Alger - A la une

Malgré les grandes mutations : Ces petits métiers qui résistent'



De petits métiers sont encore visibles dans les tumultueux centres urbains de la capitale. Ils sont bien vus par certains et suscitent curiosité et étonnement chez d'autres, mais leur utilité reste entière.A la Place Audin, un homme d'un certain âge, portant de grands tapis sur ses épaules, continue à faire le tour des cités et des quartiers. Il est commerçant dans le sang, affable et au sens facile du contact. Il n'hésite pas à aborder les passants, présenter sa marchandise et se montrer toujours ouvert à négocier les prix. Interrogé, il dit : «Si je suis encore là, c'est parce que cette activité me permet de manger du pain.»
Pas loin de là, le mythique vieil homme qui étale, chaque jour que Dieu fait, des produits de vannerie, à la rue Pasteur, est indétrônable. Des clients viennent de loin pour en acheter. C'est carrément le retour aux sources, et ses corbeilles, paniers et chapeaux continuent à faire le bonheur de citoyens qui semblent vouloir se détacher un peu de la mode et des produits manufacturiers.
Au centre de la capitale, l'on rencontre aussi, avec un grand plaisir, quelques bonhommes tirant leurs charrettes. Il y a les poissonniers dans certains endroits, mais surtout les vitriers qui demeurent amplement sollicités pour des bricoles à domicile. C'était à Bab El Oued, à côté du jardin Taleb Abderrahmane, qu'un homme, la cinquantaine, a noté les coordonnées d'une femme qui venait de lui exposer son problème.
Il lui a promis de passer dans l'après-midi, avec le matériel nécessaire. «Il fait du bon travail et ses prestations son beaucoup moins chères que chez les menuisiers», nous dira-t-elle, ajoutant que «cet artisan est connu et respecté par tous les résidants de la «houma». L'autre métier qui résiste au poids des ans dans une société potentiellement de consommation, est la brocante.
Des brocanteurs, dont certains sont jeunes, sillonnent les rues de la capitale et signalent leur présence à la criée. Il est certes difficile de déchiffrer leurs propos, mais il suffirait de les entendre pour les reconnaître. Selon de nombreux témoignages, ce commerce ne cesse de fleurir, les gens vendent et achètent, et ce métier a encore de l'avenir. «Sinon comment expliquer la présence d'une relève jeune parmi les brocanteurs '», nous dira un résidant à la rue Mohamed V.
Un autre petit métier exercé manuellement et dont l'utilité est toujours de mise est celui de la cordonnerie. A travers les quartiers de la capitale, on a la chance de trouver un cordonnier dans chaque coin de rue. Dans les marchés et les grands ensembles urbains, ils sont nombreux à s'installer et attendre patiemment leurs clients. Ce créneau est désormais investi par des réfugiés africains, mais il y a de la place pour tout le monde.
Alger, qui perd de son charme aux yeux de nombreux habitants, ne peut que s'enorgueillir de la présence de ces artisans qui résistent aux aléas des temps modernes. «Leur présence dans les lieux publics n'a rien à voir avec le commerce informel.
Ils sont propres et disciplinés. Il est temps de les encourager et les incruster dans le paysage urbain d'Alger. Ils sont doublement utiles, aussi bien par les services qu'ils rendent aux habitants que par la touche d'originalité qu'ils véhiculent et qui plaira aux touristes et aux visiteurs», nous dira un fin connaisseur de la capitale.
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