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Mme Geneviève des Rivières, ambassadeur du Canada à Alger, Au « Le Quotidien d'Oran » : «La prévention, le plus grand défi de la politique anti-terroriste»



Mme Geneviève des Rivières, ambassadeur du Canada à Alger, Au « Le Quotidien d'Oran » : «La prévention, le plus grand défi de la politique anti-terroriste»
En tant que pays fondateur du Forum mondial de lutte antiterroriste et coprésident avec l'Algérie du groupe de travail chargé de la région du Sahel, «le Canada reste très engagé sur cette question sur laquelle il travaille en collaboration avec plusieurs pays et organisations internationales, ainsi qu'avec les Nations unies», a indiqué avant-hier au Quotidien d'Oran l'ambassadeur du Canada à Alger, Son Excellence Mme Geneviève des Rivières, à la veille de l'ouverture à Oran de la 22ème Conférence régionale africaine d'Interpol.Mme Geneviève représentait ainsi son pays à la pré-réunion qui a précédé cette conférence à laquelle ont pris part neuf pays membre d'Interpol de la région Maghreb-Sahel, à savoir : l'Algérie, le Burkina-Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, le Nigéria et la Tunisie. L'objet de cette pré-réunion, tenue lundi, a indiqué Mme Geneviève des Rivières, est de faire le bilan de plusieurs évènements organisés par Interpol, évaluer ce qui a été fait, comment on avance et comment ça a permis aux pays, surtout les plus pauvres de la région (Sahel), de s'équiper d'outils. Interpol, a-t-elle rappelé, est une organisation très bien structurée, mais avait besoin de financement pour augmenter ce qu'on appelle la ‘Capacity building' (capacité à bâtir), ce que le Canada essaye d'apporter à l'organisation en s'impliquant dans son financement. C'est comme cela qu'Interpol, a-t-elle dit, a commencé à s'intéresser à la région du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest. Le premier séminaire tenu dans le cadre de cet exercice, s'est déroulé en 2011 au Maroc, et, depuis, trois séminaires se sont déroulés. Evoquant les grands axes de la politique de son pays en matière de lutte antiterroriste, l'ambassadeur du Canada à Alger, a tout d'abord évoqué la prévention en la qualifiant «du plus grand défi de cette politique, tant les motivations qui poussent les individus à épouser les mouvements djihadistes peuvent être complexes». Autre axe sur lequel le Canada travaille c'est celui relatif à la «détection de toute activité suspecte», ce qui relève essentiellement du travail du renseignement. «Parmi les priorités qu'on s'est également fixés, la nécessité de s'assurer que les terroristes n'aient pas à leur portée les moyens de commettre des actes terroristes», a indiqué l'ambassadeur. Une mission qui se fait en coopération avec d'autres pays et qui porte sur les activités d'interdiction d'entrée aux territoires, de contrôle aux frontières (contrôle des douanes). Il y a, par ailleurs, l'aspect relatif à notre capacité à répondre, à temps, à toute menace terroriste, pour limiter au maximum ses effets sur notre sécurité. Ces efforts, a-t-elle expliqué, sont le résultat d'efforts concertés entre plusieurs acteurs, dont la police, l'armée, les services de renseignement, la douane, les services d'immigration, la justice, les banques et autres organisations de lutte contre la fraude et la corruption. Dans ce même ordre d'idées, estime madame Geneviève des Rivières, «parmi les priorités du Canada à ce sujet, «combattre le terrorisme qui se développe au Canada, ou ce que les anglophones appellent ‘Home Grown Terrorism'». A ce propos, elle n'a pas manqué de rappeler la dernière attaque perpétrée à Tiguentourine en Algérie où l'on a compté deux ressortissants canadiens parmi le groupe terroriste qui a exécuté l'opération. L'ambassadeur du Canada à Alger a, par ailleurs, passé en revue tout l'arsenal juridique auquel l'Etat canadien se réfère dans son entreprise de lutte contre le terrorisme. En plus des conventions internationales dans ce domaine que le Canada a ratifié, la diplomate a cité la loi canadienne anti-terroriste qui permet de définir la liste des entités considérées comme terroristes. Une organisation reconnue comme terroriste, a-t-elle expliqué, n'a pas le droit de faire usage des banques canadiennes ni d'y déposer son argent. Outre cette loi, a-t-elle ajouté, il y a celle votée en 2012 par le Parlement canadien, et qui donne droit aux victimes du terrorisme de poursuivre dans les tribunaux canadiens les personnes et même un Etat pour terrorisme. Une loi qualifiée d'unique dans le monde.
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