Alger - Revue de Presse

Manuels et fournitures scolaires La rentrée des bonnes affaires



Après avoir atteint la vitesse de croisière durant les trois premiersjours de la rentrée des classes, le marché des fournitures scolaires sestabilise. Et certains marchands sont même contraints de revoir leurs prix pourécouler leurs marchandises.Cette observation est valable aussi bien pour les détaillants activantlégalement que les commerçants ambulants. Ils estiment avoir déjà assuré unbénéfice conséquent et qu'il s'agit maintenant de vendre pour reconstituer lefonds de roulement et l'investir dans d'autres marchandises, tels que leshabits pour la fête de l'Aïd El-Fitr, un autre rendez-vous à ne pas rater. Acet effet, Haï Derb, connu pour abriter le marché de gros de la bonneterie etdu prêt-à-porter, commence à s'emballer.Concernant les prix des fournitures scolaires, même si certains indiquentqu'elles sont relativement abordables, d'autres tiennent à relativiser. Desparents d'élèves soulignent que les prix de vente devaient être plus bas quandon sait qu'il s'agit de produits importés d'Asie à des prix très intéressants.A titre d'exemple, un double décimètre revient, tous frais compris, à 1,20dinars. Son prix dans un magasin est de 10 dinars, alors que les marchandsambulants le cède à 7 dinars.Un parent d'élève ne manquera pas de faire remarquer que le profitréalisé par les commerçants à tous les échelons sont 10 fois supérieurs à ceuxdes fabricants. Notre interlocuteur ajoute que même si cette année les prixsont relativement stables par rapport à l'an dernier, la situation est pesanteeu égard aux dépenses du mois de Ramadhan et à toutes les augmentations qu'ontconnues les produits de première nécessité et qui ont déstabilisé le budgetfamilial.Les seuls articles «Made in Algeria» présents dans nos écoles sont letablier et le sac à dos qui a remplacé le légendaire cartable. A M'dina Jdida,de minuscules boutiques exposent sur le trottoir des tabliers aux colorisdifférents et des sacs à dos. Si le design semble attirer, la qualité laisse àdésirer. Ces produits sont confectionnés dans des ateliers situés dans lapériphérie d'Oran. Quant aux prix, ils varient entre 250 dinars pour ceux desécoliers et 400 pour ceux des collégiens. Des parents ont même pensé acheterdes sacs à dos avec des roulettes en sacrifiant 900 dinars. Quant aux cahiers,les plus demandés sont les 64, 96 et 120 pages. Leur prix est respectivement de12, 15 et 20 dinars. Un enseignant nous explique que ces modèles sont exigés dufait qu'ils sont plus légers et plus résistants, sachant qu'ils ne peuventcontenir que la moitié des leçons.Par ailleurs, et concernant le manuel scolaire, et malgré les assurancesdu ministre de l'Education qui a avancé le chiffre de 58 millions de livresimprimés cette année, les revendeurs de M'dina Jdida ont fait quelques bonnesaffaires. «Pas comme les années précédentes», dira un habitué des lieux. Etnotre interlocuteur de préciser que «dans le passé on espérait que des titresde matières essentielles manquent au début de l'année et les parents soucieuxde mettre leurs enfants dans des conditions d'études optimales, ne lésinerontpas sur les moyens». C'est le cas d'un livre de sciences naturelles du 3èmepalier qui a été cédé jusqu'à 600 dinars, alors que son prix réel était de 160.Pour cette année, on s'est rabattu sur les anciens livres pour les revendrelégèrement moins cher que les neufs, «du reste très disponibles au niveau desétablissements», a tenu à nous expliquer ce marchand qui se dit étonné del'attitude de certains parents de venir solliciter les ambulants alors que lesétablissements scolaires proposaient de meilleurs prix. Ainsi, le lot de 10livres de 3ème année moyenne est cédé à un peu plus de 2.000 dinars. D'autresélèves font carrément du troc au niveau du même quartier. Le cas échéant, onpeut négocier. C'est l'exemple de cette femme qui nous confie qu'elle vientd'acquérir un lot en bon état pour 1.000 dinars et qu'elle pourra même remettreà son deuxième enfant, tout en espérant que l'année prochaine, il n'y auraaucun changement de programme. «Dans ce cas, les livres ne seront que bons àjeter et de nouvelles dépenses nous attendront dans une année», ajoute notreinterlocutrice. Pourtant, il y a quelques années, des instructions ont étédonnées pour revenir à la formule de la location. Mais après une année, cettevoie a été délaissée après que des chefs d'établissements ont remarqué que lemanuel produit localement ne pouvait être utilisé qu'une année.
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