Alger

Médicaments



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Alors que la facture d'importation des médicaments est appelée à connaître une augmentation dans les prochaines années pour atteindre 5,7 milliards de dollars en 2018, selon IMS Health, la production nationale est à la croisée des chemins.Comment contenir cette hausse galopante de la facture face à une diminution des ressources et encourager une production nationale, tel est l'objet de la conférence de presse organisée, hier à Alger, par l'Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) sous le thème «La production pharmaceutique, entre les besoins d'un marché grandissant et une crise qui menace». Une alerte qui vient encore une fois confirmer la situation délétère dans laquelle baigne l'industrie pharmaceutique algérienne depuis plus d'une décennie.«Nous avons émis des propositions il y a 15 ans et nous les reformulons aujourd'hui car elles sont d'actualité et restent la clé de toute la problématique. Ce qui se traduit par un ensemble d'instruments techniques nécessaires pour une vraie régulation du marché et pour contenir ces importations, car notre souci majeur est que le patient puisse avoir accès aux médicaments», a déclaré le Dr Kerrar Abdelouahed, président de l'UNOP. Pour lui, l'outil de production nationale peut être aisément à la hauteur des besoins, mais il est d'abord nécessaire de mettre en place des mécanismes de protection et d'encouragement, suivis d'une réglementation claire et précise.Pour étayer ses propos, le président de l'UNOP est revenu sur les différents chiffres concernant le marché national tout en expliquant qu'en 2014, il y a eu au contraire une légère baisse des importations contrairement à ce qui est rapporté par la presse nationale. D'après son analyse des chiffres de la production et de l'importation, la production nationale a permis de limiter l'importation, en 2014, de près de 400 millions de dollars. «La production nationale couvre actuellement 41% du marché et nous avons enregistré une réduction des importations, hors PCH, de 90 000 000 dollars et une absorption de la croissance de 12% du marché ville (2013 : 2,5 millions de dollars) soit : 300 000 000 dollars.Nous avons donc enregistré un taux d'évolution de moins de 5% des importations hors PCH», a-t-il expliqué. Et d'insister sur l'intérêt de préserver et encourager cet outil de production. Ce qui ne peut être possible et réalisable que par une levée immédiate des «entraves bureaucratiques qui freinent sérieusement le secteur», a souligné Nabil Melah, membre de l'UNOP et directeur général de Merinal. Et de dénoncer l'exclusion des opérateurs privés des rencontres gouvernementales, tel le dernier CIM consacré à l'industrie pharmaceutique.Les blocages sont à tous les niveaux, a-t-il précisé, tout en énumérant point par point les difficultés rencontrées par les producteurs nationaux, «lesquelles ne touchent pas, par contre, les importateurs». Il cite, à titre d'exemple, l'exigence de présenter trois lots pour accéder au remboursement d'un médicament, alors que l'importateur ne doit présenter que trois boîtes du produit. «Nos lots arrivent à péremption sans avoir le remboursement.Des pertes sèches qui restent à la charge du producteur», a-t-il encore indiqué. Et d'ajouter : «Il en est de même pour le foncier industriel pour lequel nous sommes en attente depuis plus d'une décennie.» M. Melah est également revenu sur les aspects liés à la réglementation, l'enregistrement, la responsabilité pharmaceutique pour lesquels des mesures urgentes sont à prendre. «Il est temps de passer du constat à l'action», a-t-il encore dit.


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