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Merkel et la "démocratie" algérienne



Merkel et la
On n'est pas obligé d'être drabki, sans itinéraire académique ou "historique", pour faire un bon louangeur. La manière dont Larbi Ould Khelifa, membre de l'OS et docteur d'Etat, a transformé l'institution parlementaire en comité de campagne électorale, le temps d'un discours inaugural, le prouve.Dès lors, le fait que des institutions soient réduites à la fonction d'appendice du pouvoir absolu et à prendre en charge des missions de propagande, voire de fraude, ne devrait pas étonner. C'est l'Etat tout entier, avec l'intégralité des instances qui le constituent, qui est enrôlé dans l'entreprise de défense d'un pouvoir résolu à se perpétuer.En fait, Ould Khelifa, par son panégyrique discours d'ouverture de session, a involontairement répondu à Sellal. Celui-ci s'était irrité, peu avant, du fait que les Algériens reprochent à Bouteflika ce que Merkel s'autorise. Le Premier ministre n'ignore pourtant pas que la démocratie allemande fonctionne sur la base d'un régime parlementaire. Et que c'est le Bundestag, l'Assemblée parlementaire, qui... élit le chancelier (ou la chancelière). On ne peut sérieusement pas imaginer le Pr Norbert Lammert, président de la Bundestag, faire, devant ses pairs, l'apologie d'Angela Merkel ! Et pour cause : il est, dans l'ordre protocolaire officiel, le deuxième personnage de l'Etat, après le président de la République et avant le chancelier !Dans ce système, c'est la majorité, ou la coalition majoritaire, qui choisit le chancelier, l'équivalent de Premier ministre dans un régime parlementaire. Ceci, naturellement, autant de fois qu'elle reste majoritaire, la personne du chef de l'Exécutif ? qui n'est pas chef de l'Etat ? comptant moins que le programme du parti élu. Dans une telle démocratie, un Premier ministre sans parti est inconcevable ! Sauf dans les cas transitoires exceptionnels, de gouvernements de crise, tel le cas récent, en Italie, du cabinet Mario Monti. La direction de l'Exécutif par un Premier ministre sans parti, comme Sellal, ou par un Premier ministre dont le parti est minoritaire au Parlement, comme ce fut le cas pour Ouyahia, est l'expression même de la réalité non démocratique du gouvernement d'une République.En Algérie, le régime n'est pas parlementaire.Il n'est pas présidentiel non plus, puisque le Président peut signer des lois (ordonnances) et que le Parlement n'a aucune position autonome sur les décisions de l'Exécutif. Parfois, les parlementaires, et leur président en tête, font preuve d'un zèle attentatoire au statut de leur institution. Le régime politique algérien est un "système"... indéfinissable, parce qu'autoritaire, non légaliste, non institutionnel, mais qui, malgré ses pratiques de fraude, d'arbitraire et d'allégeance, revendique le statut de démocratie.Voici la leçon de Norbert Lammert, à ce propos du rôle du chef d'une Assemblée nationale : "Cette fonction n'est en vérité comparable à aucune autre fonction politique, car il est évident qu'elle ne se situe pas au-delà de la politique active, mais bien au milieu de la politique opérationnelle concrète et, dans le même temps ? comme le définit le règlement du Bundestag ? en dehors des querelles entre partis. Ce grand écart, parfois délicat, est en quelque sorte un test d'intelligence permanent, auquel est soumis chaque président de l'assemblée."Sans commentaire.M. H.musthammouche@yahoo.frNomAdresse email


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