Nécessité - Si on veut juguler ce fléau, il faut d'abord améliorer les conditions de vie des jeunes, estiment les spécialistes.
Les consommateurs de drogues et autres psychotropes pris en charge dans le centre de psychothérapie de Mohammadia expriment leur intention de ne plus toucher aux drogues. Avec l'assistance psychologique qui leur est dispensée par les encadreurs du centre et les bonnes conditions d'accueil qui leur sont réservées, ces jeunes, durant leur court séjour, croient en leur capacité d'en finir avec les mauvaises habitudes.
Toutefois, lorsqu'ils se retrouvent chez eux, ils reprennent la consommation des stupéfiants. «Lorsque nos psychologues et médecins expliquent à ces jeunes les dangers de la drogue sur leur santé et leur avenir, ils se réveillent et affirment une volonté d'arrêter. Nous avons constaté que ces jeunes sont incapables de tenir leur promesse car cela a une relation directe avec leurs conditions de vie», a indiqué le président de l'Onasj.
Pour lui, la lutte contre ce fléau doit commencer par la mise en place d'un plan national de prise en charge de la jeunesse sur le plan socioéconomique. «Si les jeunes trouvent des emplois stables et des logements, je suis convaincus qu'ils ne penseront même pas à la drogue. Tous les drogués que nous avons rencontrés depuis le début de nos activités disent qu'ils sont contraints de consommer les stupéfiants pour ne pas penser à leurs problèmes», a ajouté M. Abidat.
Les politiques adoptées jusque-là en matière d'emploi n'ont pas permis de résorber le chômage qui frappe, il faut le dire, une grande partie de la jeunesse quel que soit son niveau d'instruction. L'exemple des 100 locaux commerciaux par commune en est le plus édifiant. Depuis leur lancement, il y a plus de cinq ans, la plupart de ces locaux sont restés fermés.
Des sommes colossales ont été dépensées dans ce projet, mais les chômeurs attendent toujours d'en bénéficier. Dans la plupart des régions du pays, ces locaux sont saccagés et devenus plutôt'des lieux de consommation de drogues ! «Il est vrai que les pouvoirs publics avaient, au départ, une bonne intention en voulant offrir aux jeunes des lieux de travail, mais l'absence de suivi a fait que le projet a conduit à des effets tout à fait catastrophiques. Les politiques de prise en charge devraient absolument changer et il faut intervenir vite avant que le fléau de la consommation des drogues ne devienne incontrôlable», avertit le conférencier. Le problème de logement est aussi mis en cause par le conférencier.
A Alger, par exemple, des familles nombreuses vivent dans des appartements exigus, ce qui pousse les jeunes à passer la plupart de leur temps dans la rue. «Lorsque le jeune n'a pas d'espace pour se reposer, il n'a d'autre choix que d'aller à la recherche de stupéfiants pour tenter de se calmer. C'est inévitable», a regretté le conférencier. Le manque d'argent ne semble pas dissuader les toxicomanes qui redoublent d'ingéniosité pour trouver des drogues «gratuites». Même les néons d'électricité sont transformés en drogues ! Ils pensent que puisque ces néons produisent la lumière, ils peuvent être utilisés pour illuminer leurs têtes. «Ils brisent ces néons et les transforment en poudre qu'ils sniffent ! Voilà la toute récente invention que nous avons découverte depuis moins d'une semaine dans l'un des quartiers populaires d'Alger», a fait savoir M. Abidat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com