Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) a réuni, ce week-end à Zéralda, son majliss échoura (conseil consultatif) en session ordinaire avec comme ordre du jour les prochaines élections et l'avenir du parti au sein de l'Alliance présidentielle et, donc, du gouvernement.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Et c'est à travers ce deuxième point que l'ex-Hamas, fidèle à ses habitudes, a voulu entretenir un faux suspense en faisant croire à la possibilité d'un retrait du parti du gouvernement d'alliance où il siège depuis 1997. Depuis quelque temps déjà, le président du parti, Aboudjerra Soltani, tente de se distinguer par un discours d'un parfait opposant. Une attitude opportuniste pour le successeur de Nahnah mais qui ne dupe personne. Même certains cadres du parti n'ont pas manqué de signifier leur opposition au discours nouveau de Soltani. On évoque ainsi de sources proches du parti la dégradation des relations entre le président du parti et ses ministres, particulièrement celui du Commerce, Mustapha Benbada. Ce dernier n'était d'ailleurs pas présent hier, vendredi, à la cérémonie d'ouverture des travaux de la session du majliss échoura. «Tout le monde sait que le MSP ne veut, ni ne peut se permettre de quitter l'Alliance et surtout le gouvernement. L'entrisme est une doctrine chez le mouvement des Frères musulmans dont fait partie le MSP. C'est d'ailleurs ce qui a permis au parti du défunt Mahfoud Nahnah de survivre aux crises qui ont fait éclater tous les autres partis islamistes en Algérie.» Cette analyse est celle d'un observateur bien au fait des rouages de la maison MSP. «Ce que craint, en réalité, Aboudjerra, c'est que le pouvoir sollicite le nouveau parti de Abdelmadjid Menasra, qui obtiendra certainement son agrément, pour compléter le puzzle gouvernemental. Auquel cas, cela se fera au détriment du MSP, forcément.» C'est ce qui explique la surenchère de Soltani de ces derniers mois. Une attitude qui rappelle étrangement celle de Mahfoud Nahnah qui faisait de même à l'approche de chaque échéance importante en vue de mieux négocier ses quotas. Tant parlementaires que gouvernementaux. Et même dans les différentes nominations aux fonctions étatiques ou dans l'administration. Il faut rappeler que le concurrent immédiat du Hamas à l'époque était le parti Nahdha de Lahbib Adami qui faisait partie de la coalition gouvernementale formée sous Zeroual, déjà. Hier vendredi, à l'ouverture des travaux de la session du madjliss échoura, Soltani n'a d'ailleurs à aucun moment fait allusion à un possible retrait du gouvernement. Se sachant attendu sur ce point précis, l'homme préfère déplacer le débat vers «les réformes politiques » et les prochaines élections législatives. Et pour se sortir indemne de la fausse polémique qu'il avait créée, il mise sur l'effet d'annonce en appelant à la constitution d'un «front national contre la fraude électorale». Ceci, au moment où le président du madjlis échoura, Abderazzak Saïdi, recadre déjà la position du parti via une déclaration faite sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale en affirmant le soutien renouvelé du MSP «au programme du président de la République». No comment !
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com