'Alger intimant l'ordre de ne pas procéder au paiement d'un fournisseur étranger qui n'a pas tenu ses engagements contractuels, la banque française Natixis a, en toute illégalité, effectué au profit d'un indélicat exportateur allemand un virement d'environ 2 millions d'euros correspondant au montant de l'équipement fourni à l'entreprise algérienne Dekorex.Cette dernière a, pour rappel, importé au moyen d'un crédit à moyen terme accordé par la banque Natixis et, selon la formule consacrée du Crédoc, des équipements industriels destinés à moderniser et à accroître les performances productives de son usine de produits d'hygiène et de plastique située dans la zone industrielle de Rouiba.Dès que le constat de non-respect des engagements contractuels fut établi, le propriétaire de l'entreprise convoqua le fournisseur pour lui faire part des graves manquements aux exigences clairement mentionnées dans la lettre de crédit. Refusant de répondre aux convocations qui lui furent adressées, le patron de Dekorex comprit vite qu'il a été victime d'une arnaque et se dépêcha de saisir la Cour d'Alger qui statua en sa faveur en rendant, le 28 juillet 2010, un arrêt sans équivoque ordonnant à la banque Natixis-Algérie de ne pas transférer les fonds au profit de ce fournisseur qui n'a effectivement pas rempli ses engagements contractuels.Refusant d'obéir à cette injonction de la justice algérienne, Natixis effectue en toute illégalité le transfert de fonds par le truchement de la banque mère installée en France (Paris). Et c'est ainsi que l'entreprise Dekorex, une des plus anciennes entreprises industrielles privées algériennes qui employait plus de 700 travailleurs et réalisait plus d'un milliard de dinars de chiffres d'affaire par an, entama progressivement sa descente aux enfers qui la mènera à une totale cessation d'activité.Les travailleurs qui disposaient d'un réel savoir-faire dans la délicate fabrication de produits d'hygiène furent licenciés et la banque Natixis, refusant toujours d'appliquer l'arrêt rendu par un tribunal d'un pays souverain persiste, comme si de rien n'était, à exiger le remboursement du crédit et des intérêts liés au financement qu'elle avait accordé à l'entreprise. Sous la pression de la justice et de certains médias algériens, la direction de Natixis-Algérie avait accepté le principe de négocier un nouveau business plan qui permettrait à l'entreprise de relancer l'activité de son usine de Rouiba.Le projet de plan de redressement suggéré par la banque devait notamment consister à financer la mise en service des équipements importés et le fonds de roulement correspondant. A peine entamées, les négociations furent abandonnées, sans doute, en raison de la mutation du PDG et de certains hauts cadres de Natixis-Algérie qui maîtrisaient parfaitement le dossier.Le départ de ces derniers n'arrêtera malheureusement pas les harcèlements de la banque française qui viennent d'atteindre leur point culminant avec la notification officielle d'une vente aux enchères d'un important actif de la Sarl Dekorex. La faillite est ainsi indirectement signifiée à cette société sans aucun respects pour la justice algérienne qui avait pourtant clairement interdit à la banque Natixis de payer le fournisseur défaillant et, plus grave encore, en passant outre les procédures réglementaires de saisies d'actifs prévues par le code de commerce algérien.Ayant eu vent de cette notification, une personne malintentionnée très proche de la banque concernée aurait déjà commencé à intimider certains membres de la famille du propriétaire dans le but évident de monnayer des informations susceptibles d'éviter à l'entreprise la vente aux enchères programmée, apprend-on de bonne source.On se pose alors la question de savoir pourquoi les autorités concernées en premier chef par cette grave affaire que sont, en l'occurrence, le ministère de la Justice et la Banque d'Algérie ne réagissent pas ' Le premier pour défendre la souveraineté judiciaire du pays, et le second pour interpeller les banques étrangères qui refusent de se soumettre aux règles prudentielles algériennes en vigueur. Ces institutions sont pourtant parfaitement au courant de ces graves dépassements qui ont causé de graves difficultés, et dans de très nombreux cas la faillite de centaines d'entreprises algériennes de production.C'est pourquoi les chefs d'entreprise victimes de ces pratiques déloyales interpellent notre ministre de la Justice quant à la stricte application par les banques étrangères, aux premiers rangs desquelles Natixis, des arrêts rendus en toute souveraineté par les tribunaux algériens. C'est la moindre des actions à entreprendre pour signifier aux parties concernées la puissance et la souveraineté de la Justice algérienne.Ils interpellent également le gouverneur de la Banque d'Algérie à qui ils demandent d'assumer pleinement la mission de contrôle des banques en activité et, notamment, les banques étrangères qui avaient, faut-il le rappeler, engrangé en 2014 pas moins de 1,2 milliard de dollars de bénéfices, essentiellement tirés de la formule ruineuse et permissive aux dérives mafieuses que fut le crédit documentaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nordine Grim
Source : www.elwatan.com