Résumé : Nadia est allée voir sa s'ur Malika pour la mettre au courant. Malika a du mal à croire que leur frère est devenu aussi dangereux. Mais c'est la vérité et il ne leur laisse pas le choix. L'unique solution pour protéger leurs maris, est de les éloigner d'elles pour un temps. Nadia se demande quoi prétexter pour qu'il reprenne son ancien job ...
Nadia vérifie son répondeur lorsqu'elle arrive chez elle. Sa famille n'est pas encore rentrée. Elle devrait être à la maison à l'attendre, à s'inquiéter pour elle.
Nadia ne comprend pas pourquoi Omar et Aziza ne sont pas encore là. Elle lit sur le répondeur qu'il y a trois messages. Elle appuie sur le lecteur et entend son mari la prévenir de leur retard. Ils restent dîner chez ses parents. Les deux suivants l'inquiètent et lui rappellent une période où elle a reçu des appels anonymes. Cela remonte à quelques mois déjà. Parfois, le bip est suivi de messages qui lui ont paru intrigants vu que la personne en sait long sur elle et sa famille. Certaines fois, il n'y a eu que le silence, comme ce soir '
Ces deux appels silencieux ne font que l'angoisser davantage. Après ce qu'elle a vécu aujourd'hui, elle s'en serait volontiers passé. Elle se demande si son frère n'en est pas l'auteur depuis le début. Ou un terroriste à qui il aurait remis leur numéro '
C'est fort possible, se dit-elle en s'asseyant, les jambes coupées par la peur à l'idée que le groupe doit savoir où ils habitent, ce que fait son mari comme profession, son beau-frère '
Nadia se demande si elle doit éloigner son mari d'Alger sans le mettre au courant ou si elle doit tout lui dire. En fait, elle s'interroge si elle ne doit pas lui demander de partir dès demain. Qui sait ce que projettent son frère et son groupe '
Elle regarde la photo de leur mariage et ne peut s'empêcher de pleurer de nouveau. Durant les mois passés, elle a souffert de son absence parce qu'il a choisi de travailler loin d'Alger. À cause de son frère, elle allait de nouveau en être séparée pour un temps indéterminé. Qui sait s'il lui reviendra un jour '
Car, dans le fond, elle craint sa réaction. Le fait de savoir que Saïd est membre actif d'un groupe dangereux ne risque pas de faciliter le contact entre eux. Pendant un temps, Nadia a souvent pensé que son mariage n'est pas assez solide pour supporter un drame et une séparation dans de telles conditions '
Le c'ur serré, elle se rappelle avoir rencontré Omar, quelques jours après son échec au bac. À la recherche d'un centre de formation en secrétariat, elle est tombée sur lui, aux arrêts de taxis. Ce fut le coup de foudre. Ils se sont mariés cet été-là, en présence de leurs familles et amis.
Ses beaux-parents leur ont offert cet appartement. Grâce aux siens, elle a pu le meubler. Les souvenirs l'emmènent aux premiers mois de sa grossesse. Ils ont dû serrer la ceinture pour se préparer à l'arrivée d'Aziza. Elle fera leur bonheur depuis.
Omar s'est montré le meilleur des maris et le plus patient des papas. Aziza a été un bébé qui n'a pas beaucoup dormi. Nadia en aurait certainement souffert s'il n'avait pas été là pour l'épauler et surveiller le bébé quand elle était à bout. Elle regrette ce temps-là où ils ont tout partagé, où ils ont été si proches.
Leur vie a changé le jour où, las d'enseigner la philosophie, il a décidé de travailler avec son ami à Constantine. Il s'est découvert une passion et sans la pression de Saïd, il ne serait jamais revenu.
- Il faudra qu'il reparte, se dit-elle. il n'y a pas d'autre solution!
La sonnerie du téléphone la fait presque sursauter. Dès la quatrième sonnerie, le répondeur se déclenche. Nadia ne s'est pas levée pour répondre, pensant encore à un autre appel anonyme.
- Chérie, c'est moi, dit Omar. Si tu es là, décroche !
Nadia se lève et court décrocher.
- Oui, je suis là, répond-elle, la gorge nouée. Vous avez passé une bonne journée '
- Oui, mais qu'est-ce que tu as ' Ta voix, elle n'est pas normale, remarque Omar. Tu n'es pas bien '
- Si, je vais bien, dit-elle pour le rassurer.
- Pourquoi ai-je l'impression qu'il y a autre chose, lui demande-t-il. Tu ne me dis pas tout, n'est ce pas '
- Oui, murmure-t-elle en raccrochant, pour qu'il n'entende pas ses sanglots.
Il lui est arrivé le pire aujourd'hui. Elle a cru après la mort de ses parents qu'elle ne vivra plus de moments terribles. Elle s'est trompée. Le pire est à venir '
(À suivre)
A. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Adila KATIA
Source : www.liberte-algerie.com