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Meziane Boussaïd, le déliré des couleurs



Actuellement, il participe à la 5e édition du Salon de l'automne des arts plastiques qui se déroule au Palais de la culture d'Alger depuis le 31 octobre, et ce, jusqu'au 31 janvier 2013 ; Meziane Boussaïd nous fait voyager dans son univers au travers de ses peintures.
Né en 1975 à Iazouguen (Azazga), il grandit au cœur de la Kabylie où il effectua ses études primaires. Dès l'âge de six ans, son amour pour le dessin se fait ressentir. Le milieu familial où il a grandi, la beauté des paysages de sa région et les images enfouies au plus profond de son être ont fusionné avec sa grande sensibilité pour donner naissance à de la matière qu'il dépose sur la toile avec une grande dextérité. Meziane Boussaïd se dit être de toutes les régions d'Algérie, il a voyagé, habité et fait escale dans plusieurs villes du pays où n'en fut pas moins son expérience qui nourrit à chaque fois sa peinture. A 17 ans, il expose pour la première fois ses enveloppes décorées à la maison de la culture Kacem Naït Belkacem de Tissemsilt. «Un jeune artiste autodidacte, Meziane Boussaïd qui retient l'attention… », écrivait la Nouvelle République à l'époque. Il obtient son baccalauréat en 1994 puis entre à l'Institut national de génie mécanique de Boumerdès et obtient son diplôme de technicien supérieur en maintenance industrielle. Très vite, il abandonne ses projets dans ce domaine et s'inscrit immédiatement à l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger pour cinq années de cursus où il a pu exaucer son rêve.
«Le corps comme un paysage ou le paysage comme un corps»
Il compte à son actif plusieurs expositions collectives et individuelles ; en 2003, il a été sélectionné pour une exposition à Paris dans le cadre de l'année de l'Algérie en France en collaboration avec l'association Le Génie de la Bastille, «Meziane présentait alors des travaux sur papier d'une grande sensibilité et d'une réelle authenticité, puisant son inspiration dans un univers intime à la frontière de l'organique et du végétal. Ses dessins, économes de moyens, se cantonnant le plus souvent dans l'utilisation de la mime de plomb, de tonalités grises, voire noires, disant mieux l'essentiel qu'une débauche de couleurs. Les œuvres de Meziane Boussaïd sont habitées d'une présence humaine discrètement suggérée. Le corps comme un paysage ou le paysage comme un corps ' Cette distinction ne doit pas être faite et nous n'en éprouverons que plus trouble. Cette tendance, d'une austérité grave, s'est accentuée dans les œuvres les plus récentes où le noir joue une savante partition avec le blanc. Meziane Boussaïd va chercher l'émotion au plus profond de luimême, là où l'inconscient et l'univers se rejoignent», disait Jean- Jacques Lapoirie, artiste peintre français, à son encontre. Meziane Boussaïd possède plusieurs cordes à son arc, puisqu'l a travaillé en tant que sérigraphe aux Ateliers d'Alger en 2002, puis a participé comme scénographe assistant pour «les Rois numides» au Musée national Cirta de Constantine et «Koutama et la civilisation fatimide 2e Edition» à la maison de la culture de Mila en 2008. Il a été sollicité dans la décoration de plusieurs crèches et écoles primaires, et la réalisation d'une presse traditionnelle à Tazmalt.
Une volonté de fer
Récemment, il fut l'invité de l'association d'art plastique El Basma de Sidi-Bel-Abbès présidée par M. Farid Daz où il a exposé pas moins de 120 œuvres de différentes techniques (fusain, aquarelle, peinture…) sous le thème «Azzerb b wussen» (La Haie des jours), plusieurs artistes commenteront : «(…) Un produit de plusieurs périodes qui lui ont permis de scinder ses travaux selon les circonstances d'inspiration et les humeurs», écrit K. Benkhlouf. Aussi dira Mme Boussaïd- Mekideche : «D'un pas sûr doté d'une volonté de fer, l'artiste Meziane Boussaïd pénètre dans les abysses de son âme afin d'y découvrir de nouvelles formes qui flirtent avec son vécu et ses émotions. Ses œuvres sont le miroir de ses joies et peines, ses maux sont ses formes et couleurs crues et sombres qui se déposent afin d'immortaliser un instant de vie. Il jubile à la fin de chacune de ses œuvres même si certaines extériorisent une souffrance ou une mélancolie.» En mai 2006, son nom fera son entrée dans le dictionnaire des artistes algériens de Mansour Abrous, paru aux éditions l'Harmattan. Aujourd'hui, il est professeur de peinture à l'Ecole régionale des Beaux-Arts d'Azazga. Cette année sera clôturée par deux expositions, l'une collective du 13 au 30 novembre à la galerie d'art Ezzou'Art du centre commercial de Bab Ezzouar d'Alger à l'occasion du 50e anniversaire de l'Indépendance. L'autre individuelle, où il sera l'hôte du Café littéraire de Béjaïa pour reproduire l'exposition «La Haie des jours» à la maison de la culture Taous- Amrouche du 1er au 15 décembre à Béjaïa.
BIBLIOGRAPHIE :
- La nouvelle République, 15/03/1993.
- Liberté, 03/09/2011.
- El Watan, 10/02/2008, 28/05/2012.
- La Voix de l'Oranie, 19/05/2012.
-Le dictionnaire des artiste algériens 1917-2006 de Mansour Abrous, éditions l'Harmattan.
-Catalogo delle quotazioni 2010-2011, Casa éditrice Alba.
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