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Ainsi que le prouve le coup de gueule, à la séance inaugurale de la phase initiale du dialogue inclusif intermalien qu'abrite depuis hier Alger, de Mohamed Djéri Maïga, vice-président du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), les pays engagés en qualité de médiateurs ou de facilitateurs dans le règlement de la crise malienne évoluent en terrain ultra-miné. M. Maïga s'était élevé contre le fait que les groupes dont il assure la coordination (MNLA, HCUA et MAA, ndlr) n'avaient pas bénéficié du même niveau d'information et de traitement que les autres parties belligérantes ? entendre par là le gouvernement malien ? et qu'il n'était par ailleurs pas question pour lui, contrairement à ce qu'on lui aurait suggéré, d'entrer dans le vif du sujet avant l'élaboration d'une feuille de route des négociations.En réalité, tout le monde s'attendait à ce que le début soit âpre et que le dossier malien donne du fil à retordre. Un regard de travers et tout peut tomber à l'eau. «La marge de man?uvre est étroite. La réalité du terrain parle d'elle-même. Il faudra donc y aller patiemment car les blessures et les ranc?urs sont encore très fortes. Heureusement que tout le monde semble aussi avoir compris qu'il n'y a pas d'alternative à la paix. C'est ce qui nous permet de rester positifs», a confié un diplomate algérien ayant été pendant longtemps en poste au Sahel. La protestation véhémente du représentant du MNLA, du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) avait même fait craindre un instant que les Touareg allaient claquer la porte des négociations. Le dialogue allait-il capoter avant même d'avoir réellement commencé 'Malgré la petite panique qui avait envahi la salle des conférence de l'hôtel El Aurassi qui accueillait l'événement, Ramtane Lamamra, le ministre algérien des Affaires étrangères ? auquel il faut reconnaître le mérite d'avoir déjà réussi le pari difficile de sauver de l'enlisement le processus de paix au Mali enclenché à Ouagadougou en juin 2013 ? et d'autres vieux routiers de la diplomatie africaine ne se sont à aucun moment départis de leur «zen attitude». C'est vrai qu'ils en ont vu d'autres et des plus difficiles encore. Dans les staffs des pays médiateurs et facilitateurs (il y en a une dizaine), on est même convaincus que la situation est «très normale» et qu'on ne pouvait espérer une meilleure entrée en matière.Ramtane Lamamra, de son côté, a tenu à certifier que tous les acteurs sont traités sur le même pied d'égalité et qu'il ne ménagera aucun effort pour rapprocher les points de vues des uns et des autres. Connu pour son optimisme à toute épreuve, l'ancien «Monsieur sécurité» de l'Union africaine s'est dit même croire, au-delà des apparences et surtout au vu de la volonté d'aller de l'avant affichée autant par les mouvements politico-militaires de l'Azawad que par le représentants du gouvernement malien, qu'il sera possible d'obtenir une feuille de route pour les négociations avant la fin du mois.Cette volonté s'est d'ailleurs traduite, mardi, par un échange de prisonniers entre le gouvernement malien et les mouvements du Nord-Mali. L'opération ? qui s'est déroulée sous l'égide de l'Algérie ? a consisté en la libération par les mouvements du nord du Mali de 45 personnes (entre civils et militaires) relevant du gouvernement malien et de 42 membres et sympathisants maliens des mouvements politico-militaires. De telles mesures sont bien évidemment bonnes pour rétablir la confiance. Mais comme tout le monde, Ramtane Lamamra reste tout de même très prudent lorsqu'il s'agit de prévoir la fin des négociations. En revanche, tout le monde convient, sans exception, que le moment est venu, une fois pour toutes, de crever l'abcès malien. Et c'est déjà un grand acquis lorsque l'on sait la gravité de la crise.


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