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"Naître à la mort", un essai philosophique de Farid Abache



L'ouvrage, que l'auteur promet de publier prochainement en Algérie, est une invitation à tout un chacun à trouver sa passion, ses passions, les cultiver, s'y livrer fiévreusement, afin de calmer son esprit taraudé par l'ennui, l'éphémère, l'illusion du bonheur...Le poète, écrivain et chanteur Farid Abache vient de publier chez Spinelle Editions, en France, Naître à la mort, un essai philosophique que tout un chacun devrait lire. L'auteur rappelle dans cet essai qu'à chaque fois que l'on enfante, nous donnons naissance à un être déjà disposé à mourir. À partir du premier jour, l'Homme est un malade en phase finale ; tout ce qui vient après est un cheminement vers la mort, qui est la seule destination de l'humain.
Et c'est l'unique certitude que l'Homme possède. "Naître à la vie, pas sûr ; naître à la mort, c'est certain (...)", introduit ce diplômé en philosophie de l'Université d'Alger. "De toutes les définitions de la vie développées par les philosophes au fil des siècles, celle qui semble résumer le mieux sa propre acception est celle, bizarrement, de Woody Allen", a-t-il écrit, tout en poursuivant : "La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible." Cette définition est le pivot de cet essai, qui se décline en deux parties.
Dans la première partie, le symptôme de cette maladie : l'illusion du bonheur. Malheureusement, dès que nous l'atteignons, le plaisir s'évapore ; et une sorte de monotonie prend vite le dessus et l'on retombe dans le train-train quotidien. Autre symptôme, celui d'être happé par le caractère éphémère et irréversible de la vie. Les instants filent vers le passé dès qu'ils surgissent. On attend demain, et à peine arrive-t-il qu'il est aspiré par le "siphon" du temps.
Et puis, cette question : quelle est la finalité de la vie ' Nous sommes tous comme Sisyphe, suggère-t-il, qui est condamné à rouler une pierre jusqu'en haut de la montagne ; dès qu'il y arrive, la pierre lui échappe des mains, dégringole jusqu'en bas... Autre symptôme, l'ennui. C'est le grand ennemi de l'Homme. Mais l'un des symptômes les plus notables est la vieillesse. Assister à la dégénérescence de soi, à l'effritement de ses potentialités, au désagrégement de sa personne... Souffrance de l'être qui se décompose alors qu'il est encore "vivant".
La seconde partie de l'ouvrage essaie de passer en revue les traitements palliatifs que les malades "condamnés" ? que nous sommes tous ? s'inoculent, se prescrivent ou se font prescrire afin de "bien vivre" ou de "bien mourir". Parmi ceux-là, l'essayiste citera la religion. L'Homme anxieux préfère échapper à la situation d'angoisse extrême et invente une force suprême, qui a tous les attributs susceptibles d'élucider tous ses mystères. Les arts jouent également un rôle : "Les arts sont une sorte de catharsis qui permet à l'homme d'extérioriser ses malheurs, de se libérer de ses peurs et tourments."
D'autres tentent, quant à eux, de se calmer en s'adonnant à tant de potions dont la vertu est de permettre à l'esprit de s'évader, de voguer vers des prairies de fantasmes et de rêvasseries... Baudelaire, Gautier et tant d'autres poètes s'adonnent au haschisch et autres drogues pour s'offrir des évasions mirifiques. Le travail est aussi une occupation qui permet à l'esprit d'échapper à l'ennui, au spleen et d'alléger les symptômes du mal de vivre.
L'essai Naître à la mort est une invitation à tout un chacun à trouver sa passion, ses passions, les cultiver, s'y livrer fiévreusement, afin de calmer son esprit taraudé par l'ennui, l'éphémère, l'illusion du bonheur, l'absurde, la vieillesse et tant de manifestations symptomatiques de cette maladie qu'est "vivre". L'auteur nous a affirmé, hier, qu'il ferait tout pour que le livre soit publié en Algérie.

M. Ouyougoute
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