Les saccages qui ont touché aux symboles de l'Etat malien à Kidal renvoient l'image d'un pays très loin de la réconciliation tant clamée officiellement et que l'accord conclu en 2015 peine à imposer comme seul choix pour sortir le Mali de la crise.De graves incidents ont émaillé une manifestation de dizaines de personnes mercredi dans la capitale du nord du Mali, Kidal, lors de laquelle le drapeau malien a été brûlé et des édifices publics de l'Etat saccagés, a rapporté hier la presse locale. "Plusieurs dizaines de manifestants ont brulé le mercredi 17 juillet le drapeau malien et attaqué des symboles de la République à Kidal", lit-on sur le site de Studio Tamani. "Cet incident fait suite à une manifestation organisée par des jeunes de la ville", a-t-on précisé, soulignant que ces incidents sont intervenus "au moment où une délégation de députés maliens séjournait sur place". Peu médiatisés, ces incidents n'ont pas manqué toutefois de faire réagir fermement la médiation internationale, en charge de la mise en ?uvre de l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger. "La Médiation internationale et son chef de file l'Algérie ont suivi avec indignation et consternation les évènements inadmissibles survenus dans la ville de Kidal le 17 juillet 2019 lorsqu'un groupe de manifestants a délibérément saccagé et vandalisé les symboles de l'Etat notamment en mettant le feu au drapeau national", lit-on dans un communiqué rendu public par la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), tard jeudi soir, appelant les responsables de l'ex-rébellion à "jouer un rôle responsable" dans cette ville à dominante touarègue. "La Médiation internationale prend acte des déclarations de condamnation des parties maliennes. Elle appelle la CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad, ex-rébellion, ndlr) à jouer un rôle responsable pour un meilleur encadrement des populations". C'est la première fois que la Minusma use d'un ton aussi tranchant avec la CMA qu'elle a exhortée d'ailleurs à respecter ses engagements quant à "la facilitation du retour effectif des symboles de l'Etat (malien) dans la région de Kidal". Réagissant à ces incidents, le gouvernement de Bamako a demandé "aux acteurs de l'accord pour la paix de conjuguer leurs efforts pour faire cesser de tels actes qui n'honore pas la nation", lit-on dans l'extrait du communiqué rendu public jeudi. Les saccages qui ont touché aux symboles de l'Etat malien à Kidal renvoient en effet l'image d'un pays très loin de la réconciliation tant clamée officiellement et que l'accord conclu en 2015 peine à imposer comme seul choix pour sortir le Mali de la crise.
Dans les coulisses du dialogue, les Touareg affirment avoir négocié cet accord sous la contrainte, parce que les rapports de forces entre 2013 et 2015 étaient en leur défaveur. Parmi les plus radicaux au sein de la CMA, le rêve d'un Azawad indépendant du reste du Mali est toujours là. En l'absence d'une réelle avancée dans la mise en ?uvre de l'accord d'Alger, le retour à la case départ n'est pas à écarter, dans un contexte local et régional qui favorise le vide politique et le chaos sécuritaire au Mali.
Lyès Menacer
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes Menacer
Source : www.liberte-algerie.com