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Migration



Migration
? De retour de sa visite, en Algérie, le secrétaire d'Etat à la migration Théo Francken, se «venge» du niet d'Alger sur la question de la réadmission des illégaux algériens, en lançant une campagne contre l'accueil des étrangers. Etrange effet de miroir de notre propre actualité.A peine revenu d'Alger où il a accompagné son Premier ministre pour une visite de travail, le secrétaire d'Etat belge à la migration, Théo Francken, s'est illustré par une autre outrance, à une règle élémentaire du droit, celle de l'indépendance de la justice, consacrée par la Constitution belge, en refusant d'appliquer une décision de justice de la cour d'appel belge lui enjoignant de délivrer un visa à une famille syrienne, dont le chef de famille a obtenu l'asile en Belgique. Mais pas que, le fantasque ministre a lancé une campagne sur les réseaux sociaux, appelant les juges à ne pas «ouvrir nos frontières aux migrants» y compris ceux fuyant la guerre et l'oppression de dictatures et autres fascismes. Immédiatement, les réactions de l'opposition ont été sans concessions, dénonçant une surenchère raciste, un appel à la haine et un piétinement grave du principe de séparation des pouvoirs qui consacre l'indépendance de la Justice. Mais pas que l'opposition, puisque la société civile (associations et personnalités publiques) a réagi, en lançant, à son tour une contre-campagne sur les réseaux sociaux, avec le mot d'ordre «Je soutiens l'état de droit» pour sauver «l'honneur de la démocratie belge». L'ancien juge de paix, Jan Nolf, n'a pas hésité à qualifier la campagne xénophobe du secrétaire d'Etat, Théo Francken, de «Théocratie.» La réaction de la société politique et civile, aux propos du ministre, interpelle, actualité oblige, sur les honteuses réactions et attitudes manifestées par certains de nos responsables politiques et par nos compatriotes sur les réseaux sociaux, autour de la question de nos frères africains chez nous. Que des scènes de colère et de violence aient eu lieu, ça et là, dans plusieurs de nos villes, y compris dans la capitale Alger, sans que l'autorité publique ne réagisse en conséquence, est déjà en soi une lâcheté politique.Mais que des responsables dont le président de la ligue officielle de Protection des droits de l'Homme, en l'occurrence M. Farouk Ksentini, se laisse aller, à l'air du temps, et profère des débilités honteuses, en accusant les réfugiés africains de propager le sida, est très grave, inquiétant, pathétique.Et coïncidence et hasard de l'actualité, cette malheureuse séquence eut lieu, au moment même, où l'Algérie accueillait plus de 2.000 participants au Forum africain sur l'Investissement et la Coopération. Au moment où l'Algérie retournait à la fraternité africaine par le marché, elle chassait l'Africain déshérité l'appelant à l'aide. S'il faut être vigilant lorsqu'un Théo Francken jette l'anathème sur les immigrés algériens et tous les étrangers, il le faut être, aussi, lorsque cela se passe chez nous. L'indignation n'est point sélective. La banalisation des attitudes, comportements et actes racistes et xénophobes risque d'emporter le fragile équilibre social du pays, dans cette conjoncture de violence et d'instabilité géostratégique. Qu'est-ce qui crée ce climat de tension vis-à-vis de nos voisins africains qui cherchent quelque réconfort chez nous' La crise sociale et politique' Les discours de certains gourous cyniques, sans humanité' Quelles que soient les raisons de cet irrationnel comportement, plus que condamnable, avec nos frères africains, il est plus qu'urgent de reconquérir à ce qui a fait longtemps la fierté du pays et des Algériens: la solidarité, l'humanisme et le soutien à tous ceux qui subissent l'oppression, la misère et la violence. Pour pouvoir répondre aux racistes en Europe lorsqu'il s'agit des nôtres sans craindre le ridicule.
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