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MALI Les Américains prônent la relance du dialogue



Même si, après une hésitation prolongée, ils ont fini par apporter une aide logistique à la France qui guerroie au Mali, les Américains restent convaincus que la transition ne pourrait s'accomplir sans des négociations avec les groupes non-extrémistes dans le Nord. Le nouveau secrétaire d'Etat américain John Kerry l'a réitéré jeudi devant la commission du Congrès.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - En dépit des canonnières que la France a fait tonner depuis le 11 janvier dernier, suite à un appel au secours du pouvoir à Bamako, qui craignait alors une déferlante islamiste vers le sud, les Américains demeurent fidèles à leur position première par rapport à la crise malienne. Le changement intervenu au niveau du département d'Etat, avec le remplacement d'Hillary Clinton par John Kerry, n'a d'aucune manière influé sur cette position qui se décline en la négociation avec les groupes non-extrémistes tout en luttant contre le terrorisme. «Nous exhortons le gouvernement (malien, ndlr) à poursuivre le processus de transition politique jusqu'à des élections et à accélérer les négociations avec des groupes non-extrémistes dans le Nord», affirmé John Kerry. Le secrétaire d'Etat américain interpelle le gouvernement malien parce que c'est à son niveau que se situe le blocage. Les intermédiations opérées à la fois par le Burkina-Faso l'Algérie ont capoté suite aux tergiversations des autorités de transition à Bamako de formaliser le processus de dialogue politique. En décembre dernier, Alger avait abrité une cérémonie de conclusion d'un accord entre le MNLA et Ansar Dine qui engageait leur disponibilité commune à participer à ce qui était appelé «dialogue inclusif». Les atermoiements de Bamako, conjugués à l'influence diplomatique des va-t-en-guerre, ont fini par déclasser l'option du dialogue politique au profit de l'intervention armée. Cependant, même avec l'engagement de la lutte militaire contre le terrorisme, notamment dans la ville de Gao où groupe Mujao tente la résistance, le retour à un processus politique est impératif. Le porte-parole de John Kerry, Victoria Nuland, a évoqué la possibilité d'un scrutin vers la fin juillet, façon bien diplomatique de prendre acte de l'engagement du président malien par intérim Dioncounda Traoré qui avait affirmé qu'il espérait pouvoir appeler son peuple aux urnes avant fin juillet. Jeudi, le ministre malien de l'Administration territoriale confirmé que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 7 juillet et le second tour le 21 du même mois. Il a précisé que les élections législatives se tiendront aux mêmes dates. Ces rappels américains ne signifient cependant pas un désengagement quant au soutien logistique à l'effort de guerre français. John Kerry s'est, d'ailleurs, félicité jeudi de réussite de l'intervention française. Ce qui n'a pas attendri Congrès qui a reproché à l'administration Obama d'avoir été longue à répondre favorablement à la demande d'aide française. Ce n'est que lundi que le président américain Barack Obama a donné l'ordre d'allouer 50 millions de dollars à une aide militaire d'urgence. Une enveloppe destinée également au Tchad qui soutient l'armée malienne. Par ailleurs, à date du 11 février, les avions-cargos C-17 avaient effectué 41 vols au profit de la France et du Tchad.
Dialogue politique : les conditions du MNLA
Le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) a réitéré, dans un communiqué daté du 11 février, sa disponibilité pour un dialogue avec les autorités maliennes. Un dialogue auquel il pose cependant des conditions. Le MNLA réclame un négociateur neutre, internationalement reconnu et agréé par les deux parties. Les négociations, que le MNLA souhaite immédiates, devront définir et fixer les conditions d'exercice de l'autorité, de l'administration et du développement de l'Azawad. Le MNLA renonce, donc, à sa revendication indépendantiste. En effet, il a affirmé ne pas remettre en cause les frontières internationalement reconnues du Mali. Il réclame toutefois la reconnaissance de l'Azawad en tant qu'entité. Le MNLA a souhaité, par ailleurs, que les négociations soient supervisées par des observateurs internationaux, la France, les Etats-Unis, l'ONU, l'UE, l'UA et l'OCI, a-t-il énuméré. Le MNLA a souligné, également, qu'il ne veut pas de la présence de l'armée malienne dans les zones sous son contrôle, du moins pas avant la fin des négociations. D'ailleurs, il a dénoncé les exactions commises par l'armée malienne sur les populations. Le mouvement a énuméré aussi un chapelet de revendications socio-économiques. Celles-ci ont trait à l'installation des structures de santé, à l'alimentation en eau potable, à la reprise de la scolarité et la fourniture de l'alimentation aux populations. Le MNLA a réclamé également un plan de développement pour l'Azawad, ainsi qu'un financement de ce plan qui sera coordonné par un coordinateur agréé par les deux parties.
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