Alger - Revue de Presse

MISE A NIVEAU DES PME Des propositions pour sortir de l'immobilisme



Lancée en 2000,la mise à niveau des PME algériennes tarde à décoller. La faible implication del'Etat et le peu d'intérêt des chefs d'entreprises ont plombé l'opération.  Pour comprendre les raisons de l'échec, deschercheurs de l'université d'Oran se sont intéressés au sujet pour donner leur«avis critique sur la mise à niveau», dixit le Pr Toubache du Laboratoire derecherche en économie et gestion d'entreprise (Larege) de l'université d'Oran.«Nous avons travaillé sur le sujet pendant trois ans, avec deux équipes et deuxsujets: la mise à niveau et la compétitivité», ajoute le professeur. La mise àniveau peine à faire son chemin et les PME paieront sans doute le prix de leurimmobilisme. Dans une dizaine d'années, la zone de libre-échange entrel'Algérie et l'Union européenne entrera en vigueur. Le démantèlement tarifairesera total. Certaines PME s'y préparent activement et sont prêtes à faire faceà la concurrence de leurs homologues européennes. D'autres, très nombreuses,attendent les bras croisés l'afflux massif des produits européens sur notremarché. Pour le Pr Toubache, le temps est compté: il faut agir et vite ! «Il ya des entreprises performantes et le pari peu être gagné d'être au rendez-vousen 2017. Mais il faut agir dès maintenant. La mise à niveau n'est pas uneopération ponctuelle, conjoncturelle, mais permanente. L'Etat doit s'impliquerfortement et jouer un rôle clé», soutient M. Toubache. Pour mettre à niveau lesPME et l'économie, les universitaires ne manquent pas de propositions. Aprèsavoir expliqué l'échec de l'intégration économique maghrébine, M. Chennoufpréconise la régionalisation comme passage obligé vers la globalisation, enprenant exemple sur la coopération économique entre les Etats-Unis, le Canadaet le Mexique. Pour cet universitaire, l'intégration maghrébine est vitale pourles économies de la région. Il a relevé l'échec de la mise à niveau en Algérieet sa réussite en Tunisie, un pays qui a décidé d'investir massivement dans lesservices à haute valeur ajoutée. Comme l'Inde, la Tunisie mise désormais sur lesavoir-faire et les nouvelles technologies pour épauler le secteur du tourisme,fragile et très sensible aux facteurs extérieurs. Pendant ce temps, l'Algériecompte sur ses hydrocarbures et peine à mettre en place une nouvelle politiqueindustrielle. «Il faut d'abord mettre à niveau les institutions et ensuite lesentreprises», soutient Mohammed Brahim, enseignant à l'université d'Oran. Lesuniversitaires ont plaidé pour une implication réelle de l'Etat dans lamodernisation de l'économie, en donnant les exemples des bons élèves de la miseà niveau: Portugal, Tunisie et l'Irlande. Dans ces pays, des sommes colossalesont été consacrées pour accompagner les entreprises dans leur passage versl'économie de marché. En Algérie, les sommes allouées sont insignifiantes. Ondit qu'à partir de 2008, l'argent sera disponible, mais les universitairescontestent le principe des enveloppes initiales et plaident pour un étatgénéral des entreprises pour déterminer les besoins et les financementsnécessaires à la mise à niveau. Ils ont posé également le problème de la crédibilitéde la mise à niveau et de la certification de notre pays.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)