En dépit des indemnisations versées aux familles des disparus qui ont accepté l'aide de l'Etat, les ayants droit concernés continuent de battre le pavé pour réclamer la vérité sur la disparition de leurs proches. Présentées comme étant de sensibilité islamiste proche du parti dissous, ces familles, ou du moins nombre d'entre elles, regroupées ou non au sein du Collectif des familles des disparus, avaient pendant des années institué le mercredi comme journée de protestation devant le siège du CNCDDH, avant de renoncer à cette forme d'action devant la fermeté des services de sécurité. Samedi, l'organisation a appelé ses membres à un sit-in devant la Grande-Poste, à Alger, avant d'être dispersée, comme à l'accoutumée, par les forces de l'ordre.
Il faut reconnaître à ce collectif un activisme constant et un engagement sans faille, en Algérie et à l'étranger, à travers ses relais pour médiatiser sa cause et sensibiliser les gouvernements des autres pays et les organisations internationales des droits de l'homme autour de ce dossier. L'objectif étant de les amener à faire pression sur l'Etat algérien en vue de faire la lumière sur les nombreux cas non élucidés des disparus que plaide le Collectif des familles de disparus en Algérie. Sans faire dans la discrimination entre un disparu et un autre en fonction de la sensibilité politique, des croyances, de la profession ou d'autres considérations aussi condamnables qui seraient à l'origine du recours aux enlèvements non élucidés qualifiés de disparitions forcées par le Collectif, force est de constater que la défense de ce dossier par certaines organisations de la société civile emprunte une voie étroite, à sens unique, pour ne s'intéresser qu'à une catégorie de disparus.
Ceux proches de la mouvance islamiste. Personne ne peut contester aux familles de ces disparus le droit de connaître la vérité sur la disparition de leurs proches. Il faudrait seulement que cette quête légitime pour la manifestation de la vérité se fasse loin de toute instrumentalisation et surenchère politique. Il faudrait aussi que le même engagement soit également entrepris en faveur des victimes du terrorisme pour que le travail de mémoire réclamé ne soit pas tronqué et sujet à caution. Car, faut-il le rappeler, des disparus, il y en a des deux côtés. Dans les milieux islamistes autant que dans le camp des démocrates ou de simples citoyens, sans engagement politique qui ont payé de leur vie leur obstination de ne pas porter le hidjab, de continuer de chanter, d'enseigner' dans le climat d'alors de terreur et d'interdits imposés par les activistes islamistes à la société algérienne.
Aujourd'hui encore, il y a des journalistes, à l'instar de notre confrère Kaddour Bousselham du quotidien Horizons, des militaires, des appelés du service national, des citoyens de tous horizons enlevés par les terroristes, tués, jetés au fond d'un puit ou enterrés quelque part dans la nature, privant aussi leurs parents du droit tout aussi légitime de faire leur deuil. Très actives pendant les années de feu, les associations de victimes du terrorisme sont devenues aphones et moins combatives pour celles qui n'ont pas déserté le terrain. La recherche de la vérité sur cette période sombre de l'histoire ne doit être ni sélective ni parcellaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Omar Berbiche
Source : www.elwatan.com