
Marseille connote pour nous la période coloniale, l'émigration. La fête organisée au solstice d'été 2013 nous a donné l'envie de faire une remontée dans le temps lié à notre histoire.Interrogez ceux qui, parmi les plus anciens émigrés encore vivants, sinon ceux qui ont beaucoup appris auprès de leurs aînés qui ont fait l'expérience des traversées en Méditerranée, ils vous apprendront beaucoup sur Marseille dont ils ont foulé le sol plusieurs fois dans leur vie, soit pour continuer vers le Nord, soit pour rentrer au pays par bateau après des mois de travail éprouvants. L'expansion populaire : «Traverser la mer pour aller gagner le pain de ses enfants», depuis l'ouverture des mines ainsi que des usines et des chantiers de construction aux alentours de 1900, est restée une formule légendaire. Il suffisait pour n'importe quel colonisé, homme valide et prêt à se sacrifier pour un travail à risques, d'avoir une carte d'identité, pour acheter un billet de bateau et s'embarquer. Que de souvenirs vifs sont transmis de père en fils D'abord, Marseille rappelle le nom d'un gros bateau affrété par la compagnie maritime en prévision des nombreux voyageurs Alger-Marseille, ou inversement. On l'a appelé «La ville de Marseille», il sillonnait la Méditerranée en croisant en chemin «La ville d'Alger» et «la ville d'Oran» dont les nôtres se souviennent bien. «La ville de Marseille» battait, paraît-il, le record des navettes maritimes pour un transport régulier de nos milliers de nationaux obligés d'aller travailler de l'autre côté de la Méditerranée parce qu'ils n'avaient pas d'autres moyens de vivre. Ceux qui ont fait durant des décennies au moins un aller et un retour chaque année racontent que le voyage a été des plus éprouvants lorsque la mer est démontée. Par manque de moyens financiers, ils voyageaient en 4e classe, la dernière qui correspond au pont du bateau, sinon à la cale lorsqu'il pleuvait. «C'était, dit un ancien ouvrier de Renault, un vrai supplice et rares furent ceux qui ne tombaient pas malades à cause du mal de mer et des 25 heures de traversée». «Mon grand-père est allé à l'exposition internationale de Paris en 1937 en sa qualité d'artisan traditionnel, il s'était embarqué à bord du Ville de Marseille avant qu'il n'ait perdu l'une de ses trois cheminées à cause d'un bombardement allemand. Une émigration pour une vie de galérien Depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à l'indépendance, nos concitoyens qui ont beaucoup galéré en France, racontent des histoires rocambolesques sur Marseille. Lorsqu'ils arrivaient sur le sol marseillais, peut-être le lendemain ou le surlendemain, ils prenaient sans tarder la direction des centres d'embauche : usines de Clermont Ferrant ou de la région parisienne, mines de charbon d'Alsace Lorraine, sinon de Belgique. «J'ai vu mon grand-père pour la dernière fois lorsqu'il était revenu malade de silicose contractée dans les mines de charbon en Belgique. Et il en mourut dans l'anonymat sans qu'il ait touché un centime de pension ou d'aide pour maladie», raconte une vieille institutrice qui n'avait trouvé aucun papier qui aurait permis au moins d'écrire. Il était revenu précipitamment, il savait qu'il allait mourir. Et combien il en fut comme lui ! Nos anciens concitoyens qui avaient traversé Marseille pour se diriger vers le Nord ou rentraient au pays, étaient embauchés à des tâches ingrates que les Français refusaient d'accomplir : man'uvres de chantiers, balayeurs, peintres en bâtiment, ou ouvriers mineurs. Marseille fondée par les Phéniciens Elle a des origines lointaines. Les Phéniciens originaires de Tyr, marchands et marins, étaient aussi les inventeurs d'un des premiers alphabets dont se sont inspirés les grecs pour mettre au point le leur. Depuis le IXe siècle, ils ont sillonné la Méditerranée d'est en ouest, du nord au sud pour le transport de denrées alimentaires de large consommation, comme l'huile d'olive. Ce sont eux qui ont introduit en Afrique du Nord la greffe de l'olivier pour améliorer la production d'olives. Ces navigateurs avaient fondé des comptoirs autour du bassin méditerranéen dont l'un fut Marseille et appelé à l'époque Macilia. Les Phéniciens ont fondé «Monaco» qui a d'ailleurs gardé l'appellation d'origine. Puis sous leur règne, Alger, Tunis, Tanger, Ténès ont vu le jour. La reine Didon a fondé Carthage qui doit garder en surface et en sous-sol des vestiges précieux. Tous ces comptoirs avaient été créés sous forme de villes commerciales avec toutes les infrastructures nécessaires qui devaient lui assurer une expansion urbaine et des échanges commerciaux. Il faut ajouter que Marseille chargée d'histoire ressemble à Alger avec son relief montagneux son bord de mer, ses ports, Notre Dame de Lagarde d'Afrique. Kadour Merad, acteur français d'origine algérienne trouve que Marseille est tournée vers l'Afrique. C'est peut-être pour cela que l'immense majorité des émigrés l'appellent wilaya de Marseille». Et puis, Marseille c'est aussi la cuisine méditerranéenne où prédominent des plats que nous connaissons bien parce que nous en avons des équivalents comme la ratatouille, la bouillabaisse, la dolma.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boumediene Abed
Source : www.lnr-dz.com