Alger - Revue de Presse

Médiation algérienne pour dénouer la situation ? Crise ouverte entre Tripoli et Berne



C'est la crise entre Berne et Tripoli. La cause ? Une affaire privée opposant Hannibal, le fils du colonel Kadhafi, et son épouse à deux de leurs employés, une Marocaine et un Tunisien, qui a pris des proportions inattendues.

On n'emprisonne pas le fils du guide. La Suisse, interloquée, vient de découvrir ce qu'il en coûte de commettre ce sacrilège. Hannibal Kadhafi et son épouse ont été arrêtés à Genève, du 15 au 17 juillet, à la suite d'une plainte pour mauvais traitement de deux de leurs employés, un Tunisien et une Marocaine, lors de leur séjour dans un palace de la ville. Ils ont été libérés à la suite du versement d'une caution de plus de 312.500 euros. L'affaire n'en est pas restée là.

Les comités révolutionnaires qui constituent l'ossature du régime ont organisé une manifestation devant l'ambassade suisse et demandé que les fonds libyens soient retirés des banques suisses. C'est qu'à Tripoli, où l'on affirme que l'affaire a été montée de toutes pièces, le temps est à la colère et aux représailles. La Libye avait exigé que l'affaire soit classée sinon elle prendrait des mesures de rétorsion contre les intérêts suisses. Depuis jeudi, ces mesures ont commencé à entrer en vigueur. Tripoli a décidé de stopper les livraisons des produits pétroliers à la Suisse et a interdit l'entrée des navires suisses dans les ports libyens. La compagnie nationale de transport maritime libyenne a annoncé avoir cessé de livrer du pétrole brut à la Suisse. Berne indique ne pas avoir reçu de notification officielle d'une décision d'embargo de la part de la Libye, mais l'Union pétrolière suisse a indiqué que l'arrêt de livraison du pétrole libyen n'était pas insurmontable. La part du pétrole libyen n'entre que dans 20 % de la consommation suisse et des solutions de remplacement ne seraient pas difficiles à mettre en oeuvre. Des représentations d'entreprises suisses, comme Nestlé et le groupe ABB à Tripoli ont été fermées. Les responsables de ces bureaux ont été interrogés par la police. Les Affaires étrangères suisses ont également fait état de l'arrestation de deux ressortissants helvétiques qui sont accusés par la justice libyenne d'infraction aux lois sur l'immigration et le séjour. «Ils sont traités comme des immigrants illégaux» et détenus dans des conditions «très dures», a indiqué le porte-parole des Affaires étrangères suisse Jean-Philippe Jeannerat.

L'amalgame n'est pas loin

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