Le MNLA estime que l'intervention militaire qui se prépare dans le Nord-Mali "engendrera un immense chaos humanitaire et n'aura aucune chance d'atteindre les objectifs politiques et militaires visés". Dans une lettre ouverte adressée à la communauté internationale, l'organisation offre "de régler le problème politique MNLA'Mali, et de confier à notre Armée le soin de bouter dehors les narco-terroristes".
Dans une longue lettre ouverte adressée au « Secrétaire Général de l'Organisation des Nations Unies (ONU), au « Président de la Commission de l'Union Européenne (UE) », à la « Présidente de la Commission de l'Union Africaine (UA) » et au « Président de la Commission de la Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) », signée au nom du Conseil Transitoire de l'Etat de l'Azawad par Hamma Ag Mahmoud et Moussa Ag Assarid, le Mouvement National de Liberation de l'Azawad (MNLA) expose ses points de vue et la solution qu'il préconise pour le règlement du conflit et la lutte contre les groupes « narco-terroristes ». Pour le Mouvement, « la nature du conflit demeure fondamentalement politique ». Il rappelle que son soulèvement de janvier 2012 « a réussi à bouter hors de notre territoire l'armée et les symboles de l'Etat malien dès le 1er avril 2012, avant de proclamer unilatéralement la cessation des opérations militaires le 5 avril, et déclarer l'Etat indépendant de l'Azawad, le 6 avril ». Le MNLA estime que si « les groupes de narco-terroristes » occupent « les grands centres urbains de l'Azawad en y semant la terreur » c'est à cause de « l'attitude complaisante de l'Etat malien et de la complicité active de certains dirigeants qui ont favorisé leur prolifération » ainsi que des « soutiens extérieurs dont ceux d'Etats ». « Ces groupes tentent à présent de spolier les acquis de la libération de notre territoire d'où ils espèrent se fortifier et porter la menace terroriste jusqu'en Occident », ajoute la lettre ouverte sans expliquer la responsabilité du MNLA dans cette situation dans des territoires dont il a proclamé l'indépendance. Par ailleurs, affirmant maîtriser « parfaitement bien » les « réalités sociologiques et les règles de la guerre en zone désertique », le MNLA considère qu'il peut éviter les « dégâts collatéraux » de l'intervention militaire qui se prépare « ce qui n'est pas cas de l'armée Malienne et celle de la CEDEAO », ajoutent les deux dirigeants de l'organisation touarègue.
La France doit « renoncer à son attitude va-t-en en guerre »
« Le scénario idéal reste, cependant, celui qui consiste à parvenir à la stabilisation du pouvoir à Bamako afin de créer les conditions minimales d'une négociation entre le Mali et le MNLA et, in fine, d'aboutir à un accord de paix sur la base duquel sera défini rapidement le schéma de l'éradication de la menace narco-terroriste », lit-on dans la lettre ouverte publiée sur le site du Mouvement (www.mnlamov.net). Par ailleurs, dans un entretien accordé au quotidien l'Expression, le chargé e la Communication et de l'Information au MNLA, Moussa Ag Assarid, affirme soutenir et encourager « l'initiative d'Alger et des pays de la Cédéao ayant reçu les représentants d'Ansar Eddine pour débattre d'une solution politique à la crise au nord du Mali », et demande à la France « de renoncer à son attitude va-t-en en guerre au nord du Mali ». « Nous avons toujours soutenu l'approche algérienne et nous savons toujours qu'Alger peut apporter des solutions et réunir autour de la table de négociation toutes les parties impliquées dans la crise, contrairement aux thèses françaises optant pour une solution militaire interventionniste », a-t-il déclaré à l'Expression. Interrogé sur la revendication d'indépendance, Moussa Ag Assarid affirme que le MNLA « n'a pas dit qu'il ne veut pas l'indépendance de l'Azawad » mais que cette question « sera discutée autour d'une table de négociations », « tout en prenant compte de la défense et du bien-être des Touareg ».
La Cedeao étudie un plan d'envoi de 5.500 soldats
Les ministres ouest-africains de la Défense et des Affaires étrangères ont débattu, hier, à Abuja, d'un plan d'intervention armée dans le nord du Mali, prévoyant le déploiement de 5.500 soldats, dont une partie ne viendrait pas de l'Afrique de l'Ouest, a indiqué une source interne à la Cédéao, en marge de la réunion. "Les chefs d'état-major de la Cedeao ont proposé de changer la composition des troupes qui seraient déployées" pour la reconquête du nord du Mali, occupé par des groupes islamistes armés, a déclaré la même source, qui précise que l'option serait d'envoyer 5.500 soldats « au lieu des 3.200 prévus dans la proposition initiale de la Cédéao". Ces troupes supplémentaires viendraient "d'Etats hors Cedeao". "C'est la raison pour laquelle l'Afrique du Sud, la Mauritanie, le Maroc, la Libye, l'Algérie et le Tchad sont invités à participer au sommet de dimanche", a-t-il ajouté sans préciser s'il était envisagé d'envoyer au Mali des militaires non africains. Une fois adopté, ce plan sera transmis aux Nations unies via l'Union africaine (UA), selon le président de la Commission de la Cedeao, Kadré Désiré Ouedraogo. "Le besoin urgent de stopper les pratiques mafieuses et criminelles des groupes terroristes et les atrocités commises dans l'impunité par les extrémistes justifie une forte mobilisation aux côtés du Mali", a déclaré M. Ouedraogo en ouverture de la réunion, qu'il a qualifiée de "tournant décisif" dans la recherche d'une sortie à la crise malienne. Lors de cette réunion, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Daniel Kablan Dunkan, a rappelé, que le conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao avait "invité" Bamako à créer un "comité de négociation" pour faciliter le dialogue notamment avec le groupe Ansar Dine. L'envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu pour le Sahel, Romano Prodi, avait déclaré, jeudi, après un entretien avec le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, qu'une intervention militaire au Mali n'interviendrait qu'en "dernier ressort". L'Algérie, qui a une frontière commune de 1.400 kilomètres avec le Mali, a exprimé sa préférence pour une sortie de crise par le dialogue.
Tweet
Partager
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Maghreb Emergent
Source : www.maghrebemergent.info