Alger - A la une

Mieux vaut jamais que tard



Mieux vaut jamais que tard
Bonjour ! Tout va bien, Monsieur le président ' Vous êtes sûr que tout va bien ' Nous voilà enfin rassurés. Parce que, voyez-vous, cela faisait 33 jours qu'on se posait des questions. Depuis le 16 janvier précisément. Oui, bien sûr, nous savions que vous saviez. Je parle, bien sûr, de cette prise d'otages d'In Amenas. Nous savions que vous saviez parce que vous êtes attentif au moindre événement qui concernerait le pays. Si attentif que vous n'aviez pas manqué d'adresser un message d'encouragement à nos footballeurs partis disputer la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations. Et quelle ponctualité, ce message ! Mais la ponctualité de ce message n'avait fait qu'ajouter une couche à l'énigme de votre silence sur ce qui venait de se passer à In Amenas. L'Algérie du Sud, c'est quand même moins loin que l'Afrique du Sud !
L'on se posait des questions sur votre silence sur un fait grave qui venait de secouer toute l'Algérie, tous les Algériens. Un fait si grave qu'il avait suscité des réactions immédiates dans presque tous les palais présidentiels du monde. Mais pas dans celui d'Alger ! Avouez que nous étions fondés à nous poser des questions. Des questions sur votre état de santé, sur votre présence ou non en Algérie, sur votre appréciation politique de l'événement et de ses répercussions et, pour tout vous dire, sur votre position quant à l'assaut donné par les forces de l'ANP pour mettre fin à la prise d'otages. Et donc sur vos relations avec l'institution militaire. Car, voyez-vous, il y a dans la vie des nations des moments où la parole d'un Premier ministre, d'un président d'Assemblée ou d'un quelconque 'représentant personnel" ne peut suppléer celle du chef de l'Etat. Cela explique un peu l'existence de la fonction présidentielle.
Mais, à la bonne heure ! Vous avez cru opportun d'attendre une date historique, le 18 février, pour vous exprimer sur ce '11 septembre" algérien qu'est l'attaque terroriste d'In Amenas. S'agissait-il, pour vous, de sauver les apparences ou, mieux vaut tard que jamais, de réparer une attitude qui, tout compte fait, vous porte préjudice plus qu'à l'institution militaire ' Ou alors serait-ce une mise au point déguisée à ces analyses qui se multiplient sur un nouveau bras de fer, réel ou supposé, entre la présidence et l'ANP et que votre propre silence a confortées '
Venu 33 jours après, votre hommage à l'ANP semble si superflu, Monsieur le président. Car, depuis le 16 janvier, c'est à une pluie d'hommages que l'ANP a eu droit. De l'intérieur et de l'extérieur. Y compris des pays dont des ressortissants ont trouvé la mort à Tiguentourine.
'Mieux vaut jamais que tard", voilà une des règles d'or de la politique.
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