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Mohamed Lakhdar Aloui répond à ses détracteurs Projet de la Grande mosquée d'Alger



La controverse née autour du projet de la Grande mosquée d'Alger a fait réagir, après un long silence, le maître d'ouvrage. Le directeur général de l'Agence nationale de réalisation et gestion de la Mosquée d'Alger (Anagerma), Mohammed Lakhdar Aloui, a dressé un véritable réquisitoire contre les «pourfendeurs» de la «Grande mosquée d'Alger», dont la construction a été décidée par le président de la République pour un budget de près de 2 milliards d'euros. Il a également fait un plaidoyer en faveur de l'entreprise chinoise chargée de la réalisation de ce mégaprojet lancé en février 2012, et dont la livraison est prévue pour le mois d'août 2015 (soit 42 mois). De même qu'il a mis en avant la «fiabilité» du site d'implantation, sis à Mohammadia (Alger) attenant à la mer Méditerranée, que des architectes ont pourtant vivement critiqué. Le terrain et l'emplacement du projet ont suscité une forte inquiétude chez de nombreux experts architectes, alors que l'organisme chargé de sa réalisation, l'Anagerma, se défend mordicus. La société civile s'est, elle aussi, invitée dans la «polémique». Une pétition avait circulé, au mois d'août dernier, appelant à l'arrêt des travaux au bénéfice d'infrastructures plus urgentes. «La construction de la Grande mosquée d'Alger (') n'est pas une nécessité nationale comme les autres infrastructures et investissements nécessaires», indique cette motion adressée au président Bouteflika. Mais ce qui s'apparente à une polémique, officiellement on préfère utiliser le terme débat, ne semble pas peser grand-chose aux yeux du maître d'ouvrage, l'Anagerma. Invité hier du forum du quotidien El Moudjahid, son DG a estimé que : «S'il n'y avait pas ce débat, ce projet ne serait pas monumental !» Après une projection vidéo retraçant les aspects techniques du projet, M. Aloui s'est prêté au jeu des questions-réponses des journalistes. Interrogé sur le choix du holding chinois, la China state construction engineering corporation (Cscec), retenu pour la réalisation de la Grande mosquée d'Alger, le conférencier a vanté l'entreprise au CV riche et étoffé. Composé de 20 volumes, de plus de 15 000 plans et 10 000 textes écrits, le dossier relatif à la Grande mosquée d'Alger est passé, assure le DG de l'Anagerma, par toutes les voies réglementaires. Autant dire que le choix n'a pas été fortuit. «C'est une entreprise qui a un siècle d'existence. Elle a travaillé dans 162 pays où elle a réalisé d'importants ouvrages. Elle emploie près de 150 000 personnes», a indiqué M. Aloui, précisant que la procédure d'octroi du marché s'est déroulée de manière «transparente». «Les dirigeants de la Cscec ont présenté des documents fiables que nos experts se sont appliqués immédiatement à authentifier», ajoute-t-il. Quelque 14 départements ministériels s'impliqueront dans ce projet, selon M. Aloui. L'expertise étrangère, mais aussi nationale, sera sollicitée aussi. S'agissant du choix de l'emplacement, le conférencier a indiqué que le choix a finalement porté sur le site de Mohammadia, sur la côte algéroise, sur un total de 10 sites examinés. Deux facteurs essentiels ont présidé au choix du site de Mohammadia à savoir : un emplacement stratégique, de par sa proximité des moyens de transports modernes (métro, tramway, etc.), et le fait que l'assiette relève du domaine de l'Etat.

17 000 ouvriers spécialisés dont 10 000 Algériens
Le coup d'envoi pour la réalisation de Djamaâ El Djazaïr (Grande mosquée d'Alger), qui se veut un «lieu de rayonnement culturel d'envergure», a été donné le 27 février 2012 à Alger. Au cours d'une cérémonie organisée au siège de l'Anagerma, en présence du ministre des Affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, Algériens et Chinois ont paraphé le contrat de réalisation dans sa partie «clauses administratives». Quelque 17 000 ouvriers spécialisés, dont 10 000 Algériens, se relaieront au cours de la réalisation de cet édifice. Ils seront renforcés, plus tard, au cours de la période d'exploitation, par 2 000 ouvriers. M. Ghlamallah a salué l'expertise allemande en charge de l'étude du projet. Le ministre a, en outre, invité les entreprises algériennes à se rapprocher du constructeur chinois en vue de contracter des travaux de sous-traitance. La Grande mosquée d'Alger comporte, pour rappel, une salle de prière construite sur un plan circulaire rigoureux de 120 mètres de diamètre, avec sa mezzanine, ainsi que le plateau de prière, constitué par l'esplanade sous la salle de la mosquée, pouvant contenir plus de 30 000 personnes. Cette salle de prière ouvre sur un parvis périphérique de circulation desservant les salles d'ablutions, l'Institut islamique existant, ainsi que Dar El Qor'an, la bibliothèque, l'amphithéâtre, les salles de séminaires, etc. Cet espace peut, à lui seul, permettre, par beau temps, d'accueillir 10 000 fidèles de plus, ce qui porterait le total général à plus de 40 000 personnes, dans un premier temps, pour atteindre une capacité d'accueil de 120 000 personnes après extension. Le minaret, d'une hauteur de plus de 40 mètres, sera accessible par un ascenseur qui, en une minute, pourra parcourir, face à la baie d'Alger, les 215 mètres qui séparent la grande salle de prières du haut du minaret.
Y. D.
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