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Micro Ciné zappe le cinéma algérien sur la Chaîne III



« Le Jamel Comedy Club, c'est un Arabe qui fait bosser des Noirs pour faire rire des Blancs » Thomas Ngijol, le seul à avoir dénoncé les méthodes de Jamel Debouzze et qui a été viré de Canal+.
La radio francophone Chaîne III possède depuis septembre 2012, une émission de cinéma: Micro ciné. C'est une bonne chose pour le cinéma, en général, et pour le 7e art algérien en particulier. Mais en écoutant les différentes émissions, on constate que cette émission fait dans la discrimination. Elle offre plus la parole à des intervenants français qu'à des cinéastes ou des critiques algériens. Mieux encore, l'émission qui est produite par Samir Ardjoum et animée par Amel Feddi offre un tour complet sur l'actualité cinématographique mondiale, mais oublie surtout de parler de l'actualité du cinéma algérien. En écoutant souvent des intervenants français, on s'est posé la question si on était bien une radio algérienne. Surtout qu'aucun numéro de l'émission n'a évoqué les films du 50e anniversaire de l'indépendance. Le parcours international du film Zabana dans les nombreux festivals, le tournage de Krim Belkacem et le débat sur le film Ben M'hidi ont été zappés par micro ciné.
L'auteur de l'émission qui écrit dans Algérie News a même révélé ouvertement n'avoir jamais-vu Zabana. Il n'a parlé ni sur le documentaire Ils ont rejoins le front d'Asselmeyer qui était pourtant disponible pour la presse algérienne tout au long de l'année, ni évoqué le travail d'Ahmed Rachedi, ni parlé de la présentation du film d'Arcady. Aucun réalisateur algérien de l'ancienne génération n'a été invité à l'émission. Ah! Si, une fois! Rachid Benallal qui a été invité à Micro ciné non pas pour parler de son film Ya laouled, mais pour parler d'un incident préfabriqué sur Facebook entre le réalisateur algérien et le directeur du Cnca, à propos d'un hommage au Maroc. Même si on a invité à intervenir le DG du Cnca, le contexte cinématographique a été volontairement effacé au profit d'une polémique stérile qui n'a rien à voir avec le cinéma.
Du jamais-vu sur la Chaîne III qui avait pour habitude d'éviter ce genre de traitement d'information. Mais ce qui nous étonne dans cette émission pourtant bien réalisée, c'est la méthode et la démarche journalistique parfois incohérente, utilisée par son producteur. Le 19 février 2013, l'émission Micro ciné consacre un numéro spécial Zero Dark Thirty, réalisé par Kathryn Bigelow, le film américain sur la traque de Ben Laden. Pour ce faire, Samir Ardjoum a fait appel à deux critiques français, Gaël Martin et Sidy Sakho, comme s'il n'existait pas de critiques de cinéma en Algérie.
Pis encore, le film n'a pas été présenté en Algérie et il n'est même pas disponible sur le réseau des DVD pirate. Alors pourquoi faire toute une émission sur un film américain et dépensé l'argent du contribuable algérien pour appeler en France... de la radio, deux critiques de cinéma inconnus alors que le public n'est pas près de voir le film. Parfois on se demande à quoi sert l'émission Micro Ciné, puisqu'elle a totalement zappé de son programme tous les festivals qui font l'actualité du cinéma en Algérie. L'émission a surtout fait l'impasse sur le Festival du film engagé qui avait eu lieu entre le 6 et le 13 décembre à Alger, alors que plusieurs réalisateurs étrangers et même français étaient présents à Alger pour des interviews et des émissions. D'autres festivals et des avant-premières de films algériens et français organisés entre septembre 2012 et mars 2013, ont été également oubliés par l'émission Micro ciné. Enfin, la dernière bourde en date: au lieu de faire des interviews avec des cinéastes africains à Ouaga, le producteur de l'émission s'est autointerviewé sur sa propre émission pour parler du Fespaco. Décidément, on aura tout entendu sur la Chaîne III.
amirasoltane08@live.fr
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