Alger - Revue de Presse

Mystère budgétaire



Il est une situation pour le moins étrange dans le pays qui se résume à concevoir à la fois un déficit budgétaire et une épargne budgétaire dans une même loi de finances. Il s?agit d?une singularité qui reste aujourd?hui encore sans réponse tant et si bien qu?elle suscite la curiosité de nombreux politiques et observateurs de la scène nationale. Le projet de loi de finances pour 2008 reconduit la même politique. Ce document annuel définit toutes les grandes orientations économiques et sociales de l?Exécutif. Il reprend l?impénétrable principe de 19 dollars le baril de pétrole sur lequel est basée l?élaboration des dernières lois de finances alors que le prix moyen du brut, bon an mal an, fut de trois fois plus cher. Dans les textes de la LF 2008, par exemple, il est prévu un prix moyen qui avoisine les 70 dollars, et ce, compte tenu de l?évolution prévisionnelle du marché international. Certains députés de l?APN comptent parmi les dubitatifs sur cette question. Ils en sont encore à se demander pourquoi ce niveau pour le calcul de la loi de finances quand le gouvernement, lui, avance d?autres arguments. Grand mystère. Le ministre des Finances affirme, pour sa part, qu?en réalité ladite loi de finances est fondée sur un prix de 70 dollars. Avant lui, Mourad Medelci fut le premier à s?être prêté au même exercice en affirmant en 2005 que la loi de finances était réellement basée sur 43 dollars. Pourtant, à côté de ces doutes formulés à l?endroit du gouvernement sur le manque de transparence dans la confection d?une loi qui reste un document politique par excellence, une certitude. Celle-ci est liée au fait que les 19 dollars le baril de pétrole brut est retenu par le gouvernement comme une donnée inchangée pour la période quinquennale 2005-2009. Certes, le gouvernement a la responsabilité de ses choix. Encore l?a-t-il seulement devant ces députés qui demandent des explications sur une question qu?ils devront voter. En réalité, le gouvernement reste silencieux sur cela tant qu?il ne dit pas pourquoi concevoir un déficit budgétaire fictif (artificiel) lorsqu?on est réellement en état d?excédent budgétaire. Peut-être que l?ex-DG du FMI le dit-il, lui, quand il nous déclara fin novembre 2005 à Alger que « la réduction de la dette publique est un besoin pour le pays ». Car n?est-ce pas à cela qu?est destinée l?épargne budgétaire ! Mais si tel était le cas, la dette publique reste insignifiante à l?heure actuelle tandis que le Fonds de régulation des recettes contient quelque 44 milliards de dollars. Il ne reste plus qu?une autre loi de finances pour 2009. Est-ce un hasard de calendrier si cette année coïncide avec la fin du projet de réforme du système budgétaire que la Banque mondiale prépare pour l?Algérie. Serait-ce l?ère de la transparence budgétaire qui commence ? Qui a dit que « toute vérité est dans ce qu?on cache ! »
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