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Mohamed Raouraoua a des atouts à faire valoir Membre du CE de la FIFA et la CAF et vice-président de l'UAFA



Mohamed Raouraoua a des atouts à faire valoir Membre du CE de la FIFA et la CAF et vice-président de l'UAFA
Il est l'un des rares présidents de nos fédérations nationales à avoir pu se frayer son chemin vers les instances suprêmes du sport mondial. Réélu le 7 mars, plébiscité même, par applaudissements, à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, venait de remporter un troisième mandat à la tête de l'instance du sport roi. Une juste reconnaissance pour un homme dont les qualités et les compétences lui ont valu une place dans l'empire du football international présidé par le Suisse Sepp Blatter où il gravira un à un les échelons qui le mèneront là où il est, en haut de la pyramide. En sa qualité de membre du Bureau exécutif au sein de la (FIFA), l'Algérien est le 2e africain avec l'Ivoirien Jacques Anouma à être un membre du comité exécutif de l'instance depuis le 3 février 2011. Une place qu'il occupe même au CE de la Confédération Africaine de Football (CAF). Un nouveau bail qu'il avait obtenu au mois de mars dernier aussi. Un mois qui semble porter chance au natif de la Casbah qui ne rechigne pas sur l'effort afin de porter le jeu à onze vers l'avant et le remettre sur le devant des concerts des nations. La mission de M. Raouraou n'a pas été, et ne sera pas, toujours facile dans un pays où le football confirme comme jamais son statut de grand malade pour lequel il est difficile de trouver les remèdes même si les diagnostics, souvent pertinents, clairs comme l'eau de roche, ne manquent pas. Malgré les efforts de la fédération pour développer le sport et le hisser au niveau d'autres pays africains, dont les clubs ou les sélections brillent lors des grands rendez-vous continentaux, le vice-président de l'Union Arabe de Football (UAFA) tente, tant bien que mal, de venir en aide à des présidents qui
semblent, ou font exprès, d'avoir du mal à appliquer les différents règlements de la professionnalisation. Une campagne que l'homme fort du foot algérien a lancée il y a trois années et qui doit faire face à un amateurisme à la peau dure. Ceci dit, M. Raouraoua a pris de l'avance en tentant de mettre en place une compétition professionnelle sur deux paliers la D 1 et la D 2 dès qu'il a su que la FIFA
n'accepterait plus de garder sous son aile les fédérations dont le football n'a pas été «professionnalisé.» L'instance de Blatter avait fixé l'année 2014 comme dernier délai pour que les clubs des différents pays qui y sont affiliés pour le changement de statut et de se débarrasser de la casquette d'amateur, toujours en cours malheureusement à cause des mentalités et d'une tendance incroyable à l'assistanat, à celui de professionnel effectif seulement dans le discours et les salaires ahurissants que perçoivent des joueurs qui ont
tout à apprendre.

Reculer pour mieux sauter
Conscient du risque qu'encourt le football algérien, M. Raouraoua a, sans doute, dû faire ce constat désolant.
Le football algérien n'avance plus notamment dans le domaine de la gestion. Entre «banditisme», affairisme et intérêts personnels, l'amateurisme perdure au grand dam d'un homme qui doit faire face à une gestion des plus hasardeuses et qui empêche le sport le plus populaire au monde de faire ce bond qualitatif vers l'avant qu'il espère. Des incohérences dans le système de fonctionnement qu'il n'a pas manqué de relever dernièrement en déclarant : «On ne peut pas créer une SSPA avec un capital d'un million de dinars et en imposant le Club sportif amateur comme actionnaire à hauteur de 75% dans la société. C'est insensé.» En outre, il avait «sommé» les clubs ne pouvant pas assumer la formule «pro» de revenir au statut d'amateur. En clair, reculer pour mieux sauter. Une course contre la montre qu'il ne considère pas comme perdue malgré le retard accusé et le temps que prend la professionnalisation à se faire une place dans un entourage footballistique étouffant où le bout du tunnel semble loin. Avec ces carences et les nombreux problèmes financiers qui rongent les clubs. Des dettes qui s'entassent du côté de la Caisse nationale d'assurance sociale (Cnas) ou encore des clubs qui refusent d'ouvrir les capitaux de la Société sportive par actions (Sspa). Le possible ou très probable successeur d'Aissa Hayatou à la tête de la CAF, tente de trouver les solutions qu'il faut. Il avait ainsi proposé aux présidents de clubs de verser la seconde tranche de l'aide de 25 millions de dinars, octroyée par l'Etat, à la Cnas afin de diminuer les arriérés impayés. Beaucoup d'écueils donc mais de bonnes intentions. Si l'homme fort du siège de Dely Brahim n'a pas perdu sa lucidité après 3 ans du début de cette mission périlleuse, c'est qu'il n'est pas à court d'idées pour mener à bien son plus grand projet. C'est-à-dire faire un championnat professionnel en bonne et due forme et de donner un nouveau souffle à une discipline malade avant tout de ses hommes, même s'il ne faut pas occulter l'épineux problème de sources de financement se tarissant à vue d''il avec des investisseurs potentiels difficiles à «convaincre» de suivre l'exemple des frères Haddad dont tout a salué l'arrivée aux affaires d'un sigle prestigieux comme l'USM Alger.

Son coup de génie au Bahamas
Nadir Belhadj, Antar Yahia, Karim Ziani et les d'autres. D'anciens internationaux de l'équipe de France dans les catégories jeunes devenus les idoles de tout les jeunes algériens un soir du 18 Novembre 2009. Une qualification historique en Coupe du Monde après
24 ans d'absence. Au plus mal, le football national ne formait plus des Madjer, Belloumi, Assad et autres. C'est alors que de Raouraoua jaillira la lumière avec une idée qui changera le cours des choses.
Le N°1 de la FAF, qui sortira alors de sa manche une idée lumineuse, peut désormais se targuer d'avoir permis à des centaines de jeunes joueurs de porter le «maillot du c'ur» après avoir représenté leur pays d'adoption, en faisant voter, fin mai 2009 aux Bahamas, une nouvelle disposition concernant les binationaux lors du congrès de la Fédération internationale de football (FIFA). Cette dernière va
permettre aux joueurs ayant évolué avec les U15 ou U17 de leur pays d'adoption, d'endosser le maillot national de leur pays d'origine. Grâce à cette nouvelle disposition, l'Algérie a pu récupérer des joueurs de talent ayant porté les couleurs françaises, à l'instar de certains des héros d'Oum Dourmane qui ont pu avoir une seconde chance avec une sélection Senior cette fois, même si on pourra jamais savoir si c'était le choix du c'ur ou le choix par défaut, sauf qu'à certains moment les résultats étaient là. Une initiative qui avait permis de trouver un semblant de remède, en attendant les fameux centres de formation promis et l'arrivée de nouveaux talents à 100% made in Algeria, à un football malade avec des «médocs» exportés. De facto, la sélection compte toujours sur des footballeurs formés ailleurs tant que le label algérien n'aura pas trouvé les conditions (infrastructures surtout) et un encadrement compétent pour faire valoir ses capacités à un plus haut niveau. Mettre en place une véritable stratégie de formation à l'échelle nationale est un bon début. Entre temps, la «parade» bahamienne apporte encore son lot de satisfactions et a permis dernièrement aux Yacine Brahimi, Nabil Ghilas, et Safir Taïder de rejoindre les Fennecs en profitant de cette loi proposée par «El-Hadj» et dont beaucoup d'autres sélections profitent aujourd'hui. Une chose est sûre, l'apport de cet homme de 65 ans est considérable. Sous son règne, qui va durer 4 ans encore et s'il ne promet pas des recettes miracles en rappelant sans cesse les vertus du travail à long terme et de la gestion saine, ce président qui a fait de l'entrisme son crédo pour servir le football de son pays, saura-t-il réussir là où beaucoup avant lui ont échoué: remettre tout le monde au travail et redonner des couleurs à une discipline à la traîne quoiqu'on dise. Le problème du football algérien est-il un problème d'hommes ' Le débat continue.
M. T.
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