L'ancien président du Conseil de l'ordre national des comptables, experts comptables et commissaires aux comptes, Mohamed Lamine Hamdi, a surtout insisté sur l'indépendance de la profession, lors de son intervention, hier, à Alger, au forum Algeria-Invest. M. Hamdi a relevé que «la liberté des professionnels est garante de la crédibilité de la comptabilité national et sa certification par ces derniers». «Les comptes qui peuvent àªtre présentés pourraient àªtre sujet à discussion et en le soumettant à une autorité ils seront discrédités», a-t-il indiqué. L'ancien président de l'ordre dira : «La profession devra rester neutre». C'est pourquoi, les professionnels exigent leur indépendance de l'administration, en l'occurrence le ministère des Finances, l'unification des métiers du chiffre et le retour à la formation avec une organisation du plan de l'expertise comptable qui a été gelée depuis une dizaine d'années, a-t-il insisté. Selon lui, le nouveau texte adopté en 2010 (loi 10-01 du 29 juin 2010) a divisé les professionnels sur trois structures distinctes pour chacun des métiers en les plaçant sous la tutelle du conseil national de la comptabilité qui est «une administration». Pour cet expert comptable, cette loi intervient au moment où l'Algérie passe à la normalisation internationale en adoptant le nouveau système comptable et financier, selon les normes IFRS et IAS. Par ailleurs, «cette réforme relative à la profession de comptabilité a complètement déstructuré la profession et aucune voie de recours n'est possible pour les professionnels sauf celle de la justice en cas d'abus qui, d'ailleurs, n'est pas prévue par la loi 10-01», a-t-il noté. Interrogé sur les pertes pour les professionnels et pour l'économie nationale, M. Hamdi a répondu que «depuis l'adoption de cette loi, plusieurs professionnels ont demandé le gel de leur activité». Il sont, selon lui, 7 experts comptables en charge de gros dossiers qui ont gelé lors activité durant le 1er trimestre 2011 et une quinzaine ont sollicité leur radiation pour diverses raisons. L'objectif de cette réforme profite au secteur public, soutient-il. Or, l'économie nationale est composée des deux acteurs, public et privé, ainsi que les professionnels, a-t-il relevé en soulignant que 1 325 317 personnes physiques (entrepreneurs) et 175 178 sociétés sont dénombrées qui n'ont pas été associées à la révision du texte de loi, en reprenant les chiffres du centre national du registre du commerce (CNRC), avec les 340 000 entreprises (personnes physiques) et les 46 000 sociétés nouvellement créées par an en moyenne. Devant cette situation, et se sentant menacés par leurs collègues étrangers installés en Algérie, les professionnels ont saisi la présidence de la République en mars dernier. Ils proposent de légiférer un décret complémentaire pour répondre à leurs principales revendications dont l'indépendance de leurs professions. Il est à signaler que depuis 2005 à ce jour, 7000 agréments ont été accordés pour les différentes professions (comptables, experts comptables et commissaires aux comptes).
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Fella Midjek.
Source : www.horizons.com