De tous temps, on a fêté l'anniversaire de la naissance du prophète Mohamed (QSSSL). Cette fête religieuse était, autrefois, animée par des chants dans les familles, Zaouias et mausolées.Si depuis plusieurs décennies, la fête du Mawlid Ennabaoui se termine par des brûlures, blessures et même la mort après une nuit marquée par l'utilisation des pétards et des produits pyrotechniques, autrefois, le Mouloud était fêté dans la joie et des soirées musicales et de chant religieux. Au début du siècle dernier, le grand chanteur andalou Mahieddine Bachtarzi participait déjà aux soirées organisées à cette occasion et durant le Ramadhan aux soirées qui se tenaient au mausolée de Sidi Abderrahmane à Alger. Il faut rappeler qu'à cette époque et au lendemain de l'indépendance, c'est-à-dire au moment où la vie religieuse était dominée par de vrais religieux. Au début du siècle dernier, le muphti d'Alger, cheikh Mustapha el Kbabti, auteur des célèbres chansons Saraqa El Ghosno et Men ybat Eyra'î Lahbab, était parmi les plus grands défenseurs de la musique andalouse.
Sur des airs andalous
Mis à part Mahieddine Bachtarzi, le maître de la musique andalouse Ahmed Serri qui a formé des générations de chanteurs et musiciens au sein de l'association El Mossilia a également chanté à Sidi Abderrahmane. A cette époque, on organisait régulièrement des soirées où les Qessadine (chanteurs religieux) se regroupaient pour interpréter des textes souvent écrits par des érudits et imams connus. Le muphti Abderrahmane El Djilali, qui a produit et animé l'émission religieuse «Ra'y Eddine» pendant plusieurs décennies, aimait écouter la musique, notamment andalouse et tenait à assister à ces soirées organisées durant le Ramadhan et la nuit du Mouloud. Dans toutes nos villes, les soirées du Mouloud étaient marquées par des prières et des discours religieux mais aussi par des chants. Ces soirées religieuses où la joie était de prime ne pouvaient être ponctuées que par les beaux textes chantés par de belles voix accompagnés par des instruments de musique notamment le Bendir. Il faut noter qu'au niveau de certaines villes telles qu'Alger, Blida, Cherchell, Medea ou Tlemcen, on tenait aux mélodies tirées de la musique andalouse.
On y interprétait des textes de poètes tels que Sidi Boumediene, Sidi Lakhdar Benkhlouf et moins connus. Fêter l'anniversaire du prophète par des chants mélodieux est le meilleur exemple pour montrer que les religieux ont toujours aimé le chant et la musique. Ils mettaient à profit les belles voix, les belles mélodies et les musiques pour mettre en valeur les textes traitant de religion, d'amour ou d'autres sujets sociaux.
Lors de la nuit du Mawlid Ennabaoui, on assistait dans les Zaouias et les mausolées, à des soirées où des chanteurs accompagnés par les qessadine (chorale) semaient la joie autour d'eux tout en chantant des textes dédiés au Prophète (QSSSL).
Traditions
Mis à part les soirées religieuses dans les mosquées et les chants dans les Zaouias et les mausolées, on fêtait le Mouloud à la maison mais aussi dans la rue. Il faut reconnaître que l'utilisation des pétards ne date pas d'aujourd'hui. Bien qu'ils n'étaient pas dangereux, les enfants et adolescents faisaient une bonne ambiance en faisant éclater les pétards. Jusqu'aux années 1960, à Blida, des jeunes sortaient des la tombée de la nuit pour faire la quête dans le but d'acheter les bougies et pétards (Mhareq ou Fchek). Le groupe se déplaçait et tapait sur les portes en chantant «Bouchikha, Khdhah El Hal». Ces jeunes s'habillaient en burnous ou Qechaba comme dans un carnaval et faisaient la tournée des maisons de «Bab Ezzaouya», «Douirette», «El Djoun» ou «Bab Khouikha» pour faire une quête, afin de s'acheter les Fchek (pétards). Devant les maisons où on leur donnait quelques sous, ils scandaient «Dar El Kheïr» (maison du bien) mais devant ceux qui refusaient, ils lançaient «Dar Echer» (maison du mal ou des avares). Il est possible que cette tradition vienne de Turquie. On ne sait pas si les jeunes de la ville des roses chantent toujours Bouchikha. La ville qui tient toujours à sa tradition est Cherchell. Bien que l'organisation n'est plus ce qu'elle était autrefois, on organise toujours la sortie de la Manara dans une barque sur la jetée du port de la ville romaine.
Un beau spectacle que des curieux des villes avoisinantes tiennent à y assister. Donc, la fête du Mouloud peut être célébrée dans une bonne ambiance sans les gros pétards qui endeuillent chaque année des familles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bari Stambouli
Source : www.letempsdz.com