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Menaces sur les démocrates Le différend CNAS-El Watan



Le quotidien francophone El Watan vient de se voir notifier une mise en demeure qui le somme de débourser la faramineuse somme de 22 milliards de centimes, qui porterait sur des charges sociales concernant une certaine catégorie de ses personnels.
Cette opération est officiellement en relation avec le dossier consacré, deux jours plus tôt par ce journal, au contentieux qui empoisonne les relations entre la Cnas et son homologue français.
Cet argument peut ne pas être la seule raison ni même la plus crédible dans les motivations qui ont provoqué cette soudaine tempête. On peut, en effet, noter que ce qui peut être reproché au quotidien El Watan est vrai au centuple pour d'autres titres, par ailleurs, domestiqués politiquement. Les leviers de la fiscalité, de l'imprimerie ou des charges sociales sont actionnés à la carte ; le pouvoir occulte, détenteur exclusif de l'autorité, gérant les structures de l'Etat de façon particulièrement tatillonne en ce qui concerne les médias, notamment à l'approche des échéances électorales. Dans cette attaque, il est vraisemblable que la Cnas ait servi de relais pour délivrer un message politique.
En l'occurrence l'enjeu n'est pas de restaurer la crédibilité d'une institution, déjà bien atteinte dans le scandale Khalifa et qui a fait des prises en charge à l'étranger une des expressions les plus tragiques de la gestion du collège multiple des citoyens. En vérité, ce coup de semonce est vraisemblablement motivé par le dossier fait par El Watan sur une miraculeuse fécondité qui a permis au ministre de l'Intérieur d'annoncer 4 millions de nouveaux électeurs en l'espace de moins de 3 ans ! Basée sur la manipulation du fichier électoral, la stratégie de répartition des quotas est disqualifiée par l'étude d'El Watan devant l'opinion nationale et internationale. Les dernières lois, votées par le Parlement, annonçaient la restriction des libertés qui vient de cibler un journal.
D'autres abus ne manqueront pas d'atteindre les acteurs de la société civile ou de la classe politique.
Le RCD appelle l'ensemble des forces démocratiques à condamner cette intimidation. Testée contre un journal, cette menace pèse sur toutes celles et tous ceux qui veulent dire et agir librement dans leur pays.
Pour le RCD, la liberté d'expression est à la fois un fondement constitutif de sa doctrine et un moyen essentiel de l'exercice souverain de la démocratie. Il assure El Watan et l'ensemble des professionnels de l'information, soucieux de leur indépendance, de son engagement total et permanent à leurs côtés. Alger le 24 janvier 2012. Le RCD
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