
-Pourquoi l'Etat a acheté Djezzy 'L'achat de Djezzy ne répond pas à une stratégie industrielle, mais à un impératif financier. L'Etat nationalise 51% des dividendes futurs d'OTA qui ne grèveront pas la balance des paiements du pays qui va être mise à mal dans un proche avenir en raison de la détérioration de la balance commerciale du pays. Pour appréhender l'importance de ce poste dans la balance des paiements, il faut rappeler que cet accord de cession va libérer au profit de OTA /VimpelCom 1,86 milliard de dollars de dividendes cumulés de 2009 à 2013 et qui seront transférés à OTH. En outre, l'Etat, grâce à sa majorité absolue dans le capital d'OTA, pourra, par son représentant (FNI), peser sur les décisions stratégiques en matière d'investissement et d'allocations de ressources au conseil d'administration.-Quelle valeur ajoutée pour l'Etat 'L'Etat vient d'investir dans l'une des entreprises les plus rentables du pays. Il va certes payer pour 51% du capital un prix (2,64 milliards de dollars) nettement plus élevé que celui qu'il voulait imposer pour 100% du capital en 2009, soit 2,5 milliards de dollars. La valorisation finalement acceptée par l'Etat, correspondant à 5,6 fois, est équitable. Il aura fallu de longues négociations et la menace du recours à l'arbitrage international qui devait débuter le 21 avril pour que l'Etat accepte la valorisation standard pour ce type de transaction. Ce que l'Etat voulait débourser pour 100% du capital, il le fera pour 51% ! En termes patrimoniaux, l'Etat ne fait pas une mauvaise affaire en achetant 51% d'un actif rentable comme Djezzy. Cela pourrait s'analyser comme une stratégie de portefeuille par l'intermédiaire du FNI. Il a souvent été reproché à l'Etat de ne pas avoir de stratégie patrimoniale dans la gestion des réserves de change. Il s'agit peut-être d'un début?-Que va-t-il faire de Djezzy alors qu'il a déjà Mobilis 'L'Etat laissera la gestion opérationnelle de Djezzy à WimpelCom. C'est dans l'intérêt de l'entreprise et celui de l'Etat ! La prise de contrôle capitalistique de Djezzy par le FNI n'a pas pour objectif la gestion effective de l'entreprise, mais le contrôle des décisions stratégiques en conseil d'administration (politique d'investissement, choix stratégiques, politique de distribution des dividendes?). L'Etat se comportera comme un investisseur financier. Il a moins de compétences opérationnelles que les gestionnaires actuels de l'entreprise. Un accord de confidentialité sera sûrement mis en place pour l'Etat et ses représentants (FNI) pour que les informations recueillies en conseil d'administration d'OTA ne fassent pas perdre des avantages compétitifs à Djezzy par rapport à Mobilis !-Pensez-vous que l'Etat fusionnera Djezzy et Mobilis pour créer une seule entité ou alors revendre Djezzy à un privé national ou étranger 'Il n'y aura pas de fusion Djezzy et Mobilis et tant mieux pour la téléphonie mobile en Algérie ! Pour ce faire, il aurait fallu que l'Etat acquiert 100% du capital et qu'il ait une stratégie industrielle, mais ce n'est pas le cas ! Le FNI va conserver cette participation en portefeuille. Une vente partielle en Bourse d'Alger pourrait se concevoir, avec éventuellement des «gros porteurs nationaux», mais une cession à un professionnel étranger ne peut pas être envisagée en raison des problèmes de cohabitation avec l'opérateur actuel !-Au-delà du coût de 2,6 milliards que l'Etat a payé, est-ce que l'Etat n'est pas perdant compte tenu du fait qu'il a vendu la licence à 700 millions de dollars 'L'Etat a vendu une licence et rachète la majorité absolue d'une des entreprises les plus rentables du pays. Djezzy, ce sont la licence et la création de valeurs depuis l'origine de la société. L'Etat n'a rien perdu dans ce processus. Il a vendu un actif à exploiter, il rachète la valorisation et le développement de cet actif. Il n'avait aucune obligation à le faire. La question sous-entendue est la suivante : l'Etat en son temps a-t-il «correctement» vendu la licence de téléphonie au prix de 700 millions de dollars, même s'il l'avait sous-estimée ' Il en récupère aujourd'hui 51% dans une entreprise qui a su l'exploiter efficacement !-Cette décision de rachat est-elle donc économiquement rationnelle 'La finalité de cette opération n'est pas économique au sens industriel, mais elle a un rationnel financier.-L'Etat est-il finalement perdant ou non dans cette affaire 'Toute chose étant égale par ailleurs, l'Etat ne perd rien dans cette opération. Il a payé le prix «normal» pour un actif de cette qualité ; en plus, il n'aura pas à prendre le risque de sa gestion opérationnelle ! La véritable question serait : n'y avait-il pas mieux à faire avec les 2,6 milliards de dollars.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nassima Oulebsir
Source : www.elwatan.com