Alger - Revue de Presse

Manifestants arrêtés lors de la marche de samedi à AÏn Benian : « On nous a traités comme des délinquants »



Les initiateurs de la marche pacifique, samedi 24 avril, au centre-ville de Aïn Benian, Alger, dénoncent énergiquement le comportement des services de sécurité qui avaient arrêté puis relâché plusieurs manifestants. Des citoyens qui se sont déplacés pour prendre part à cette marche commémorative à la fois du 30e anniversaire du printemps berbère et du 9e anniversaire du printemps noir « se sont vu prendre leurs empreintes digitales et photographiés pour être fichés comme des délinquants », ont-ils souligné dans un communiqué rendu public hier. Autres abus dénoncés : la saisie de documents personnels « au mépris de la Déclaration des droits de l'homme pourtant affichée à l'intérieur du commissariat ». Selon Yacine Teguia, cadre militant du MDS, « un officier de Baïnem demandait à certains manifestants pourquoi ils étaient venus de Kabylie pour marcher à Alger, tandis que des policiers demandaient à d'autres pourquoi ils voulaient marcher pour tamazight, alors qu'ils ne sont pas Kabyles ». M. Teguia considère cela comme « une aberration ».L'idée, selon lui, d'organiser un rassemblement à Alger « participe justement de cette dimension nationale de tamazight ». « C'est se rappeler, ajoute-t-il, qu'il y a 30 ans, le printemps berbère avait été une réaction à l'interdiction d'une conférence de l'écrivain Mouloud Mammeri à Tizi Ouzou. » « Mais, regrette-t-il, 30 ans après, on continue à interdire des marches à Alger. » Pour M. Teguia, « le Pouvoir est un mauvais élève ». Le militant du MDS dit que la marche a été pourtant organisée conformément à la réglementation, affirmant qu'une demande en bonne et due forme a été adressée au président de l'APC, le 13 avril. Sans suite. D'après lui, les pressions policières avaient commencé trois jours avant la tenue de la marche. Ces pressions, explique-t-il, prenaient plusieurs formes dont des « tournées de policiers dans tous les lieux publics (épiceries, cafés, marchés, bars) de la ville de Aïn Benian ». Ont participé à cette marche, qui a été sévèrement réprimée, des militants de divers horizons et de différentes régions du pays dont un membre du Congrès mondial amazigh.
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