L'élaboration d'une loi de finances complémentaire ne fait pas partie des projets du gouvernement. C'est le ministre du Commerce qui l'affirme. Mohamed Benmeradi affirme que l'interdiction de certains produits peut durer de deux à trois ans. La liste, ajoute-t-il, n'est pas destinée à «pénaliser» le consommateur.Nawal Imès- Alger (Le Soir) - Entrée en vigueur officiellement depuis peu, la liste des produits interdits à l'importation n'est ni destinée à «pénaliser» le consommateur ni à «priver les Algériens de consommer ce qu'ils veulent» , affirme le ministre du Commerce. Mohamed Benmeradi assure que cette disposition faisait l'objet d'un suivi permanent et que le gel décidé durera deux ou trois ans.
Ladite liste pourrait ainsi subir des modifications à tout moment. Cela nécessitera-t-il de passer par une loi de finances complémentaire ' Non, répondait hier le ministre du Commerce sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale. Ce mécanisme fait, dit-il, partie de tant d'autres mis en place par le gouvernement dès 2014 et visant à rétablir la balance économique. En 2014, rappelle-t-il, la Banque centrale avait commencé par mettre en place une gestion par la parité du dinar avant l'introduction des licences en 2016 avant qu'en 2017, il ne soit décidé l'interdiction de la domiciliation de certaines opérations. Ces mesures avaient eu comme effet une première baisse des importations en 2015 de l'ordre de 15 % puis de l'ordre de 9% en 2016.
L'année suivante n'aura été que de 2%. Des statistiques qui feront dire au ministre du Commerce que le système de licence présentait plus d'inconvénients que d'avantages. Dans un premier temps, dit-il, les licences avaient permis la réduction de 50 % des importations des produits concernés mais cela a quelque peu perturbé le fonctionnement de l'économie : pas d'approvisionnement, hausse des prix, et même cessation de certaines activités. L'importation des biens alimentaires a, quant à elle, augmenté. C'est le cas du lait qui a augmenté de 50% et des produits pétroliers, ce qui a mis à mal les prévisions du gouvernement. Toutes ces décisions, affirme Benmeradi, ont dû être prises dans l'urgence car l'Algérie, dit-il, enregistrait, à fin 2017, et pour la première fois, un déficit de sa balance commerciale trois années de suite. Il fallait rapidement, dit-il, rétablir les équilibres sans aucune intention de se retirer des échanges internationaux. L'industrie nationale reste très importatrice et tributaire des marchés des biens internationaux. Une situation qu'il faut, dit-il, inverser. Huit familles de produits représentent à elles seules 40% des importations, constituées de biens alimentaires (10%), de produits pétroliers (2%), d'acier (3%) de médicaments (2%) et de véhicules (2%). Il est temps, ajoute Benmeradi, de provoquer un choc dans l'économie nationale. Beaucoup d'entreprises tournent à 20 % de leurs capacités parce que les entreprises en aval ne les sollicitent pas, préférant importer. Le commerce extérieur, dit-il, est dominé à 93% par des opérateurs privés. Il est temps que l'Etat exerce ses prérogatives de régulateur surtout qu'en matière de commerce extérieur, les pratiques frauduleuses sont légion.
C'est le cas des surfacturations. Si Benmeradi n'avance pas de chiffres, il assure que l'examen des bases de données à l'international prouve que cette pratique est courante. Son département s'attelle à former des personnes qui seront en mesure de mieux exploiter ces bases de données et identifier les courants de fraude.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com